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Le coût de la pollution atmosphérique estimé à plus de 100 milliards par an en Europe

L'Agence européenne de l'environnement publie un rapport qui quantifie en termes monétaires les coûts des dommages sanitaires et environnementaux induits par la pollution de l'air. Evaluée entre 102 et 169 milliards d'euros, la facture s'avère salée.

Risques  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com
   
Le coût de la pollution atmosphérique estimé à plus de 100 milliards par an en Europe
   

Les émissions des sites industriels européens ont des effets négatifs connus sur l'environnement et la santé. Mais, elles en auraient également sur le porte-monnaie des citoyens européens, la pollution de l'air coûtant environ 200 à 330 euros en moyenne pour chaque individu. Tel est le constat d'un nouveau rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) intitulé "Révéler les coûts de la pollution atmosphérique provenant d'établissements industriels en Europe". Publié le 24 novembre, ce rapport, basé sur les dernières données publiques du registre européen des rejets et des transferts de polluants (E-PRTR), offre de nouvelles informations sur les pays ainsi que sur les sites industriels dont la pollution atmosphérique porte le plus préjudice.

Question méthodologie, cette enquête couvre près de 10.000 établissements industriels tels que les grandes centrales électriques et les raffineries, mais aussi les combustions résultant des activités de fabrication, les processus industriels, les déchets et certaines activités agricoles. Outre de nombreux polluants traditionnellement étudiés (NOX, SO2, CO2 et particules), elle prend également en compte les coûts des dommages causés par les émissions de métaux lourds et des micropolluants organiques. "Les coûts estimés sont calculés à partir des émissions déclarées par les établissements eux‑mêmes. En utilisant les outils existants employés par les décideurs politiques pour estimer le préjudice pour la santé et l'environnement, nous avons révélé certains des coûts dissimulés de la pollution", détaille Jacqueline McGlade, directeur exécutif de l'AEE.

 
Les centrales électriques des pays de l'est et de l'Allemagne en première ligne Le rapport de l'Agence européenne de l'environnement dresse également un classement des sites industriels européens les plus polluants. Il est dominé principalement par les sites de production d'électricité à partir de la combustion de charbon ou de lignite, et sont essentiellement situés dans les pays de l'est. En première position, l'usine de production électrique Belchatow en Pologne déclare ainsi émettre près de 30 millions de tonnes de CO2, 43.000 tonnes de NOx et plus de 50.000 tonnes de SOx par an. Toutefois, l'Allemagne qui développe pourtant de façon accrue les énergies renouvelables, réussit à placer huit centrales thermiques dans les vingt premières places de ce classement. Premier site français, l'usine ArcelorMittal de Dunkerque apparaît, quant à elle, au 23ème rang.
 
2 % des installations sont responsables de 50 % des coûts

Selon les résultats de cette étude, les émissions polluantes des 10.000 plus grandes usines et installations électriques d'Europe en 2009 ont eu un impact environnemental et sanitaire évalué entre 102 et 169 milliards d'euros. Mais, "la majorité des coûts des dommages est imputable à un petit nombre d'établissement", souligne le rapport. En effet, 50 % de la facture résultent de l'activité de seulement 191 établissements, soit 2 % des sites ayant communiqués leurs émissions à l'E-PRTR.

"Parmi les secteurs industriels concernés, les émissions des centrales électriques représentent la plus grande part des coûts des dommages, de l'ordre de 66 à 112 milliards d'euros", précise l'Agence. Les autres principales sources de coûts sont les processus de production (23 à 28 milliards d'euros) et les combustions résultant des activités de fabrication (8 à 21 milliards d'euros). Cette analyse ne tient pas compte des transports, du secteur des ménages et de la plupart des activités agricoles, qui augmenteraient encore les coûts de la pollution.

Au niveau des polluants, "les coûts des dommages résultant de l'émission d'un kg de micropolluants organiques, par exemple les dioxines et furanes, sont considérablement plus importants que les émissions d'un kg de CO2". Mais, les émissions de CO2 étant 1.000 milliards de fois plus grandes que celles de ces micropolluants organiques, elles représentent la majeure partie des coûts, soit environ 63 milliards d'euros.

Enfin, si un classement des pays devait être établi en fonction du montant de ses impacts, l'Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni formeraient le podium, suivis de près par la France et l'Italie. Mais, rapporté au produit intérieur brut (PIB), "le classement change de manière significative" et se retrouve dominé par les pays de l'est avec la Bulgarie, la Roumanie et l'Estonie. Dans ce cas de figure, l'Allemagne redescend à la treizième place, et l'Hexagone seulement au vingt-troisième rang grâce notamment au nucléaire.

Réactions3 réactions à cet article

 

Il est question de seulement 191 établissements, que fait on pour arrêter ce gaspillage financier et surtout que fait on pour appliquer le principe du pollueur-payeur (à part RIEN comme d'hab)?

arthur duchemin | 28 novembre 2011 à 10h16
 
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Y a qu'à les fermer, toutes ces usines, n'est-ce pas? Avant de prendre une telle décision (qui est très simple en effet), il serait bon de faire le calcul des contributions de leurs activités dans l'économie, non ? Ou on condamne tout de go?
C'est vrai que Mittal en Europe va très bientôt beaucoup moins polluer...

Albatros | 05 décembre 2011 à 18h32
 
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Ceci est également le résultat d’une société industrielle au sens large, depuis les états majors des entreprises jusqu’aux responsables politiques de chaque pays, et pour nous de l’UE, d’accepter le fait que le système économique qui en découle tout en en étant son principal moteur a besoin de l’air et de l’eau pris à la nature pour fonctionner sans s’être imposé comme un principe fondamental de devoir le rendre tel quel en quantité et qualité après usage.
Les « tatonnements » appelés aussi « réglementation » voire « meilleure technique disponible » et « économique avant tout » et toutes les cohortes d’inspecteurs et contrôleurs ne sont qu’un emplâtre.
Il nous reste donc le résultat des dégâts de ce progrès : santé abimée, environnement pollué, sans emplois accentués comme un triple C, c comme coûts qui vont s’imposer planétairement pour penser à renverser les priorités, une eau et un air sain en amont comme en aval des activités, avant de nous enliser inexorablement dans nos rejets trop faciles telle une cheminée ou un égout, que dis-je en 2011, un « procédé de diffusion gazeuse ou liquide » !.
MB Bayonne 18 12 2011

MB | 18 décembre 2011 à 23h42
 
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