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Pollution atmosphérique : plus de 430.000 décès prématurés en Europe par an

Risques  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Alors que s'ouvre ce lundi 30 novembre la Conférence Paris climat (COP 21), l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) alerte sur la pollution de l'air qui "continue de causer plus de 430.000 décès prématurés en Europe par an".

La pollution atmosphérique constitue "le premier risque sanitaire d'origine environnementale en Europe", prévient l'AEE dans un rapport. Les principaux polluants ayant une incidence sur la santé humaine sont les particules (PM), l'ozone troposphérique (O3) et le dioxyde d'azote (NO2). "Les transports, l'industrie, les centrales électriques, l'agriculture, les ménages et la gestion des déchets contribuent tous à la pollution de l'air de l'Europe".

Ainsi, l'exposition chronique aux particules fines PM2,5 "a été responsable de 432.000 décès prématurés en Europe en 2012", souligne l'AEE, dont 403.000 dans les 28 pays de l'Union européenne. Un chiffre similaire aux estimations des années précédentes, précise-t-elle. Les particules peuvent provoquer ou aggraver des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, des infarctus et des arythmies. Elles peuvent aussi provoquer des cancers. En octobre 2013, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait classé la pollution de l'air extérieur comme cancérogène certain (groupe 1) pour l'Homme.

Or, en 2013, 87% de la population urbaine de l'Union européenne était exposée à des concentrations de PM2,5 "dépassant la valeur fixée par l'OMS pour protéger la santé humaine", indique l'AEE. Le respect par l'ensemble des pays de l'UE des normes de l'OMS permettrait de diminuer les concentrations moyennes de PM2,5 et "de réduire de 144.000 le nombre de décès prématurés par an, par rapport à la situation actuelle". Les expositions au dioxyde d'azote et à l'ozone causent quant à eux, respectivement, environ 75.000 et 17.000 décès prématurés dans 40 pays européens (entre 72.000 et 16.000 dans l'UE-28).

En France, 43.400 décès prématurés étaient imputables à l'exposition aux particules fines, 1.500 à l'ozone et 7.700 au dioxyde d'azote en 2012.

Les polluants atmosphériques ont aussi "des effets néfastes importants" sur la vie végétale et les écosystèmes. L'eutrophisation causée par l'ammoniac (NH3) et les oxydes d'azote (NOX), ainsi que les dommages aux plantes causés par l'ozone, restent "très répandus en Europe".

Incidences économiques

"Malgré les améliorations constantes observées au cours des dernières décennies, la pollution atmosphérique continue d'affecter la santé générale des Européens, réduisant leur qualité de vie et leur espérance de vie", indique le directeur exécutif de l'AEE, Hans Bruyninckx. "La pollution de l'air a aussi une incidence économique considérable. Elle est à l'origine d'un accroissement des coûts médicaux et d'une réduction de la productivité liée à la perte de jours de travail dans tous les secteurs".

L'AEE a évalué entre 59 et 189 milliards en 2012 les coûts sanitaires et environnementaux liés à la pollution atmosphérique et aux émissions de CO2 des 14.000 principaux sites industriels européens.

La pollution de l'air coûterait de 0,9 à 1,8 milliards d'euros par an au système de santé français (pathologies respiratoires), selon une étude parue en avril 2015 par le Commissariat général au développement durable (CGDD).

En décembre 2013, la Commission européenne a présenté une nouvelle stratégie en faveur de la qualité de l'air, actuellement discutée par le Conseil et le Parlement européens.

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