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La pollution des océans au cœur des préoccupations du PNUE

Dans son rapport 2011, le PNUE identifie la pollution des océans aux matières plastique et au phosphore comme des enjeux majeurs pour les décennies à venir, sans toutefois dessiner de véritables solutions pour juguler ces problèmes.

Eau  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
La pollution des océans au cœur des préoccupations du PNUE
   

Dans son rapport 2011, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a souhaité alerter l'opinion sur de ''nouvelles préoccupations'' : les rejets de phosphore et de matières plastique dans les océans. S'il souligne la nécessité d'une meilleure gestion des déchets dans le monde, ainsi que l'importance de développer de nouveaux modèles de consommation et de production, le rapport ne dresse pas de préconisations fortes pour endiguer ces pollutions.

Les rejets de phosphore agricole à l'origine de l'eutrophisation de l'eau

 
Les réserves de phosphates surexploitées ? Certains chercheurs affirment que la consommation mondiale de phosphore n'est pas viable, et que le pic de production pourrait avoir lieu au cours du XXIe siècle, entraînant une baisse progressive mais constante de la production. Si tous les scientifiques ne s'accordent pas sur cette échéance (certains estiment que les réserves pourraient durer encore 300 à 400 ans), le PNUE craint qu'à l'avenir, ''ceux qui n'ont pas de réserves nationales pourraient être particulièrement vulnérables en cas de pénurie générale''. 35 pays produisent du phosphate aujourd'hui. Les dix plus grands pays producteurs sont l'Algérie, la Chine, Israël, la Jordanie, la Russie, l'Afrique du Sud, la Syrie et les États-Unis.
 
''Des quantités énormes de phosphore sont rejetées dans les océans à cause de pratiques agricoles inadéquates et de l'incapacité des Etats à recycler correctement les eaux usées'', soulève le PNUE. L'agriculture, les eaux usées et l'industrie sont les principaux contributeurs de phosphore aujourd'hui. Avec pour conséquence, une eutrophisation des océans et une prolifération d'algues qui, à leur tour, dégradent la qualité de l'eau.

Cette pollution a été amplifiée au cours du XXe siècle, avec un explosion de la demande mondiale en phosphore, portée principalement par l'agriculture. Selon les estimations du PNUE, l'utilisation mondiale d'engrais contenant du phosphore, de l'azote et du potassium, pour accroître les rendements, a augmenté de 600 % entre 1950 et 2000. Or, seulement un cinquième du phosphore utilisé dans l'agriculture est absorbé par les plantes. Les quatre cinquièmes restants sont stockés dans les sols et/ou rejetés dans l'environnement, notamment aquatique. Ainsi, au cours des cinquante dernières années, les concentrations de phosphore en eau douce et dans les sols ont augmenté d'au moins 75 %. Le débit estimé de phosphore dans le milieu marin se situe actuellement à environ 22 millions de tonnes par an.

Selon le PNUE, la croissance démographique dans les pays en voie de développement et la consommation accrue de produits laitiers et de viande dans l'alimentation mondiale pourraient encore accroître cette tendance.

Afin d'enrayer cette pollution, le PNUE préconise d'abord un meilleur recyclage des eaux usées. Selon lui, dans les mégalopoles des pays en voie de développement, jusqu'à 70 % de l'eau contenant des nutriments et des engrais sont déversés dans les rivières et les zones côtières sans être traités. Il préconise également d'agir sur l'érosion et la perte des sols arables (le phosphore est stocké dans la partie superficielle des sols). Mais ne remet pas en question le modèle agricole actuel. Le PNUE estime même que les engrais phosphatés sont essentiels pour l'agriculture de demain.

Les microplastiques pourraient contaminer la chaîne alimentaire

Le PNUE pointe également du doigt la pollution des océans par les matières plastiques. Il s'inquiète particulièrement de la question des microplastiques, rejetés par l'industrie ou formés à partir de gros morceaux de plastique démantelés par l'action des vagues et du soleil. Or, ces microplastiques stockent des substances persistantes et toxiques, bioaccumulables (PCB…) et sont soupçonnés de contaminer la chaîne alimentaire, avec des conséquences tant pour les écosystèmes que pour la santé humaine. Des espèces comme l'espadon ou le phoque, qui sont au sommet de la chaîne alimentaire, seraient potentiellement vulnérables.

Selon le PNUE, les quantités exactes de matières plastiques et microplastiques rejetées dans les océans sont inconnues. Seule certitude : la consommation par habitant de matières plastiques : 100 kg par an et par habitant en Amérique du Nord et en Europe occidentale, 20 kg pour les pays émergents d'Asie. Le PNUE estime que la consommation de matière plastique des premiers pourrait augmenter à 140 kg en 2015 et à 36 kg pour les seconds. L'organisation préconise avant tout d'augmenter les efforts en matière de collecte, de recyclage et de réutilisation des matières plastiques. "Si le plastique était considéré comme une ressource précieuse, au lieu d'être considérée comme un simple déchet, cela créerait une série d'opportunités pour la collecte et le retraitement'', note le rapport.

Réactions3 réactions à cet article

 

N'oublions tout de même pas qu'avant de collecter, trier, recycler, il est important de diminuer les déchets; seul réel action d'importance...

Quentin | 23 février 2011 à 08h45
 
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Nous sommes confrontés à une véritable "malédiction du plastique" (titre du documentaire très pédagogique de Ian Connacher). Outre la réduction des déchets, l'éconception est un levier important si l'on veut se diriger vers un développement soutenable! La majorité des matières plastiques ne sont pas neutres en terme d'impact sur l'environnement et la santé (non durables, "éponges" à polluants). Faudrait-il songer à sortir de l'ère "plastique" ?

NONO | 25 février 2011 à 18h13
 
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SVP je demande des information sur l'environnement . Comme pollution des mers, des oceans , de l'air etc.....

Lemieux | 07 mai 2013 à 15h26
 
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