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Un confinement bénéfique pour les cétacés de Méditerranée

Pendant huit semaines d'activités maritimes à l'arrêt, la mission scientifique « Quiet Sea » a étudié le retour des espèces de cétacés près du littoral et la communication des groupes d'animaux.

Biodiversité  |    |  Rémi Pin  |  Actu-Environnement.com
Un confinement bénéfique pour les cétacés de Méditerranée

Huit semaines de confinement auront eu comme conséquence un ralentissement sans précédent des activités maritimes en Méditerranée qui, en temps normal, supporte l'un des trafics les plus denses au monde. La mission Sphyrna Odyssey « Quiet Sea », placée sous la direction scientifique du Pr Hervé Glotin (CNRD LIS DYNI, université de Toulon), s'est très vite mise en place avec pour objectif de mesurer la densité et le comportement de plusieurs espèces de cétacés dans le sanctuaire Pelagos. Deux navires laboratoires propulsés par des moteurs électriques et équipés d'hydrophones ont réalisé des mesures acoustiques pendant 17 jours.

Retour des groupes d'animaux

Les premiers résultats confirment que l'activité humaine a poussé les animaux à fuir les zones littorales. Dès le premier jour de la mission, deux groupes de grands dauphins composés de douze à quinze individus, ont pu être observés dans le nord de Port-Cros. L'arrêt de toute activité maritime a permis aux 35259 de recoloniser cet espace riche en ressources. Au retour des activités anthropiques, les animaux seront de nouveau chassés de ces zones propices à leur développement et retrouveront des zones limitées de calme relatif.

« Le confinement nous a permis de constater l'abondance de vie et de communication dans des zones habituellement saturées de bruits anthropiques, comme la baie des anges à Nice, où nous avons pu enregistrer jusqu'aux signaux des crevettes, précisent les scientifiques. Les poissons communiquent beaucoup, soit en faisant claquer leur mâchoire et leurs dents, soit en frappant leurs nageoires pectorales, soit leur vessie natatoire. La pollution sonore perturbe toutes ces formes de communication ».

 
Le bruit est une des grandes perturbations de la mégafaune de nos mers.  
Hervé Glotin, chercheur à l'université de Toulon
 
Les chercheurs ont aussi enregistré pendant de longues heures des cachalots, des globicéphales, et des rorquals, une espèce méconnue car émettant des sons très basse fréquence couverts par le trafic maritime. Des données qui permettront de mieux comprendre les interactions entre des groupes qui ont pu profiter du calme pour communiquer à plus grande distance, favorisant outre la chasse par le repérage des proies, le lien social et la reproduction.

« Le bruit est une des grandes perturbations de la mégafaune de nos mers, constate Hervé Glotin. Ces animaux sont séparés par une barrière formée par ces bruits parasites qui remplissent l'espace de nuisances acoustiques et qui les empêchent de communiquer. Ce manque de communication stresse les animaux, les sépare, et fait chuter les populations. ».

Pollution en nette baisse

Des mesures biochimiques ont également été réalisées pour comparer l'état de la mer avant et pendant le confinement, mettant en évidence une réduction de la pollution en hydrocarbure et en matière organique. Un pré-bilan fait état, entre Cassis et Monaco, de 50 % de réduction de la pollution en hydrocarbure dissous.

Toutes les données collectées pendant la mission vont être analysées plus finement pour isoler et cataloguer chaque son enregistré. Ils permettront d'identifier la santé des sites en analysant les niches acoustiques, de restituer les trajectoires des populations de cétacés, ou de quantifier l'impact des rayonnements acoustiques des navires.

Réactions1 réaction à cet article

 

J'espère revoir les marsouins à st Hilaire de Riez, enfin revoir, je ne les vois jamais, je sais qu'ils sont la .
A une époque de l'année arrivent les margates (les Bretons disent morgates), seiches pour les étrangers.
La bestiole comme on sait fait à peu près 1 kg et nage en marche arrière, le marsouin ne pouvant digérer l'os bouffe la tête et les margates sans tête arrivent sur la plage, plus qu'à ramasser parfois 8/10 kg, les marques de dents sont énormes.
Il y a quelques années que je n'ai pas vu ça, braconnage, accidents, on ne parle jamais de cet animal aussi utile.

pemmore | 22 mai 2020 à 10h34
 
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