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Pollution par les particules et mortalité : le lien est remis en évidence par l'InVS

Alors qu'une étude de l'Institut national de veille sanitaire confirme que la pollution de l'air par les particules accroît significativement le risque de mortalité, surtout chez les personnes fragilisées, le plan particule se fait toujours attendre.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Une étude * publiée mardi 3 février dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut national de veille sanitaire (InVS) remet en évidence l'existence d'un lien significatif entre le nombre de décès et l'exposition à 3 polluants de l'air : le dioxyde d'azote (NO2), l'ozone (O3) et les particules de diamètre inférieur à 10 microns (PM10). Pour arriver à cette conclusion, l'InVS a lancé en 1997 un Programme de surveillance air et santé (Psas) dans neuf agglomérations (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse). En 2002, une étude avait déjà montré l'existence d'une association entre la mortalité et les indicateurs de pollution mesurés en France à la fin des années 1990 : NO2, dioxyde de soufre (SO2), O3 et fumées noires. Cependant, l'évolution des niveaux de certains polluants et de la composition chimique de la pollution atmosphérique urbaine, ainsi que la mesure en routine de nouveaux indicateurs de pollution particulaire, ont rendu nécessaire une actualisation de ces résultats pour une période plus récente , explique l'Institut de veille sanitaire dans son bulletin.

Un excès de risque significatif

Cette nouvelle étude, synthèse des rapports publiés en 2006 et 2008, couvre des données recueillies entre 2000 et 2004 (la période de la canicule du 1er au 20 août 2003 ayant été exclue) pour la mortalité et entre 1998 et 2003 pour les hospitalisations. L'étude montre, quel que soit l'âge ou la maladie, que le risque de mortalité augmente quand le niveau de pollution augmente. Les excès de risque relatif combinés associés à une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) des différents indicateurs de pollution PM10, NO2 et O3 sont respectivement de 1,4%, 1,3% et 0,9% , note l'étude.

Le risque de décès toutes causes ou pour causes cardiovasculaires et cardiaque est significativement associé à l'ensemble des indicateurs de pollution étudiés. Pour la mortalité cardiovasculaire et cardiaque, l'augmentation du risque de décès associée à une augmentation des PM10 et du NO2 est jusqu'à deux fois plus élevée que pour la mortalité toutes causes, notamment pour les 65 ans et plus. Les hospitalisations pour causes cardiovasculaires sont aussi significativement associées aux niveaux de NO2 et de PM10 mais pas à l'ozone. Cette étude contribue à l'amélioration des connaissances sur l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine, notamment par la prise en compte de la pollution particulaire qui constitue aujourd'hui l'un des composants majeurs de la pollution atmosphérique urbaine, commentent les auteurs de l'étude.

Émises par les installations de combustions industrielles (30%), le chauffage domestique (27%), l'agriculture (30%) et les transports routiers (11%), les particules fines ont des effets sur la santé à cause de leur faible granulométrie qui leur permet de pénétrer profondément dans les poumons. Peuvent également intervenir des produits toxiques comme les métaux ce qui amplifie leurs impacts sanitaires. Les particules agissent principalement sur les appareils respiratoire et cardiovasculaire mais on leur connaît également des effets cutanés et notamment sur les yeux.

Rappelons que la France doit mettre en place un « plan particules » qui sera intégré à la seconde version du Plan National Santé Environnement (PNSE 2). En cours d'élaboration ce plan d'action se veut plus ambitieux que la réglementation européenne en accord avec les conclusions du Grenelle de l'environnement. Il prévoit de réduire de 30% les émissions de PM 2,5 et de 25% les PM 10. Reste qu'il se fait toujours attendre !


* Liens à court terme entre la mortalité et les admissions à l'hôpital et les niveaux de pollution atmosphérique dans neuf villes françaises : Laurence Pascal, Myriam Blanchard, Pascal Fabre, Sophie Larrieu, David Borrelli, Sabine Host, Benoit Chardon,Edouard Chatignoux, Hélène Prouvost, Jean-François Jusot, Vérène Wagner, Christophe Declercq, Sylvia Medina, Agnès Lefranc

Réactions1 réaction à cet article

 
Pas de nouvelle autoroute en zone urbaine dense

Chaque année qui passe, le lien entre mortalité et pollution atmosphérique est un peu plus démontré. Or il est également établi que le trafic routier est responsable d'une très large partie de cette pollution atmosphérique.
Pourtant des projets de construction de nouvelles autoroutes via des tracés urbains denses continuent d'avancer.

Ainsi pour le projet de prolongement de la Francilienne (A104) dans l'ouest parisien, le tracé de 22 km retenu encore aujourd'hui passe à moins de 300 mètres de 34000 personnes, alors que d'autres, pourtant plus efficaces sur le plan économique et beaucoup moins émetteurs de GES n'impactent que 1500 personnes dans la bande des 300 mètres.

Il faut donc appeler l'Etat à remettre en cause son choix initial

APESA104 | 10 février 2009 à 12h14
 
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