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Les adversaires du bruit peinent à se faire entendre

La semaine du son, dédiée à la sensibilisation du public et de tous les acteurs de la société à l'environnement sonore, débute ce mardi. La question de la pollution sonore peine pourtant à s'imposer dans l'agenda politique.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Les adversaires du bruit peinent à se faire entendre
La problématique de la pollution sonore est arrivée tardivement dans l'agenda politique. Les conséquences sanitaires de l'exposition au bruit sont sous-évaluées et les citoyens eux-mêmes s'habituent malgré eux à un environnement sonore permanent.
Pour la septième année consécutive, une semaine du son est organisée pour sensibiliser le public à ces problématiques et renforcer et valoriser la conscience du sonore dans notre quotidien. Un sujet important tant il peine à se faire entendre parmi les autres problématiques de santé environnementale et de pollution. Si la réglementation a évolué ces dix dernières années, sa mise en œuvre ne semble pas prioritaire.

La France en retard dans sa cartographie du bruit

En juillet 2002, l'Union européenne a adopté une directive (2002/49/CE) relative à l'évaluation du bruit dans l'environnement ambiant. Le texte impose l'établissement, tous les cinq ans, de cartes d'exposition aux bruits et l'adoption de plans d'action en matière de prévention et de réduction du bruit dans l'environnement, sur la base de ces cartes.
Toutes les agglomérations de plus de 250.000 habitants devaient établir leurs cartes du bruit des infrastructures terrestres (air, fer, route) et des industries de leur territoire avant le 30 juin 2007 et des plans de prévention de l'exposition au bruit avant le 18 juillet 2008. Pour les autres agglomérations de plus de 100.000 habitants et pour les autres infrastructures de transport concernées, l'échéance a été fixée au 30 juin 2012 pour les cartes et au 18 juillet 2013 pour les plans de prévention.
Au total, 27 millions d'habitants sont concernés, répartis sur 58 agglomérations.
Deux ans après la première échéance, en juin dernier, le ministère en charge de l'écologie publiait une liste des cartes réalisées. Verdict : la France est en retard ! Seule une vingtaine de communautés de communes avait réalisé et publié les cartes… L'élaboration des plans de prévention du bruit dans l'environnement (PPBE), qui doivent définir des objectifs de réduction du bruit et les moyens pour y parvenir, a donc pris du retard aussi.

67 millions d'Européens surexposés

Une étude de l'Agence européenne pour l'environnement (l'AEE) a néanmoins rassemblé les données existantes et en a conclu que la moitié de la population dans les zones urbaines en Europe (67 millions de personnes) est exposée à la pollution sonore au dessus de 55 décibels Lden (niveau sonore corrigé selon la période de la journée), un niveau jugé excessif.
Selon l'étude, les principaux responsables de cette pollution sonore demeurent les transports (avions, trains et voitures), les travaux et les industries avoisinantes. 41 millions d'habitants des grandes villes européennes souffriraient de bruit excessif dû au trafic routier. La pollution sonore nocturne est également importante. Paris arrive en troisième position des capitales européennes les plus bruyantes la nuit, après Bratislava et Varsovie.
Une carte interactive NOISE (Noise observation and information service for europe) permet de consulter via Internet les données sur la pollution sonore par pays et par ville. Cet outil constitue un premier pas vers un système complet d'observation de la pollution sonore.

Les smart phone au service de la cartographie du bruit ?

Au lieu d'installer des capteurs souvent très coûteux, Sony Computer Sciences Laboratory propose de mobiliser les citoyens en leur permettant d'utiliser leurs smartphones pour fournir des informations nécessaires à la cartographie sonore. Le laboratoire a mis au point une application baptisée NoiseTube qui permettra de recueillir le niveau de bruit capté par le microphone et la géolocalisation de la personne. L'utilisateur ajoute ensuite des informations complémentaires concernant la source du bruit. L'ensemble de ces données seront transmises, via un serveur NoiseTube, à Google Earth.
Cette application fonctionne déjà sur les smart phones de Sony Ericsson et Nokia, et devrait être rapidement compatible avec l'iPhone.

Réactions1 réaction à cet article

 
XXI ème siècle:une société du bruit

Les bruits ne cessent de s'amplifier, du fait du développement du "modernisme"dans nos pays industrialisés; mais il ya aussi une attitude contemporaine de générer sans cesse des bruits de fond comme les musiques dans les magasins, les lieux de transit et voire même dans les stations de ski!
il n'y a pas de respect des autochtones, d'ailleurs, dans les villages de montagne où le ski attire les gens; les communes n'ont plus de mesure et font ainsi travailler les engins de neige la nuit, n'hésitent pas non plus à mettre en route les canons à neige bien avant le démarrage de la saison, de jour comme de nuit...............au détriment des gens du pays!
Les bruits de la circulation sont véritablement un fléau dans les villes mais aussi en bordure des routes de campagne où la vitesse de 90km/h ne fait qu'engendrer des nuisances!
du coup, plus personne ne supporte le moindre bruit de son voisin, la tondeuse comme les aboiements de chiens...
J'ai une pensée compatissante pour les riverains d'aéroports qui doivent vivre "sur les nerfs" à tout mouvement de trafic aérien!que faire dans ce cas-là???????

Que va-t-on faire avec ces cartes, si elles voient vraiment le jour?

Il faudrait réellement que nos dirigeants veuillent bien plancher pour des moyens de locomotion moins générateurs de bruit, des autos à la fois silencieuses et plus propres.....
Et que chacun réfléchisse à sa manière de vivre, en s'interrogeant parfois s'il n'est pas lui-même bruyant pour les autres!

je suis très sceptique quant à ces smart-phones qui peuvent permettre tôt ou tard, avec de bonnes intentions peut-être, de verser dans une forme de totalitarisme: qui fait du bruit? que fait-il? investigations, dénonciations...NON

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dilou | 19 février 2010 à 19h10
 
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