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Nucléaire : le gouvernement privilégie une réduction modérée du parc français

Le gouvernement semble privilégier une lente réduction de la production nucléaire. Dans un contexte de baisse des consommations, les exportations seront déterminantes pour écouler la surproduction électrique qui se profile.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Nucléaire : le gouvernement privilégie une réduction modérée du parc français

Rien n'est tranché, mais les parties prenantes à la concertation sur la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) commencent à y voir plus clair sur les intentions du gouvernement en matière de réduction de la part du nucléaire. Mardi 16 janvier, à l'occasion d'une réunion de travail sur le futur mix électrique, les participants ont compris que le gouvernement envisage une réduction plutôt lente de la part du nucléaire. L'objectif annoncé par la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) était de discuter des scénarios présentés en novembre dernier par RTE dans le cadre de son bilan prévisionnel. Or, "la DGEC a demandé à RTE de ne présenter pour la discussion que les deux scénarios dans lesquels le nucléaire reste au niveau le plus élevé", rapporte un participant.

Indirectement, Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, a confirmé que le gouvernement s'engage vers un nombre restreint de fermeture de réacteurs nucléaires : "Personne ne parle de 0% de nucléaire en France", a-t-il expliqué sur twitter, ajoutant que la PPE avait pour but de réduire la part de l'énergie nucléaire à 50% du mix électrique, sans préciser l'échéance.

Entre 46 et 56% de nucléaire en 2035

Lors de la réunion, Nicolas Hulot a confirmé que le gouvernement envisage de planifier la fermeture de certains réacteurs pour réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique, comme prévu par la loi sur la transition énergétique votée en 2015. Mais, le ministre de la Transition écologique s'est bien gardé de préciser le nombre et le rythme de ces fermetures.

Toutefois, les débats se sont focalisés autour de deux des scénarios de RTE: "Ampère" et "Volt". Le premier est construit sur l'hypothèse d'une réduction de la part du nucléaire en fonction du développement des renouvelables. En 2035, 18 réacteurs nucléaires seraient fermés (en comptant les deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin)) et les capacités de production renouvelable tripleraient pour atteindre 149 GW (dont 67 GW d'éolien et 48 GW de photovoltaïque). A cette date, le nucléaire représenterait 46% du mix électrique. Ce scénario a les faveurs de certains acteurs, à l'image du Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui y voit une opportunité de développement des EnR. Le second propose de développer les moyens de production au rythme des débouchés économiques. Onze réacteurs nucléaires seraient fermés d'ici 2035 (en comptant Fessenheim), date à laquelle les installations éoliennes atteindraient 50 GW et le photovoltaïque 36 GW. Le nucléaire représenterait encore 56% du mix électrique.

Ce choix laisse de côté les deux scénarios les plus ambitieux en terme de réduction du parc nucléaire. Le scénario "Hertz" qui prévoit de ramener à 50% la part du nucléaire en 2030 (27 réacteurs fermés en 2035) et le scénario "Watt" qui propose de fermer les réacteurs nucléaires français dès leur quarantième anniversaire (54 réacteurs seraient fermés en 2035).

Hypothèses optimistes

Ce choix en faveur des scénarios Ampère et Volt soulève plusieurs critiques de la part des associations environnementales qui ont participé à la réunion. Tout d'abord, leurs représentants ont rappelé que les deux scénarios écartés, Watt et Hertz, ne sont pas nécessairement contraires à l'objectif de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre. En 2035, elles atteindraient entre 19 et 35 millions de tonnes de CO2, contre 22 millions de tonnes aujourd'hui. L'ensemble de l'économie française émet aujourd'hui quelques 300 millions de tonnes de CO2.

En outre, les deux scénarios privilégiés reposent sur des hypothèses de prolongation du parc nucléaire jugées optimistes. Le scénario Ampère prévoit de prolonger 36 des 52 réacteurs qui atteindront 40 ans d'ici à 2035 et le scénario Volt prévoit d'en prolonger 43. Les durées d'indisponibilité, en particulier, ont été calculées au plus juste, estiment les ONG environnementales. De même, la rentabilité de ces travaux reste à démontrer, critiquent-elles.

Trouver des consommateurs

En matière de rentabilité, l'un des juges de paix sera la demande d'électricité qui permettra de vendre correctement les électrons produits en 2035. Selon RTE, la consommation électrique française à cette date sera 20% plus basse que celle de 2016 (trajectoire basse) ou égale à celle de 2010 (trajectoire haute). En aucun cas, le gestionnaire du réseau de transport n'envisage une hausse de la consommation à cette échéance. Mais pour EDF, sa maison mère, l'hypothèse d'une reprise de la consommation doit être envisagée.

Faute de demande suffisante en France, EDF devra se tourner vers l'exportation. Ampère prévoit d'exporter 128 térawattheures (TWh) en 2035 (production de 608 TWh pour une consommation attendue stable à 480 TWh) et Volt 147 TWh (588 TWh de production pour une consommation de 442 TWh). "Où la France exportera-t-elle de telles quantités ?", interrogent les sceptiques qui soulignent que la consommation électrique de l'ensemble de l'Europe recule. Sur les dernières décennies, la France a exporté quelque 60 TWh par an. En 2016, le solde exportateur ne s'établissait qu'à 39 TWh.

Réactions3 réactions à cet article

 

Excellente stratégie responsable.

Les habitants et riverains de Fukushima ne sont-ils pas très modérément impactés, voire absolument pas du tout ?

Y-a-t-il vraiment eu problème finalement à y bien regarder ?

Et puis, c'est bien connu, en France les ingénieurs sont plus sérieux et intelligents que partout ailleurs; c'est pour cela qu'ils ne font jamais appel à des employés en CDD d'entreprises de sous-traitance pour l'entretien.

Tout ce que disent "La Gazette du nucléaire" et le GSIEN ce sont de scandaleux mensonges de complotistes

Sagecol | 18 janvier 2018 à 09h21
 
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La photo, c'est la centrale de Penly ? J'ai bon ?

Albatros | 18 janvier 2018 à 15h34
 
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Bonjour Albatros,

Effectivement, c'est bien Penly.

J'ajoute la légende.

Cordialement,

Philippe Collet Philippe Collet
18 janvier 2018 à 16h10
 
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