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La précarité énergétique touche près de 7 millions de Français

Selon l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), près de sept millions de Français ont été considérés en 2017 comme étant en précarité énergétique. L'ONPE a affiné ses indicateurs pour quantifier les ménages touchés.

Energie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Selon l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), près de 3,3 millions de ménages français - représentant 6,7 millions de personnes - ont des difficultés à payer leur facture d'énergie et à satisfaire leurs besoins de chauffage. Ce vendredi 23 novembre, l'ONPE, piloté par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), a dévoilé ses dernières statistiques. En 2017, ces ménages représentent près de 12 % de la population française. En 2016, ils étaient 5,6 millions de ménages concernés, soit 12 millions de personnes.

Un suivi annuel du phénomène

L'ONPE a modifié cette année sa méthodologie pour mieux quantifier les ménages touchés. Son dernier rapport  est basé sur deux nouveaux indicateurs pour suivre annuellement l'évolution de la précarité énergétique. Un indicateur est basé sur le taux d'effort énergétique annuel. Celui-ci correspond au nombre de ménages pauvres et modestes qui consacrent plus de 8 % (contre 10 % auparavant) de leurs revenus pour payer la facture énergétique du logement. Ces ménages appartiennent aux trois premiers déciles de revenus (par unité de consommation) et font partie des 30 % des ménages les plus modestes.

Le second indicateur utilisé par l'Observatoire suit le ressenti du froid à partir d'enquêtes annuelles. L'ONPE s'appuie sur le baromètre énergie-info réalisé par le médiateur national de l'énergie. Les ménages déclarent ressentir le froid en raison d'un ou de plusieurs motifs liés à la précarité énergétique (mauvaise isolation du logement, équipement de chauffage insuffisant ou en panne, raison financière, coupure du fournisseur d'énergie suite à une facture impayée). Cet indicateur permet d'approcher la notion de "privation" de chauffage. Les indicateurs de ressenti du dernier baromètre Energie-Info montrent que 15 % des ménages français ont souffert d'une sensation de froid chez eux au cours de l'hiver 2017 / 2018.

Une baisse des ménages concernés depuis 2013

Selon l'Observatoire, via ses nouveaux indicateurs, le phénomène de précarité énergétique a "légèrement diminué" depuis 2013 en France (14,5 % des ménages étaient concernés). Le principal facteur de ce recul "est lié à la météo". L'hiver 2013 a été particulièrement rigoureux et en 2017, plus doux que la moyenne observée depuis 30 ans. "Si l'on corrige l'impact conjoncturel de la météo, ce faible recul du phénomène demeure mais est encore plus modéré, principalement en raison de la baisse des consommations d'énergie dans les logements", ajoute l'Observatoire. Il souligne également une "amélioration tendancielle" des performances énergétiques des logements (renouvellement du parc et rénovations ) ayant entraîné le recul de la facture moyenne d'énergie du logement des ménages entre 2013 et 2017. Et, ce dans un contexte où "le prix de l'énergie toutes taxes comprises" est resté stable jusqu'en 2017.

3,1 milliards d'euros d'aides nécessaires par an

Selon l'Ademe, l'aide nécessaire pour sortir l'ensemble des ménages en précarité énergétique s'élèverait à 3,1 milliards d'euros par an. Il s'agit du montant qu'il conviendrait d'accorder aux ménages pour que leur taux d'effort énergétique soit inférieur à 8 %. Cela représenterait en moyenne près de 710€/logement/an.

L'Ademe rappelle les aides publiques disponibles en faveur des plus modestes. Elle met en avant le chèque énergie adressé en 2018 à 3,6 millions de ménages. Cette aide est destinée à payer les dépenses d'énergie liées au chauffage, à la production d'eau chaude ou à des travaux d'efficacité énergétique. En 2019, le gouvernement prévoit d'élargir ce chèque à deux millions de foyers supplémentaires. Son montant moyen passe de 150 à 200 euros en moyenne l'année prochaine. L'Ademe ajoute aussi les aides à la rénovation énergétique du programme "Habiter mieux" de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) destinées aux propriétaires très modestes et aux copropriétés en difficulté. Le nombre de ménages bénéficiant d'Habiter mieux "est reparti à la hausse en 2017 pour atteindre plus de 52.000 ménages aidés". L'Anah prévoit de rénover énergétiquement 75.000 logements par an, pendant la durée du quinquennat.

Depuis 2016, le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE), financé par les vendeurs d'énergie, est aussi mis à contribution au bénéfice des ménages les plus modestes.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour. Une de mes connaissances, avec 900€/mois de retraite, est
estimé "trop riche" pour avoir droit au chèque énergie...
En plus, il roule avec un vieux Diesel de plus de dix ans.
Quelle peine encourt-il au Tribunal de la bien-pensance ?

Albatros | 26 novembre 2018 à 19h11
 
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