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Le transport pèse également sur la précarité énergétique, selon le CGDD

Selon une étude du CGDD, 2,6% des ménages seraient en situation de précarité énergétique pour deux types de dépenses : les trajets et pour chauffer leurs logements. 22% le serait pour l'un ou l'autre de ces postes.

Energie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Le transport pèse également sur la précarité énergétique, selon le CGDD

Alors que la précarité énergétique progresse en France, une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD) s'est intéressée à une analyse de la situation en la mettant en perspective avec des données liées aux difficultés relatives aux coûts des transports. Le CGDD a ainsi étendu la notion de précarité énergétique aux déplacements en voiture pour se rendre au travail, réaliser des achats ou bénéficier de certains services. "Certains ménages se trouvent face à un choix difficile : renoncer à d'autres dépenses pour se chauffer correctement ou se déplacer ou, au contraire, se résigner à avoir froid ou à se déplacer moins", explique-t-il.

Selon l'étude, 14,6% des ménages seraient ainsi en situation de vulnérabilité énergétique pour leur logement et 10,2% pour leurs déplacements. Ainsi, en France métropolitaine, 2,7 millions de ménages dépensent plus de 4,5% de leurs revenus pour l'achat du carburant nécessaire à leurs déplacements contraints. Le CGDD estime qu'en prenant en compte les tarifs sociaux (et en faisant l'hypothèse que tous les ménages éligibles demandent à en bénéficier), le taux de vulnérabilité passerait de 14,6 à 14,4%. Dans un audit, l'Observatoire de la précarité énergétique avait déjà considéré que ce système d'aide était " inéquitable et complexe". L'étude montre également que 2,6% des ménages français sont contraints à la fois pour chauffer leurs logements et leurs déplacements.

Les moins de 30 ans sont les plus exposés

"Les moins de 30 ans sont les plus exposés à cette situation : c'est le cas de 7,8% d'entre eux, contre 1,2% pour les 60 ans ou plus", développe le CGDD. Pour ce qui concerne la catégorie socio-professionnelle : les plus touchés par ce phénomène seraient les agriculteurs (11,6%) et les chômeurs et inactifs (9,8%). Les cadres et professions intellectuelles supérieures (0,9%) et les retraités (1,1%) sont les moins concernés.

Pour ce qui est de la vulnérabilité énergétique liée aux déplacements uniquement, les agriculteurs (32,1%), les ouvriers (19,8%) et les professions intermédiaires seraient les plus impactés. La localisation géographique semblerait également jouer sur cette vulnérabilité. Cinq régions seraient particulièrement exposées : la Corse (28,0%), le Limousin (17,5%), la Picardie (16,1%), l'Auvergne (16,0%) et la Champagne-Ardenne (16,0%). A l'inverse, l'Ile-de-France (3,0%), le Nord-Pas-de-Calais (7,4%), Provence-Alpes-Côte d'Azur (7,7%) et l'Alsace (7,8%) présentent une vulnérabilité liée aux déplacements inférieure à 8%.

La vulnérabilité varie selon les types de territoires

De manière prévisible, le risque de vulnérabilité énergétique lié aux déplacements contraints est faible dans les pôles urbains (4,3% pour les grands pôles, 6,9% pour les moyens et petits), et élevé dans les zones plus éloignées (30,6% hors aire urbaine, 23,0% dans les territoires multipolarisés, 18,8% pour les couronnes des grands pôles et de 16,2% pour celles des pôles petits et moyens.

Les catégories vulnérables varient selon les pôles : dans les grands pôles urbains, les ménages les plus touchés par le coûts des déplacements seraient des ouvriers et des professions intermédiaires, ou des inactifs de moins de 30 ans, vraisemblablement étudiants et dans les petits pôles, les professions intermédiaires (13,4%). Dans les couronnes de grands pôles, les ouvriers et les employés sont les catégories les plus vulnérables (respectivement 34,7% et 29,9%) tandis que dans les couronnes des petits pôles, les plus exposés sont les professions intermédiaires (23,4%), employés (27,6%), ouvriers (29,1%) et agriculteurs (24,5%). "Dans les territoires multipolarisés, la proportion de travailleurs consacrant 4,5% ou plus de leur revenu augmente nettement, qu'ils soient cadres (21,%) ou ouvriers (40,0%), souligne le CGDD. Ce phénomène est encore amplifié pour les ménages habitant hors des aires urbaines, en particulier chez les ouvriers (47,9%) et les agriculteurs (51,2%)". Malgré un accès aux équipements parfois moins aisé qu'en milieu urbain, les retraités (17,2%) et les inactifs (22,2%) semblent relativement épargnés, selon l'étude.

Certains amendements du projet de loi sur la transition énergétique visent à lutter contre la précarité énergétique. Les mesures proposées n'iraient toutefois pas assez loin, selon le Conseil économique, social et environnemental et l'association des collectivités Amorce.

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