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La côte aquitaine a été fortement érodée en décembre et janvier

La côte a reculé de plus de 10 m à certains endroits de la côte aquitaine, suite à une houle d'une force inédite. La fragilisation de la côte annonce la poursuite du phénomène, indépendamment des phénomènes météorologiques.

Risques  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
La côte aquitaine a été fortement érodée en décembre et janvier

"D'une manière générale, l'ensemble de la côte sableuse aquitaine a été fortement érodée à l'issue [des dépressions survenues du 23 au 27 décembre 2013 et du 3 au 7 Janvier 2014]". Le recul du trait de côte du littoral aquitain dépasse 10 m sur de nombreux sites. Tel est le constat dressé par l'Observatoire de la côte Aquitaine qui a publié, mardi 11 février, le compte-rendu des observations post-tempêtes sur le littoral aquitain pour la période de décembre 2013 à janvier 2014. Ce diagnostic a été établi à partir des observations réalisées par le BRGM et l'ONF.

Ce premier bilan devrait être revu à la hausse d'ici quelques mois puisque l'évaluation des érosions et submersions marines survenues après janvier 2014 n'est pas prise en compte. Les dégâts occasionnés lors des fortes vagues et forts coefficients de marée les 1er et 2 février feront l'objet d'un rapport ultérieur, précise le document.

D'autre part, le rapport alerte sur la poursuite probable du phénomène, indépendamment d'éventuels événements météorologiques extrêmes. "Les processus d'érosion se poursuivent du fait de la fragilité de l'ensemble du littoral aquitain à la suite de ces forts événements énergétiques qui ont fragilisé les plages et les falaises", préviennent les auteurs. En effet, les plages de la Région "se sont fortement abaissées et aplanies, limitant ainsi leur résistance aux assauts de l'océan". Le message envoyé est sans équivoque : "de fait, de nouvelles périodes d'érosion et de submersions marines sont encore possibles avec les gros coefficients de marée à venir", notamment le 2 mars.

Remise en cause de certaines infrastructures

La Gironde est le département le plus touché. C'est au Nord, dans le Médoc entre Soulac-sur-Mer et Lacanau, et au Sud, la Pointe du Cap Ferret et La-Teste-de-Buch, que le recul de la côte est le plus marqué puisqu'il atteint, voire dépasse les 10 m. De plus le rapport note "une généralisation de falaises vives de grande hauteur et de très forte pente". Dernier point, et non des moindres, les destructions ne se limitent pas à des accès de plage, des promenades ou des empierrements. Elles "[remettent] en cause l'existence de bâtiments ou d'infrastructures", à l'image de l'immeuble "Le Signal", de la villa "Surprise" et du club de surf de Soulac.

Comparativement, dans les Landes "l‘érosion est globalement plus modérée", même si le document rapporte un recul du trait de côte de l'ordre de 10 m au Sud de chaque courant landais, ainsi qu'entre Capbreton et Ondres. Par ailleurs, "une falaise vive entaille le cordon dunaire sur la quasi-totalité du département". Cette falaise dunaire atteint de 6 à 12 m de haut dans les zones où le trait de côte a le plus reculé. Les dégâts restent "limités" à la "destruction de la majorité des escaliers d'accès de plage (Messanges, Vieux-Boucau, Ondres, etc.)" et à une altération des enrochements au Nord de la Plage de la Savane à Capbreton. A noter que les berges longeant le fleuve côtier de Mimizan (appelé le courant de Mimizan) et un quartier de la ville ont été submergés.

Enfin, l'érosion en Pyrénées-Atlantiques est limitée à des zones très précises : la plage de Milady à Biarritz, les berges de l'embouchure de l'Uhabia et la plage de Parlementia à Bidart. Ces mêmes zones ont subi des submersions marines de faibles emprises, survenues dans la nuit du 6 au 7 janvier. Quant aux falaises rocheuses, elles n'ont pas subi d'éboulement ni d'effondrement remarquables. Bien sûr, le document fait état des "dommages majeurs" subis par certaines infrastructures à Biarritz (façade du Casino municipal et destruction des parapets et du local des Ours Blancs au Port-vieux), à Bidart (front de mer) ou encore à Saint-Jean-de-Luz (déstabilisation des enrochements sur la plage d'Erromardie).

Un phénomène météorologique inédit

Le document rapporte aussi que la situation entre le 14 décembre 2013 et le 8 janvier 2014, a été caractérisée par une succession de dépressions dans l'Atlantique Nord. Cette situation "s'est traduite par un climat de houle très énergétique au large des côtes aquitaines, la hauteur significative des vagues atteignant au moins 4 m pour 60% du temps".

"[Sur] la période 1958-2002, ce phénomène ne s'est jamais produit", indique le document, expliquant que "la proportion de vagues de plus de 4 m sur une telle période (26 jours) atteint occasionnellement 40% et ponctuellement 50% (3 fois en 44 ans) [et qu']en revanche aucun pic à plus de 55% n'existe".

De même, le rapport fait état d'une période caractérisée "par une succession exceptionnelle d'évènements très énergétiques qui sont généralement plus espacés dans le temps". Des travaux sont en cours pour en déterminer la période de retour.

Par ailleurs, deux périodes plus courtes se distinguent. Il s'agit tout d'abord de la période du 23 au 27 décembre 2013 a été caractérisée par une dépression avec des vents d'orientation Sud/Sud-Ouest atteignant 100 km/h en Aquitaine ainsi que "des hauteurs significatives" de houle atteignant 6,5 m au Cap-Ferret. "Les dommages observés sur le littoral à l'issue de cette dépression survenue en période de faibles coefficients de marée (44 le 26 décembre 2013), sont faibles", indique le document.

La période du 3 au 7 janvier correspond à une dépression majeure Hercules qui a généré des houles de hauteurs significatives oscillant entre 6 et 7 m et atteignant 9 m dans la nuit du 6 au 7 janvier. "Des dommages majeurs ont été observés sur le littoral à la suite de cette seconde dépression survenue en période de forts coefficients de marée (108 le 03 janvier 2014) et à l'issue d'une succession d'évènements extrêmes", explique l'Observatoire.

Réactions3 réactions à cet article

 

Les géolgraphes nous ont dit, depuis longtemps, combien la côte aquitaine était menacée par l'érosion.

En Morbihan, le recul des falaises est beaucoup moins spectaculaire. Toutefois, à Pénestin, la falaise classée dite de la Mine d'or s'est beaucoup effondrée cet hiver. C'est une falaise de matériaux meubles qui glisse par pans entiers avec la pluie puis la mer, aux forts coefficients, entraîne les talus du pied de falaise.

En certains points, la falaise de la Mine d'or a reculé de plusieurs mètres. Nous allons mettre des photos sur notre site associatif.

M A Echard

amicheminderonde | 13 février 2014 à 09h47
 
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Si on me dit que ce contexte climatique est "normal", du haut de bientôt mes 70 ans, je n'ai pas souvenir d'un tel épisode...des pluies et des vents qui durent depuis plus d'un an...à DAX, 1600 mm de pluvio en 2013 et 350 mm depuis le 1er janvier c'est à dire le 1/4 de la pluvio annuelle en 40 jours... Si le changement climatique est à l’œuvre et qu'il doit amplifier, alors, il serait grand temps de mettre fin à nos activités polluantes inutiles tels les transports en tout genre à commencer par le tourisme...Personne ne semble se soucier de la production alimentaire agricole mais il va falloir arrêter de se balader et faire les fous si on veut continuer à manger...

Bertrand | 13 février 2014 à 13h09
 
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Nonobstant le caractère problématique de ces fortes houles et de leurs conséquences sur le littoral atlantique, lorsque je vois cette image je me dis que l'océan aurait dû les fracasser ces baraques. Au moins, maintenant, ils se décideront à détruire ces taudis tagués...

Tchesssss | 13 février 2014 à 21h33
 
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