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Préoccupations environnementales : les habitudes des Français décortiquées

Le Commissariat général au développement durable a réalisé un exercice de compilation d'indicateurs pour comprendre la relation des ménages français à l'environnement. La mobilité, l'alimentation, l'habitat, ou les déchets y sont décortiqués.

Gouvernance  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Quelle intégration des préoccupations environnementales dans le quotidien des ménages français ? Pour répondre à cette question, le Commissariat général au développement durable a compilé des indicateurs sur leurs habitudes alimentaires, de mobilité, de gestion des produits en fin de vie ou encore leurs habitats. Il s'est appuyé pour cela sur l'exercice qu'il avait déjà réalisé en 2011 en l'actualisant et l'enrichissant.

Premier constat :le nombre de ménages augmente plus vite que la population. Ceci s'explique par l'augmentation du nombre de familles monoparentales ou recomposées, la baisse du nombre d'unions et l'allongement de la durée de la vie. Et ceci joue sur l'augmentation du nombre de logements, de déplacements et de la consommation courante.

Ainsi, la conjugaison de ce phénomène avec l'agrandissement des logements et l'essor de l'habitat individuel a contribué à la progression de la surface occupée par l'habitat. Elle est passée de 2,3 millions d'hectares en 2008 à 2,4 millions d'hectares en 2014. "Ce phénomène d'artificialisation est particulièrement marqué dans les départements ayant une croissance démographique élevée tels que les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse, mais également la Loire-Atlantique, l'Ille-et-Vilaine et l'Aquitaine", note le Commissariat général au développement durable (CGDD).

Toutefois, d'un point de vue global, si l'empreinte carbone de la demande national a augmenté en volume de 13% entre 1995 et 2016 (689 millions de tonnes d'équivalent CO2), elle reste relativement stable rapportée au nombre d'habitants.

Empreinte carbone : le poids important des importations

Ce sont les émissions associées aux importations qui pèsent le plus lourd dans la balance de l'empreinte carbone des ménages : plus de la moitié. Entre 1995 et 2012, alors que ces dernières ont augmenté de 85%, les émissions associées à la production intérieure ont diminué d'un quart. Celles-ci se répartissent pour 70% de l'empreinte carbone des ménages (2012) entre les émissions associées au transport, au logement et à l'alimentation et pour le tiers restant les biens et services (activités culturelles et de loisirs, télécommunications, etc.), les services publics, mais également l'équipement et l'habillement des ménages.

Au niveau des principales émissions de la production intérieure, dans le secteur du transport, la voiture demeure indétrônable. Selon l'administration, les voitures particulières émettraient plus de la moitié des émissions de CO2 des transports. Elle représente 79,5% du transport de personne en 2015. "Alors que la distance annuelle par véhicule diminue, la circulation des voitures particulières augmente avec le parc roulant, atteignant 405 milliards de km-véhicules en 2014 pour 31,7 millions de véhicules immatriculés en France", pointe le CGDD. Les transports en commun représentaient en 2015 moins de 20% du transport intérieur de voyageurs, le ferroviaire 11% et l'aérien 2%.

Habitat : une consommation finale d'énergie en hausse de 10%

Concernant les logements, la consommation finale d'énergie du secteur résidentiel atteint en 2015 472 térawatt-heure (TWh), soit une hausse de 10% par rapport à 1985. "Après une croissance soutenue dans les années 1990 (+22% entre 1985 et 2001), elle diminue progressivement depuis le début des années 2000 (-9% entre 2002 et 2015), tandis que le nombre de résidences principales continue d'augmenter", précise le CGDD. Le premier consommateur reste le chauffage (68%), puis la demande en électricité (16% en 2015).

Les émissions de dioxyde de carbone du secteur résidentiel ont quant à elle diminué de 20% entre 1990 et 2014. Celle-ci est toutefois dépendante de la rigueur climatique. Là encore, la hausse du nombre de ménage joue également sur les résultats.

"L'augmentation de la taille de la population et de la surface moyenne des logements contribue à accroître les émissions de CO2, précise le CGDD. À l'inverse, la consommation d'énergie par m2 de logement se réduit depuis 1990". Différents facteurs expliquent cette tendance, selon le CGDD, notamment le comportement des ménages, l'amélioration de l'isolation thermique des logements, le développement des énergies renouvelables, l'amélioration des appareils de chauffe des ménages, etc. Toutefois une enquête de l'Ademe indiquait en janvier 2014, que la rénovation thermique des logements accusait une baisse, la crise économique encourageant plutôt les économies d'énergie.

Une hausse de l'empreinte carbone de l'alimentation

Selon le CGDD, l'alimentation représentait en 2012, 16% de l'empreinte carbone des ménages. Celle est essentiellement marquée par la production des denrées. Plus de la moitié (52%) proviendrait en effet d'émissions associées à la production intérieure de biens alimentaires (produits des branches agricultures et des industries agro-alimentaires) et 47% de cette empreinte serait lié aux importations de biens alimentaires. L'utilisation de combustibles pour la cuisson des aliments s'avère très limitée (1 %). En 2015, cette empreinte carbone atteindrait les 20%.

Sur la question des consommations journalières d'eau potable, celles-ci diminuent depuis 2004. "L'augmentation du prix de l'eau, ainsi que le développement de l'offre d'équipements ménagers économiseurs d'eau, contribuent notamment à expliquer cette diminution progressive, rapporte le CGDD. En 2013, un Français consomme en moyenne 143 litres d'eau par jour, contre 165 litres en 2004 et 151 litres en 2008".

De fortes disparités territoriales sont toutefois à noter. Parmi les plus gros consommateurs : les Bouches-du-Rhône (181 litres par jour), la Vendée (173 litres par jour) ou le Gard (159 litres par jour).

A un niveau plus global, l'empreinte eau de la France montre que celle-ci est importatrice nette d'eau virtuellement associée à ses échanges extérieurs. Cet indicateur inclut l'eau directement consommée par les ménages, celle utilisée lors de la production des biens et services consommés par ces ménages, qu'ils soient produits en France ou à l'étranger. À ce volume est retranché celui de l'eau prélevée en France pour la production des biens et services exportés.

Les derniers données dont dispose le CGDD montrent qu'en 2007, la composante bleue de l'empreinte eau varie de 270 à 650 m3/habitant (selon la prise en compte ou non des prélèvements destinés au refroidissement des installations de production d'électricité).

Une réparation des produits à encourager

"En 2016, les ménages ont consacré 36,7 milliards d'euros de dépenses de consommation à la réparation et à l'entretien de leurs biens, soit 551 euros par habitant (-6% par rapport à 1990), constate le CGDD. Après avoir augmenté dans les années 1990 (+5% entre 1990 et 2000), ces dépenses par habitant diminuent depuis le début des années 2000 (-10% entre 2000 et 2016)". Les produits le plus réparés demeurent les voitures, suivi du matériel audiovisuel.

Concernant la production de déchets, elle aurait légèrement diminué entre 2009 et 2013, selon le CGDD (-3%). Les ordures ménagères résiduelles aurait ainsi réduit tandis que les déchets dangereux dont les déchets d'équipements électriques et électroniques aurait augmenté.

Réactions4 réactions à cet article

 

Qu'appelle-t-on "les ménages français" (qui sont parfois constitués d'une seule personne) ?

S'agit-il des ménages de détenteurs de la carte d'identité française ou des ménages vivant sur le territoire français, outre-mer inclus et également inclus les résidents permanents néerlandais en Ardèche et britanniques en Aquitaine ?

Ça n'a rien d'une question anodine, car ça fausse les statistiques et les compréhension de la "réalité réelle".

Et c'est ainsi que lorsque l'ADEME annonce qu'en 2015 chaque Français a jeté 583 kg elle se moque de nous et son chiffre n'est absolument pas crédible.

Sagecol | 24 octobre 2017 à 10h47
 
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Bonjour,

Le CGDD se base sur cette définition : "Un ménage, au sens du recensement de la population, désigne l’ensemble des personnes qui partagent la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. Un ménage peut être constitué d’une seule personne. Il y a égalité entre le nombre de ménages et le nombre de résidences principales. Les personnes vivant dans des habitations mobiles, les mariniers, les sans-abris, et les personnes vivant en communauté (foyers de travailleurs, maisons de retraite, résidences universitaires, maisons de détention, etc.) sont considérées comme vivant hors ménage. "

Cordialement

Dorothée Laperche Dorothée Laperche
24 octobre 2017 à 10h52
 
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Merci pour cette précision intéressante qui confirme la très fréquente incohérence des statistiques tant pour ce qui est des chiffres qui est des mots- mal pesés - utilisés pour les commentés.

Pourriez-vous, SVP, répondre à ma question pour éclairer le lecteur ?

Sagecol | 24 octobre 2017 à 10h58
 
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Le CGDD précise que le périmètre des données, pour l'essentiel des secteurs, concerne la France métropolitaine (sauf pour les parties concernant les déchets et la consommation d'eau potable qui englobent la France entière : métropolitaine et les départements d'outre-mer).

Dorothée Laperche Dorothée Laperche
24 octobre 2017 à 11h33
 
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