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Pelouses sèches : un réservoir de biodiversité aujourd'hui menacé

Bien que reconnues comme habitat d'intérêt européen, les pelouses calcaires sont des espaces naturels qui tendent à disparaître. Abandon du pastoralisme et généralisation de l'agriculture intensive sont les principales causes de cette régression qui impacte de nombreuses espèces.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Marie Jo Sader  |  Actu-Environnement.com

Les pelouses sèches sont des espaces naturels inclus dans le réseau Natura 2000 et inscrits dans la directive européenne "Habitat Faune Flore". Elles sont constituées d'une végétation relativement rase. Graminées, chardons et certains arbustes comme les pruneliers sont les formations végétales que l'on retrouve le plus souvent sur ces milieux. Ces pelouses apparaissent sur des sols en pente, pauvres et calcaires qui retiennent faiblement l'eau.

On pourrait les prendre pour de simples friches mais en réalité ces milieux abritent une riche variété faunistique et floristique et possèdent un rôle paysager important. D'ailleurs, leur existence est intimement liée à une activité humaine qu'on appelle le pastoralisme. Grâce à ce système d'élevage extensif basé sur le pâturage tout au long de l'année des troupeaux sur de grandes étendues, ces milieux ont pu être préservés et sont restés ouverts. Les pelouses calcaires sont devenues des zones refuge et de nourrissage pour de nombreuses espèces. Mais depuis un siècle, 50 à 75% de ces milieux ont disparu en France. Avec l'abandon du pastoralisme au profit de l'agriculture intensive, ces pelouses, qui sont peu productives, ont été délaissées, livrées à la colonisation arbustive et la plupart du temps grignotées par les surfaces agricoles.

Les conservatoires régionaux d'espaces naturels jouent un rôle essentiel pour la préservation des pelouses calcaires. En Bourgogne, 30% d'entre elles sont inclus dans une aire de protection. Le conservatoire sur place, tente de nouer des partenariats avec des éleveurs disposés à faire pâturer leur troupeau et met en place des travaux de restauration mécanique pour garantir le maintien des habitats encore existants. Le plus grand défi reste la pédagogie auprès des propriétaires privés afin qu'ils prennent conscience du patrimoine dont ils disposent. Un pari difficile dans une région où la viticulture est très puissante.

Réactions9 réactions à cet article

 

bon reportage. Merci

az | 16 juillet 2014 à 13h23
 
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Démonstration imparable...mais en apparence seulement :
le mouton est une "espèce" allochtone d'Europe. Ce qui signifie que toutes les espèces que l'on prétend sauver à grand coût (€) de mouton habitaient le territoire avant son introduction artificielle.
La "riche variété faunistique et floristique" existait avant le mouton. Elle existera après son déclin (dont le retardement coûte cher. Très cher).
"Les pelouses calcaires sont devenues des zones refuge et de nourrissage pour de nombreuses espèces."
Ou se trouvaient donc préalablement ces espèces avant de venir "se réfugier" dans les zones pâturées par les brebis ?

Romario | 16 juillet 2014 à 23h05
 
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merci a MJ Sader, pour cet article sur les pelouses sèches.

forestier | 17 juillet 2014 à 09h08
 
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Gagner des sous, le plus vite possible, ou conserver le patrimoine, telle est la question.
Beau reportage. Merci.

Jean-Claude Herrenschmidt | 18 juillet 2014 à 00h05
 
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Avant les moutons les pelouses et les autres milieux ouverts d'europe (comme les landes) étaient pâturés par les grands herbivores qui ont aujourd'hui disparut. Par ailleurs un certain nombre de ces milieux (les alpages par exemple) ont été totalement créés par l'homme. Une partie des espèces qui ont conquis les espaces ouverts créés par l'homme devaient aussi se trouver dans les clairières ouvertes par la chute des arbres dans les forêts matures. Bref, pour maintenir ces espèces on a deux solutions: le maintien de l'élevage et de la présence humaine dans les campagnes ou l'abandon total des espaces ruraux par les activités humaines. Vous préférez quoi?

youri | 18 juillet 2014 à 11h47
 
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Excellent reportage pour découvrir ses milieux trop souvent considérés comme de la friche.

Romario, je ne comprends pas vos réticences. Le mouton est l'espèce la plus adaptée la la valorisation "agricole" de ces milieux et, en même temps, à leur maintien. Et cela dure depuis des centaines d'années. Le blé est une céréale originaire de Mésopotamie... où est le problème à la cultiver aujourd'hui en France ?

Les conservatoires ne font que se substituer à l'agriculture qui ne s’embarrasse plus de ces milieux, elle même ayant remplacé le pâturage de grands herbivores sauvages, comme l'a bien dit Youri.

Et pour quelques pelouses bien identifiées et protégées, combien de milieux pelousaires secondaires disparaissent dans l'indifférence générale alors qu'un coup de débroussailleuse par an suffirait ?

Je ne sais pas de quel coût important vous parlez, Romario, mais avec une poignée de bénévole et/ou un éleveur motivé, vous protégez des ha de pelouses pour pas un rond !

jujuniep | 21 juillet 2014 à 14h08
 
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Reportage très bien construit et sujet d'actualité à ne pas oublier.

je pense que la principale problématique concernant ces milieux est de les faire connaitre à la population, aux élus locaux et à tous les acteurs et décideurs de l'urbanisme et de l'immobilier.
Car, la valeur de ces pelouses n'est reconnue que par une minorité initiée notamment:
la richesse en orchidées telles,l'ophrys abeille,
l'orchis homme-pendu, orchis brûlé.., le cortège entomologique associé comme L'argus bleu-nacré, la végétation xérophile inféodée.
une fois le site localisé, un entretien annuel de fauche et pâturage peut rapidement se mettre en place.
Alors, chaque commune pourrait valoriser ce type de milieu et affecter des personnels chargé de leur entretien.

loupitch | 25 juillet 2014 à 21h12
 
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les pelouses sèches sont une catastrophes pour le climat et la biodiversité ! Ce sont les forets qui entretiennent le cycle de l'eau, la biodiversité et le climat,
Toute la régulation thermique des basses couches de l'atmosphère se fait par l'évaporation (chaleur latente) ! Il faut végétaliser massivement (villes et campagnes) au rythme des forets de feuillus . Contrairement aux idées reçues, la pluie ne vient pas uniquement de la mer : 70% des précipitations continentales proviennent de l’évapotranspiration (végétation) et seulement 30% de l’évaporation en mer ... Autrement dit , il ne pleut pas sur des sols secs !

laurent | 17 avril 2020 à 09h24
 
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Les forets de feuillus gardent 70% des pluies dans les sols grâce à la profondeur du système racinaire des arbres mais surtout à la forte incorporation de biomasse dans les sols. un arbre a globalement le même volume de bois au dessus du sol qu'en dessous, ce système racinaire (comme les branches) se renouvelle en permanence, la biomasse créée dans les sols par les racines mortes fait office "d'éponge" qui servira à alimenter l'arbre. C'est un système parfaitement autonome ou les sols s'enrichissent fortement même si on exploite le bois en surface.

Quand on dit que les sols agricoles se minéralisent c'est qu'ils perdent leur biomasse et ils perdent leur biomasse parce qu'ils n'en fabriquent pas assez ! Sans biomasse les sols deviennent trop perméables, les eaux qui alimentent les nappes phréatiques ne sont pas assez filtrées et les cultures manquent rapidement d'eau. La période idéale pour faire de la biomasse (et donc de la photosynthèse) c'est l'été mais pour cela il faut de l'eau, comme en France on diminue les surfaces irriguées de 10% par an pour alimenter des villes qui ne recyclent pas l'eau on amplifie la désertification, on s’attaque sérieusement à notre sécurité alimentaire , on détruit la biodiversité (un sol sec c'est un sol mort) et on en arrive même à dérégler le climat. Contrairement aux idées reçues, l'irrigation n'assèche pas le bassin versant mais au contraire participe à son alimentation : 2 litres d'eau évaporée apporte 3 litres de pluies !

laurent | 03 mai 2020 à 03h31
 
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