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Présidence de l'UE : la Hongrie affiche des ambitions limitées

Depuis le 1er janvier, la Hongrie préside le Conseil de l'UE pour six mois. Les objectifs présentés par l'exécutif hongrois s'articulent autour de quatre axes qui attribuent aux questions environnementales une place secondaire.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
Présidence de l'UE : la Hongrie affiche des ambitions limitées
© DR présidence hongroise de l'UE
   

C'est un Etat empêtré dans les suites de la catastrophe liée à la rupture d'une digue de la décharge en exploitation de Magyar Alumínium ZRt – MAL (Aluminium Hongrois Co.) qui vient de prendre pour six mois la présidence du Conseil de l'UE. Le 4 octobre 2010 cette rupture de digue laissait s'échapper vers le Danube 700.000 tonnes de boues rouges et, trois mois après, les travaux de nettoyages sont encore loin d'être achevés.

Dans ce contexte, l'exécutif hongrois souhaite articuler sa présidence de l'UE "autour du facteur humain" et "se focaliser sur quatre thèmes principaux: croissance et emploi pour la sauvegarde du modèle social européen; une Europe plus forte; une Union proche du citoyen; élargissement et politique de voisinage."

L'environnement n'apparaît pas comme une priorité, néanmoins la Présidence hongroise se dit "engagée à résoudre des problèmes liés à l'environnement" et affiche parmi ses priorités environnementales "la lutte contre le changement climatique, la protection des réserves d'eau, l'efficacité dans le domaine des ressources naturelles, et la préservation de la biodiversité." Vaste programme.

Gestion des pluies diluviennes et OGM, deux sujets concrets

Côté protection des ressources en eau, l'objectif est d' "attirer l'attention sur l'importance de la gestion intégrée et durable des phénomènes extrêmes relatifs à l'eau". Un thème qui pourrait avoir un lien avec la catastrophe d'octobre. En effet, deux semaines après le déversement des boues rouges, l'ONG Robin des Bois expliquait que "les ruptures de digues […] arrivent dans la plupart des cas pendant ou après des épisodes de fortes pluies, de fonte des neiges ou d'autres évènements climatiques exceptionnels." Or, "dans le cas de la rupture des digues de ce vieux réservoir, les conséquences différées des pluies diluviennes de mai et juin 2010 qui ont touché en Hongrie les régions aujourd'hui sinistrées par la catastrophe industrielle n'ont hélas pas déclenché une attention particulière, ni des procédures d'alerte et d'information auprès des habitants", regrettait l'ONG française.

De même, la Hongrie souhaite faire "avancer les négociations relatives à la production et commercialisation des plantes génétiquement modifiées." Un sujet sensible et faisant l'objet de vives oppositions au sein du Conseil de l'Union. En juillet 2010, la Commission européenne avait proposé aux Etats membres de leur laisser la liberté d'autoriser ou non, sur la totalité ou une partie seulement de leur territoire, la culture d'OGM. En septembre, les ministres de l'agriculture avaient rejeté cette proposition. Une position suivie en octobre par le Conseil européen des ministres de l'environnement.

Climat et biodiversité, deux sujets récurrents

En matière de climat, Enikő Győri, la ministre déléguée aux affaires européennes, a indiqué que la présidence "a pris l'engagement de mettre en œuvre les acquis du sommet de Cancún" afin "de poursuivre la préparation de l'UE aux négociations de 2011 sur le climat afin de mettre au point des mesures juridiquement contraignantes d'ici fin 2011." Concrètement, la ministre déléguée avance que les Etats membres "vont probablement renégocier la question de la réduction des gaz à effet de serre supérieure à 20% ainsi que le calendrier long terme jusqu'en 2050."

L'énergie, un sujet connexe au climat, est aussi une priorité de la présidence hongroise. La "question déterminera fondamentalement l'agenda de la présidence hongroise", indique la ministre déléguée. Néanmoins, si les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la transition vers une économie décarbonée figurent à l'agenda hongrois, ce sont bien les questions de compétitivité et de sécurité d'approvisionnement qui dominent. La question énergétique fera l'objet d'un Sommet européen le 4 février 2011.

S'agissant de la biodiversité, la Présidence vise l'adoption de la Stratégie de biodiversité 2010. Cette ambition s'inscrit dans le cadre de l'objectif premier de l'exécutif hongrois : mettre "la durabilité et les intérêts des générations futures au centre de ses préoccupations" et construire une présidence "autour du facteur humain." Dans ce cadre "la biodiversité fait partie de notre héritage commun que nous devons préserver pour nos enfants", estime Enikő Győri.

Le programme alternatif du BEE

Comme à son habitude, le Bureau européen de l'environnement (BEE) publie les dix priorités en matière d'environnement pour le semestre à venir. L'une des priorités de la fédération européenne d'ONG environnementales est l'établissement d'un agenda européen fort en matière d'économie d'énergie. Un sujet qui apparaît dans la stratégie proposée par la Commission européenne pour 2020 et que le Parlement souhaite voir traduit au travers d'une directive européenne rendant contraignant l'objectif de 20% adopté dans le cadre du paquet énergie climat. De même, la première priorité selon le BBE est l'établissement d'une feuille de route bas carbone pour 2050. La fédération attend que soit fixé un objectif contraignant de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre pour 2050.

De même la fédération appelle de ses vœux un verdissement de la PAC, alors qu'en novembre la Commission a publié sa communication sur cette réforme et que le Conseil a débuté les premières discussions sur le sujet. Il s'agit pour le BEE de verdir le premier pilier, constitué des aides directes et des mesures de soutien au marché, et de renforcer le second pilier, composé des mesures pluriannuelles de développement rural mises en œuvre par les Etats membres. L'objectif est de récompenser la prise en compte des biens publics par les agriculteurs.

S'agissant des OGM, le BEE demande la mise en place d'un moratoire tant que le système d'autorisation ne sera pas sérieusement renforcé. En matière de déchets, la fédération souhaite que des objectifs ambitieux soient établis pour inverser les tendances actuelles en matière de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), qualifiées de non soutenables. Enfin, le BEE voudrait que l'Union établisse une stratégie solide permettant d'éradiquer l'usage du mercure.

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