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Présidentielle : que proposent les candidats pour soutenir les énergies renouvelables ?

Lors du colloque du SER, cinq candidats à la présidentielle ont dévoilé leurs engagements politiques en faveur des renouvelables et leur niveau d'ambition par rapport aux objectifs fixés par la loi de transition énergétique.

Energie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

En pleine campagne des élections présidentielles, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) interpelle les candidats pour confirmer dans leur mandature la trajectoire fixée par la loi de transition énergétique et ses objectifs déclinés dans la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). La part des énergies renouvelables (EnR) devrait passer de 15% en 2014 à 23% de la consommation finale d'énergie en 2020 puis 32% en 2030. Les EnR devront représenter, en 2030, 40% de la production d'électricité, 38% de la consommation finale de chaleur, 15% de la consommation finale de carburant et 10% de la consommation de gaz.

 
Le PS absent Le porte-parole du candidat socialiste Benoît Hamon était absent du colloque du SER. M. Hamon vise dans son programme 50% d'énergies renouvelables en 2025. Il prévoit notamment de créer une aide pour permettre aux citoyens de s'équiper en matériel de production d'énergie renouvelable domestique. Il prône aussi un Etat stratège en "faisant d'EDF un pilier de la transition énergétique. En tant qu'actionnaire principal, l'Etat poussera EDF à renforcer ses recherches sur la production et le stockage d'énergies renouvelables".
 
Le SER a publié un livre blanc demandant la mise en place d'un cadre réglementaire et économique stable et prévisible "pour préserver et renforcer la visibilité" des filières. A son colloque annuel à Paris le 31 janvier, Jean-Louis Bal, son président, a réitéré son appel devant Yannick Jadot, candidat d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et quatre représentants des principaux candidats.

Maintenir les outils incitatifs comme les tarifs d'achat et les compléments de rémunération, ou encore le calendrier programmant les appels d'offres, fixer un prix de la tonne au CO2 "pour tendre vers les EnR", réduire les délais d'instruction des dossiers et traiter "plus rapidement les recours" pour la création des parcs mais aussi soutenir l'innovation "et les champions industriels" du secteur sont les principales mesures énumérées par M. Bal, invitant les candidats à répondre sur leurs engagements.

100% d'ENR en 2050, "utopique" ?

Les objectifs de la loi ne font pas l'unanimité chez les cinq candidats. Le physicien Jean-Marie Brom, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) reconnaît que des objectifs ont été fixés mais déplore que "les moyens d'y arriver ne sont pas clarifiés". M. Mélenchon prévoit d'aller plus loin en visant 100% d'énergies renouvelables dans le mix énergétique à l'horizon 2050, par la sortie du nucléaire. Le mix repose "sur un gisement solaire important, de géothermie pas négligeable et de biomasse quasiment pas exploité. Aujourd'hui, il nous faut aller plus vite et plus loin !", a déclaré M. Brom. Et d'interpeller la salle : s'il s'agit d'une "utopie ?", les études de l'Ademe ou de négaWatt sur une France 100% renouvelable en 2050 donnent "indications", a-t-il souligné.

Le candidat écologiste est, sans surprise, plus ambitieux et vise 40% d'EnR dans le mix en 2030 puis 100% en 2050 "en les associant à des économies d'énergies". Yannick Jadot réclame également une sortie du nucléaire en 2035. "La transition énergétique, ce n'est pas que le climat et réduire le risque nucléaire. C'est aussi relocaliser l'économie (…) et des citoyens acteurs de la transition énergétique", a-t-il indiqué.

Le nucléaire, "notre histoire"

La loi de transition énergétique prévoit de réduire à 50% la part du nucléaire d'ici 2025. Le député de la Meuse Bertrand Pancher, porte-parole de François Fillon (Les Républicains) réaffirme, lui, que cet objectif "n'est pas tenable". Le candidat de la droite propose de prolonger la durée d'exploitation des réacteurs de 40 à 60 ans et de stopper la fermeture de la centrale de Fessenheim (Alsace).

"Il ne faut pas imposer de nouveaux objectifs. Il faut tenir les existants au niveau national en prenant en compte notre histoire, notamment la présence du nucléaire", a souligné M. Pancher. Il appelle également à s'engager sur "des volumes" pour l'électricité et la chaleur renouvelable : "Il faut mettre en ligne 1,5 GW (gigawatts) d'électricité renouvelable chaque année au minimum et arriver à 200 millions d'euros par an dans le fonds chaleur".

L'économiste Philippe Murer, porte-parole de Marine Le Pen (Front National) estime aussi que l'on ne peut pas se passer du nucléaire. "La France émet le moins de CO2 des pays de l'OCDE", a-t-il rappelé. La candidate de l'extrême droite propose de moderniser et de sécuriser le parc nucléaire. EDF serait renationalisé et serait chargé de mettre en œuvre la transition énergétique. Du côté des renouvelables, trois priorités sont affichées : le solaire, le biogaz et le bois énergie. Le FN veut aussi soutenir la mobilité hydrogène. "Il faut développer les grandes énergies renouvelables dont la production est au même prix que les énergies fossiles", a précisé Philippe Murer. Il a toutefois pointé des "obstacles financiers" à lever qu'il chiffre à 1.600 milliards d'euros.

Renforcer les financements de l'Etat

"Les intérêts privés ne peuvent pas financer ces projets. C'est pourquoi il faut l'appui d'une Banque de France et d'un Etat stratège", estime M. Murer. "Il faut que la transition énergétique crée des emplois en France et favorise la croissance de nos entreprises".

Le représentant de Jean-Luc Mélenchon et l'écologiste Yannick Jadot ont insisté aussi sur la responsabilité de l'orientation des financements des politiques publiques : "Si la France est en retard sur ses objectifs renouvelables, ce n'est pas par hasard", a déploré M. Jadot. Ce dernier veut lancer un plan de 600 Md€/an financé par la banque européenne d'investissement (BEI) et les banques nationales, garanti par la banque centrale européenne, pour financer la transition énergétique, le numérique, les transports du quotidien et la santé.

Jean-Marie Brom (La France insoumise) prône, lui, un Etat "moteur". Il estime qu'il "faut repolitiser le sujet de l'énergie" et "le remettre dans le domaine public (…) au lieu du marché" et "ne pas le laisser aux sociétés privées". M. Mélenchon plaide pour 100 milliards d'euros sur cinq ans pour financer la transition énergétique et écologique.

De son côté, Arnaud Leroy, député des Français établis hors de France, porte-parole d'Emmanuel Macron (En Marche) a plusieurs fois appelé à "arrêter les stop & go" législatifs. Il propose un fonds pour l'innovation adossé à la Banque publique d'investissement BPI France et de renforcer le soutien aux pôles de compétitivité.

Bertrand Pancher (LR), estime qu'il est "nécessaire" de définir des volumes de commandes de renouvelables et des budgets "dès le début de la mandature". Le soutien public aux EnR via les tarifs de rachat est présenté par M. Fillon comme plus coûteux que les "55 milliards d'euros" nécessaires au grand carénage des réacteurs nucléaires. Ce dernier propose de mettre fin "progressivement" à la contribution au service public de l'électricité (CSPE), mécanisme de soutien aux EnR.

Fixer un prix carbone

Concernant le prix du carbone, M. Pancher plaide pour le fixer au niveau européen et élargir le marché de l'ETS. Arnaud Leroy (En Marche) propose une visibilité sur cinq ans sur le prix carbone dans la loi de finances. Jean Marie Brom (La France insoumise) veut, lui, rehausser le prix à 30 euros la tonne de CO2.

Réactions3 réactions à cet article

 

Bonsoir,
C'est finis le temps ou la France marché en avant. Si on veut être propre c'est ne pas tellement difficile. D'un coté on peut augmenter le prix du CO2 (depuis le temps qu'on parle n'est pas?)avec toutes les conséquences que cela produira vis à vis des autres pays. De l'autre coté, finir avec "l'Etat industriel" (actionnaire d'EdF par exemple) en faisons croire à la sécurité... car l'Etat est un piètre entrepreneur!!! Pour le reste il faut avoir l'espoir de faire passer les bonnes personnes, celles qui tiennent parole...

Maes | 01 février 2017 à 18h52
 
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Les politiques réduisent l'écologie aux problèmes énergétiques .
Ils ne peuvent jamais penser à la protection des animaux domestiqués ou sauvages ,pas davantage à la sauvegarde des paysages et des espaces naturels ,ni à l'inflation des zones commerciales hideuses à l'entrée des villes , ou aux lotissements déferlants, rien sur une agriculture repensée sans chimie .
En un mot ils sont obsédés par le nucléaire et oublient tout ce qui fait le cadre de nos vies .

sirius | 02 février 2017 à 10h12
 
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Sirius, je ne crois pas que les politiques réduisent l'écologie aux problèmes énergétiques. cependant ils en font l'enjeu majeur car, l'énergie est le MOTEUR de l'économie. Le rapport TEP/PIB de chacun des pays est quasiment une constante. Et c'est l'usage de l'énergie (bon marché mais polluante) qui permet une agriculture chimique (engrais de synthèse azotés, pesticides, ...).
Concernant "la sauvegarde des paysages et des espaces naturels , ni à l'inflation des zones commerciales hideuses à l'entrée des villes, ou aux lotissements déferlants, ", qui sont grave car ils impactent un deuxième enjeu majeur de la survie de l'Humanité qu'est la perte IRREVERSIBLE de la biodiversité. Le cadre de vie c'est important, mais nombre de ses dégradations (exemple zone commerciales hideuses ) ne sont pas aussi irréversibles que le changement climatique ou la disparition d'espèces. En outre les scenario de réduction des énergies fossiles et nucléaire proposent des pistes qui vont impacter favorablement ces dégradation de nos cadres de vie. Un exemple : d'un point de vue énergétique, les grandes surfaces sont abominables. Idem pour l'agriculture conventionnelle vs l'agroécologie. Idem les pavillons individuels vs des habitats plus collectifs (sans être des barres), . . .

Christophe Vieren | 02 février 2017 à 11h59
 
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