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L'écologie pointe son nez dans la primaire de la gauche

Une vingtaine de minutes ont été consacrées aux énergies renouvelables, au nucléaire et au diesel lors du débat. Deux camps se sont dessinés sur cette question, en fonction de la place accordée au nucléaire dans le mix énergétique.

Gouvernance  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
L'écologie pointe son nez dans la primaire de la gauche

Si les questions environnementales avaient été quasi-inexistantes lors de la primaire de la droite, elles ont en revanche été débattues par les candidats de la primaire de la gauche lors de leur deuxième débat ce 15 janvier.

La discussion, d'une vingtaine de minutes, s'est polarisée sur le nucléaire, les énergies renouvelables et l'avenir du diesel. Avec des questions posées par des journalistes qui semblaient loin d'être convaincus par l'importance stratégique des questions environnementales.

"Le choix des EnR, le choix des économies pour les Français"

Le débat a tourné sur la place accordée aux énergies renouvelables (EnR) et au nucléaire dans le mix énergétique, avec deux camps qui se sont dessinés. Ceux qui veulent aller de façon volontariste vers les EnR et la fin du nucléaire (De Rugy, Bennahmias, Hamon), Ceux, de l'autre, qui affirment aussi la nécessité de développer les EnR, mais qui optent pour un rythme moins rapide et ne veulent pas enterrer l'atome de sitôt (Montebourg, Valls, Peillon, Pinel).

François de Rugy apparaît le plus volontariste en la matière, affichant l'objectif de 100% d'électricité renouvelable en 2050, en se référant au scénario présenté par l'Ademe en avril 2015. Il fixe comme première priorité les économies d'énergie qui passent par la rénovation des passoires thermiques via des aides au diagnostic et aux travaux. "L'objectif est d'atteindre une baisse de 25% de la facture énergétique des ménages d'ici cinq ans", indique le député de Loire-Atlantique.

Benoît Hamon qualifie, quant à lui, de "grave erreur" l'assertion selon laquelle le mégawattheure nucléaire restera peu onéreux à l'avenir. L'ancien ministre estime que les coûts vont considérablement augmenter du fait des coûts de maintenance et de mise en sécurité des centrales nucléaires. Du même coup, il juge que "le choix des EnR est aussi le choix des économies pour les Français". Se basant sur les rapports de l'OCDE, il rappelle par ailleurs qu'à niveau de production énergétique équivalent, les EnR créent six fois plus d'emplois que le nucléaire.

Une question sociale sur laquelle Jean-Luc Bennahmias entend rassurer les salariés de la filière nucléaire, après avoir dénoncé la voie empruntée par EDF avec les EPR. "Tout ce qui se fait dans les EnR, ils sauront le faire", estime le président du Front démocrate. Ajoutant, à l'attention des salariés de La Hague, que plusieurs générations travailleront encore sur le démantèlement des centrales et la gestion de déchets radioactifs.

"Besoin du nucléaire pour réduire notre addiction au carbone"

Les autres candidats sont plus circonspects sur l'évolution du mix énergétique. "On a besoin du nucléaire pour réduire notre addiction au carbone", estime Arnaud Montebourg. L'ancien ministre de l'Economie souhaite traiter les problèmes l'un après l'autre, tout en se disant d'accord avec les propositions du Gouvernement actuel sur le développement des EnR. Une position proche de Manuel Valls mais aussi de Vincent Peillon sur ce point. "Il faut y aller doucement", estime l'ancien ministre de l'Education nationale. A défaut, ajoute-t-il en citant l'Allemagne, on risque de revenir aux énergies fossiles et d'augmenter nos émissions de gaz à effet de serre.

Encore moins défavorable au nucléaire, Sylvia Pinel juge que "les énergies renouvelables et le nucléaire sont complémentaires" et estime "très ambitieux" l'objectif de 50% de nucléaire dans la production électrique d'ici huit ans. L'ancienne ministre du Logement considère cette dernière énergie comme "un gage d'indépendance énergétique de la France". Une assertion qui a fait bondir François de Rugy, qui a rappelé que le nucléaire dépendait à 100% d'uranium importé de pays "peu fréquentables" comme le Niger ou le Kazakhstan. "Il ne faut pas avoir la main qui tremble sur ces questions", prévient Benoît Hamon car le lobbying de ceux qui veulent maintenir le parc nucléaire est puissant.

Mettre fin au diesel, une question de bobos ?

"Est-ce que mettre fin au diesel n'est pas une question de bobos ?", a interrogé, provocatrice, Ruth Elkrief. Une question à laquelle, de façon inattendue, Jean-Luc Bennahmias a répondu par l'affirmative compte tenu de la diésélisation du parc français. L'idée d'interdire le diesel à 2025 est intelligente pour les constructeurs, a toutefois estimé Jean-Luc Bennahmias. En attendant, il souhaite interdire ce carburant dans les grandes villes pour certaines voitures en aidant les plus pauvres à changer d'automobiles.

"J'ai engagé la convergence de la fiscalité sur l'essence et sur le diesel et il faut maintenir ce cap", a expliqué Manuel Valls. "Nous savons qu'à un moment ou l'autre, nous sortirons du diesel", a-t-il admis. Mais l'ancien Premier ministre a insisté sur la nécessité d'accompagner l'industrie automobile et les citoyens dans cette mutation.

La dimension sociale semble préoccupante pour Vincent Peillon. De 2012 à 2017, la fiscalité écologique a augmenté de 46% pour un ménage avec deux enfants qui effectue 50 pleins de diesel par an, alerte l'ancien ministre de l'Education. D'où sa volonté de prendre aussi en compte la fiscalité écologique dans le bouclier fiscal qu'il veut instaurer au profit des plus modestes.

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,
Encore et encore on débat sur les même sujets, même si on est un peu plus conscients du grand mensonge EDF/Areva, le Dieselgate et les phytosanitaires... entre autres. Aurait-il une vrai politique de rupture? A entendre les candidats éligibles, non! Alors que les politiques bananières à la Trump et que les dettes abyssales cumulés sans détour se cumulent par ces lobbies "qui gouvernent", nous sommes de plus en plus enterrés dans un sauve qui peut du quotidien sans penser un instant à obliger nos apparatchiks à faire au moins ce qu’ils promettent alors qu'on se targe de pays démocratique! STOP à l’hypocrisie galopante!

Maes | 17 janvier 2017 à 07h58
 
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Les politiques limitent sans cesse les problèmes écologiques aux questions énergétiques . Ils ignorent systématiquement tous les autres aspects :pollution des rivières et des mers,avenir du rail,
protection des paysages sort de l'animal ,il est vrai qu'il est difficile de s'en préoccuper quand on déclare aimer la corrida !,abus de la chasse, etc ,etc.
Ils n'ont ni sensibilité,ni intelligence écologique .

sirius | 17 janvier 2017 à 18h53
 
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