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Cancer et environnement : une nécessaire précaution

L'Afsset a rendu jeudi 2 juillet un avis et des recommandations sur les liens entre cancer et environnement. Selon l'agence, il faut sortir du débat liens avérés / liens débattus, pour appliquer, au-delà de la prévention, le principe de précaution.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Cancer et environnement : une nécessaire précaution
© Sebastian Kaulitzki
   
Les avis divergent. Si pour certains (l'Académie de médecine et le Centre international de recherche sur le cancer), la part des cancers attribuables à l'environnement n'est que de 1 %, pour d'autres elle est de 75 ou même 90 %... Pourquoi une telle différence ? Si les premiers ne prennent en compte que les risques avérés (amiante et mésothéliome par exemple), les seconds comptabilisent aussi les risques débattus, les soupçons. Pour Martin Guespereau, directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, très clairement l'environnement est un risque. Ceux qui estiment à 1 % la part attribuable à l'environnement dans les cancers considèrent les choses de manière étroite. Derrière ces 1 % de liens avérés entre environnement et cancer, il y a un grand nombre de cancers inexpliqués qui ont des sources croisées : l'environnement, la vieillesse, la génétique, la nutrition…
De ce fait, l'Afsset préfère ne pas prendre part à la bataille de chiffres et plaide plutôt pour appliquer, au-delà de la prévention, le principe de précaution. Il y a une incidence des cancers ces dernières années (depuis 1980, +35 % pour l'homme, +43 % pour la femme), notre rôle est de faire reculer ces chiffres. Nous avons très peu d'informations aujourd'hui sur les différentes interactions d'expositions et très peu de données à long terme. Nous devons donc accompagner la prévention de précaution. Aujourd'hui, la gestion des risques repose sur la notion de danger. Nous disons qu'il faut un changement de paradigme. La démarche réglementaire n'applique pas assez la précaution.

Risques avérés, risques débattus

Pour rédiger cet avis, l'Afsset s'est appuyée sur une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Neuf localisations tumorales ont été étudiées, celles dont l'incidence a le plus augmenté ces vingt dernières années : lymphomes malins non hodgkiniens (ganglions), cancers de la peau, du côlon, du poumon, du foie, du rein, de la thyroïde, et surtout de la prostate et du sein. L'étude visait à souligner le rôle avéré ou débattu d'agents physiques, chimiques ou biologiques, présents dans l'air, l'eau, les sols ou l'alimentation, dans le développement de ces cancers. Conclusion : la plupart des cancers ont une origine multifactorielle. Si certains agents présents dans l'environnement sont des cancérogènes avérés ou probables (amiante, radiations, métaux lourds…), pour d'autres, le caractère cancérogène est débattu (pesticides, pollution atmosphérique…).
Il ne faut pas attendre d'avoir la certitude qu'une substance est cancérogène pour agir. Dans certains cas, nous connaissons des substituts, il faut s'en servir, note Martin Guespereau.
Le dichlorométhane, par exemple, n'est pas encore classé cancérigène et est donc disséminé dans notre environnement (matières plastiques, parfums...) à raison de 11.000 tonnes par an. Faut-il attendre d'être sûr des effets de cette substance ou agit-on dès aujourd'hui ? questionne le directeur de l'agence.

Les recommandations de l'Afsset

L'agence recommande donc de diminuer les expositions aux agents cancérogènes avérés ou probables.
D'après cet avis, il faut renforcer les systèmes de surveillance sur les cancers en lien avec l'environnement, développer les études d'exposition… L'agence préconise un renforcement des études épidémiologiques, mais pas seulement. Il faut développer une approche socioéconomique : nous avons des choix collectifs à faire face à un certain nombre d'incertitudes. Les inégalités hommes – femmes, les inégalités sociales se traduisent souvent par une inégalité environnementale et sanitaire.
Les circonstances d'exposition et la multi-exposition doivent être également étudiées de près.
Pour l'agence, les actions de prévention, comme la substitution des agents, l'amélioration de la qualité des milieux… doivent être renforcées. La précaution doit s'appuyer sur le renversement de la preuve : la charge de la preuve d'innocuité des agents physiques et chimiques mis en cause doit incomber aux industriels et acteurs économiques.

Réactions6 réactions à cet article

 
Cancer du sein

De par mon entourage, je peux vous dire que le cancer du sein peut survenir chez n'importe quelle femme; le coté "social" ne rentre pas en ligne de compte!!!

Anananette | 09 juillet 2009 à 23h35
 
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Re:Cancer du sein

certes, car quelque soit son appartenance a tel ou tel "categories socioprofesisonnelle" une grande majorité des femmes utilisent.... des deodorants ! Bourré de substances dite CMR (cancerigenes et/ou mutagenes et/ou toxiques pour la reproduction)... preferez la pierre d'alun. 100% naturelle !

Zemu | 10 juillet 2009 à 12h06
 
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Re:Re:Cancer du sein

"100% naturelle" ! Et alors ?
La "naturalité" n'est en aucun cas une garantie d'innocuité. L'amiante est naturel, et l'homme a découvert (et utilisé) les poisons bien avant d'inventer la chimie de synthèse. Et, je vais être un peu provocateur, ne faudrait il pas se demander si l'augmentation de l'incidence des cancers n'est pas liée à la mode du retour au naturel qui semble faire de plus en plus d'adeptes ? Au fait, la pierre d'alun a-t'elle fait l'objet de tests pour détecter éventuellement ses propriétés CMR ? A t'elle été soumise aux dispositions de REACH ?

Calmos | 11 juillet 2009 à 12h13
 
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Re:Re:Re:Cancer du sein

Ok !! Je comprends que le terme "naturel" n'est peut etre pas suffisant.. Le petrole aussi est naturel, tt comme le cyanure, le plomb..etc .. vous avez donc raison sur le fait que le caractere naturel ne sous entendn pas forcement "innocuité". Par contre je ne peux qu'etre totalement contre votre deuxieme partie : "l'augmentation de l'incidence des cancers n'est pas liée à la mode du retour au naturel ". L'augmentation (en moyenne !) de 30% des cancers depuis 20ans ne peut evidement pas etre du a un retour au natuel. Ce "fameux" retour n'existe que depuis tres peu de temps, et est encore plus que minoritaire !! Il suffit de comparer la taille du biocoop "produits corporels" par rapport aux 10aines de pharmacies/parapharmacies et autres grandes surfaces remplis de deo (pour rester sur le sujet) 100% synthetiques. La pierre d'alun n'a certainement pas fait l'objet d'une etude sur ses propriete CMR en effet ! mais comme aucun autre produits d'ailleurs !! ils ne sont toujours que "suspectés" d'avoir des effets CMR. Qui a eu le temps l'argent et le courage pour mener une etude sur 20 ou 30 ans ?? personne..
Pour ceux qui est de REACH, si je me souviens bien cela ne s'applique qu'aux substances chimiques produites ou importées superieure a X tonnes par an. Cependant il existe, je crois, une sous categorie pour les produits cosmetiques. Donc peut etre qu'un jour MEME la pierre d'alun sera etudiée ! Mais a la vue de la quantité utilisée par rapports a d'autres substnaces, la pierre n'est suremement pas dans le peleton de tete des substances a tester !
Pour finir sur la pierre d'alun (non je n'ai pas d'actions
) son principal avantage reside dans l'absence de sel d'aluminium, pour ne parler que des ces substances la. Je suis toujours etonnée a la lecture des etiquettes des produits cosmetiques : Des tres nombreuses substances que nous manipulions avec bcp de precaution (gant, masque) en cours de chimie (suis biologiste de formation) se retrouvent dans ces produits... que l'on se tartine allegrement sur la peau (parfums, cremes solaires et autres, produits de coiffure...)

Zemu | 15 juillet 2009 à 12h32
 
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pierre d'alun

Petite rectification pour la composition de la pierre d'alun: elle est précisément constituée de sels d'aluminium,c'est un produit naturel connu depuis longtemps.

nadine | 16 juillet 2009 à 09h54
 
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pierre d'alun sans risque

Bonjour, je ne suis ni biologiste, ni chercheur, je cherche juste désespérément une réponse à la question suivante : est-ce possible que mes seins se mettent à gonfler douleureusement lorsque j'utilise la pierre d'alun?
En effet, il y a quelques semaines, j'ai échangé mon vieux déo (sans aluminim) pour une pierre d'alun 'naturel' (sel de potassium) et j'ai remarqué que mes seins me faisaient mal. J'ai cherché plusieurs causes, sans succès et finalement, j'ai arrêté, depuis une semaine, la pierre d'alun. Mes seins ont commencé à reprendre leur état normal ... est-ce seulement possible??
Merci de me répondre, si vous avez un avis plus éclairé que le mien.

fille | 21 juillet 2009 à 15h50
 
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