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Un prix carbone fort est nécessaire pour limiter la hausse des températures à 2°C

La mise en place d'un prix carbone fort dès maintenant est nécessaire pour réorienter les comportements des acteurs économiques en vue de respecter l'Accord de Paris sur le climat, estime une mission dirigée par Joseph Stiglitz et Nicholas Stern.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"Atteindre les objectifs fixés par l'accord mondial sur le climat tout en maîtrisant les coûts et en favorisant la croissance nécessite que les pays instaurent un prix du carbone fort, proche de 40 à 80$ par tonne de CO2 en 2020 et 50 à 100$ en 2030", estime la commission de haut niveau sur le prix du carbone, dirigée par les économistes Joseph Stiglitz et Nicholas Stern. Ces travaux ont été lancés en novembre 2016, dans le cadre de la coalition pour un prix au carbone, animée par la France et la Banque mondiale. Après avoir analysé les trajectoires technologiques et les stratégies d'atténuation nationales, la commission conclut que des niveaux de prix carbone élevés sont nécessaires à court terme pour enclencher les changements de comportements, de production et d'investissements nécessaires pour limiter la hausse des températures à 2°C. La trajectoire de la contribution carbone, fixée par la France à 56€ en 2020 et 100€ en 2030, se situe donc dans la fourchette haute de ces estimations.

Mais cela n'est pas suffisant : "Réduire les subventions aux combustibles fossiles est aussi une étape essentielle vers la tarification du carbone - en pratique, ces subventions ont le même effet qu'un prix du carbone qui serait négatif".

Un prix au carbone implicite et/ou explicite

La commission a passé en revue les différentes manières d'instaurer un prix carbone, explicite ou implicite. "Un prix explicite peut être mis en place sur les émissions de gaz à effet de serre par une taxe carbone ou un marché de quotas. La tarification du carbone peut également être mise en œuvre au moyen de prix notionnels intégrés dans des outils de financement, et des incitations pour les investissements et les comportements bas-carbone", explique-t-elle.

Dans un marché carbone, le niveau de prix de la tonne de CO2 n'est pas prévisible, puisque influencé par les niveaux d'activité économique ou encore le prix des énergies fossiles. Mais ces fluctuations peuvent être maîtrisées grâce à la mise en place d'un prix plancher ou, au contraire, en augmentant les droits d'émissions si jamais les prix s'envolent. "Ces mécanismes ont prouvé leur efficacité : les observateurs estiment que la baisse des émissions dans le système d'échange de quotas européens (-2,4% en 2016) a été principalement enclenchée par l'introduction d'un prix plancher par le Royaume-Uni, où un complément au prix carbone européen de 18£/tCO2 a permis de réduire les émissions des centrales au charbon de 58% en 2016". En France, un tel système avait été envisagé par le gouvernement, sur recommandation de la mission Mestrallet, avant d'être abandonné.

L'instauration d'une taxe carbone est plus facile, estime la mission, d'autant qu'elle peut être intégrée à des taxes existantes, comme l'a fait la France en instaurant une contribution carbone sur les taxes sur les produits énergétiques. L'avantage d'un tel système permet d'offrir une visibilité aux acteurs économiques puisque la trajectoire du prix carbone est fixée à l'avance.

Marché et prix carbone peuvent coexister dans un même pays, souligne la mission, de même qu'avec des prix carbone implicites, comme des normes d'émissions ou des incitations à réduire l'intensité carbone des processus de production. "Ces politiques créent une contrainte (et un coût) pour les acteurs économiques, elles sont parfois interprétées comme un prix implicite du carbone". Ces différents outils peuvent donc être utilisés en parallèle, note-t-elle, en fonction des contextes locaux.

Combiner différents outils

"La seule tarification du carbone peut ne pas suffire à induire des réductions d'émissions à la vitesse et à l'échelle requises pour atteindre l'objectif de l'Accord de Paris, et peut devoir être accompagnée par d'autres politiques bien conçues visant différentes défaillances de marché ou du gouvernement et d'autres imperfections", soulignent les économistes. D'autres politiques sont nécessaires, comme l'investissement dans les infrastructures publiques de transport et la planification urbaine, un soutien à la production d'électricité renouvelable, des normes d'efficacité énergétique, de gestion des terres et des forêts, l'investissement pour l'innovation et la découverte de nouveaux procédés et technologies, et des instruments financiers pour réduire les risques et donc le coût du capital investi dans les technologies et les projets bas-carbone.

Réactions2 réactions à cet article

 

Qui va dire la vérité ??? Le pape ?? Hulot ?? Quel président a le courage de dire que nous dépensons trop, que nous consommons trop, que nous gaspillons trop, au contraire, on achète le peuple avec des promesses de dépenses en plus...Le carbone est un marché diabolique, Serions nous sur cette terre la somme des inconscients, des irresponsables, des incapables à vivre autrement..Le climat est l'époux de la terre, la terre sans climat n'est plus rien..

agregat | 30 mai 2017 à 11h16
 
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Le problème principal est que la plupart des gens sont très réticents à changer de mode de vie. Leur petit confort passe avant la planète.Les gouvernements en quête d'électeurs ne veulent pas les contrarier, d'autant plus que ces mêmes gouvernements sont plus ou moins soumis aux lobbys qui poussent à toujours plus de consommation. C'est seulement lorsqu'il se produira des catastrophes majeures à l'échelle de la planète qui toucheront tout le monde, et non pas seulement quelques pays ou quelques classes(défavorisées) de populations, que les gens agréeront un mode de consommation différent. Pour le moment, seuls les moins égoïstes ou les plus conscients savent que le processus est irrémédiable.

gaia94 | 01 juin 2017 à 17h01
 
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