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Les producteurs de raisins de table déboutés face au MDRGF

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
La Fédération nationale des producteurs de raisins de table (FNPRT), qui avait assigné en janvier le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) pour ''dénigrement'' et réclamait à l'association 500.000 euros, a été déboutée le 10 février par le tribunal de grande instance de Paris, a annoncé le MDRGF dans un communiqué.

Cette plainte des producteurs de raisins de table était intervenue suite à la publication fin novembre 2008 d'analyses de résidus de pesticides dans des raisins de table vendus dans des supermarchés. L'étude, réalisée par plusieurs organisations écologistes* dont le MDRGF, révélait la présence de résidus de pesticides dans la quasi totalité des raisins de table prélevés dans 5 pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie et Allemagne), dont certains sont interdits dans l'UE. La FNPRT avait alors estimé que la présentation de l'enquête était ''tendancieuse'' et avait provoqué une baisse des ventes de raisin.

La Fédération a été déboutée hier et condamnée à 1 euro d'amende pour procédure abusive et à verser 2.000 euros pour les frais d'avocat, a précisé le MDRGF.

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Selon l'organisation environnementale, ''dans son jugement, le TGI reconnaît que le MDRGF s'est exprimé dans le cadre de ses statuts et de son rôle social en publiant les résultats d'analyses montrant la présence de résidus de pesticides dans des raisins vendus en supermarchés (…). Ce jugement reconnaît notre droit à parler de pesticides et de contamination''.

''Nous nous félicitons de ce jugement qui légitime totalement le travail du MDRGF et notre droit à réaliser et publier des résultats d'analyse de pesticides contenus dans des produits alimentaires. Il s'agit d'une victoire importante pour la liberté d'expression et pour les droits des contre pouvoirs en général dans ce pays. Cette tentative de procès baillons n'a pas abouti'', s'est réjoui François Veillerette, Président du MDRGF. ''Nous allons donc continuer sereinement à faire le travail que nos adhérents nous demandent de faire : à savoir informer sur la présence des pesticides dans l'environnement et l'alimentation et travailler à obtenir des législations plus protectrices de l'environnement et de la santé'', a-t-il ajouté.

L'organisation environnementale indique également ''se tenir à la disposition'' des producteurs de raisins de table ''pour travailler ensemble sur les techniques agronomiques qui permettront de concilier productions et préservation de l'environnement et de la santé, conformément aux objectifs du Grenelle de l'environnement''.

De son côté, la FNPRT a regretté hier dans un communiqué que ''le Tribunal de Grande Instance de Paris n'ait pas reconnu, dans son jugement, le préjudice causé à la filière du raisin de table français''. La Fédération souligne ''que les raisins de table de la filière française, qui représentent 20% des ventes sur le marché français, sont produits conformément à la réglementation nationale et européenne et sont en conséquence parfaitement propres à la consommation''.


* Legambiente en Italie, le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures en France, Milieudefensie aux Pays-bas, Levego Munckasoport en Hongrie et Greenpeace en Allemagne.

Réactions3 réactions à cet article

 
pesticides

génial, le formidable travail du MDRGF est reconnu, il est clair que l'agriculture intensive pose problème pour la santé humaine dans le long terme, aussi il faut espérer que ce jugement fasse prendre conscience qu'il est temps de changer les pratiques pour aboutir à un développement durable où tout le monde sera gagnant.

jean pierre | 12 février 2010 à 13h21
 
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Une belle avancée pour le bio

Face à la puissance politique, économique et procédurière des groupes agrochimiques et de la production agricole "chimique", la justice fait une oeuvre positive pour rééquilibrer le débat. L'ignorance volontairement organisée pour poursuivre l'aseptisation des sols, des plantes, des animaux et des êtres doit être combattue sans relâche et avec une extrême obstination. Comment parler de démocratie si l'on n'a pas des éléments d'information justes et précis pour comprendre le fonctionnement des acteurs de la filière alimentaire ? Trop de flous entourent encore la production agricole "chimisée". On peut toujours rire de la bio, et la dénigrer, mais on attend depuis longtemps un degré de transparence aussi élevé chez les tenants du "tout" chimique. Merci au MDRGF pour son action si salutaire. Sincèrement bravo Mr VEILLERETTE. C'est une oeuvre d'utilité publique. Le chemin sera encore long, mais l'aggravation des maladies, des allergies, des défaillances de santé démontreront le lien étroit qui existe entre la présence de pesticides dans les produits alimentaires et le développement de ces pathologies. Je fais un rêve : que l'agriculture chimique soit à l'échelle de l'histoire du monde une parenthèse aussi courte que possible, pour le bien de tous les êtres vivants. OUI, l'agriculture bio sera une condition pour l'avenir et la santé de l'homme.

Jérôme BERNARD | 13 février 2010 à 10h50
 
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et maintenant ?

Ne faut il pas attaquer les producteurs qui utilisent des produits interdits ?

collembole | 16 février 2010 à 14h58
 
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