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Les régions, inégales face à la production d'électricité

En France, cinq régions fournissent deux tiers de la production électrique totale. Cette situation est liée à la concentration historique des moyens de production nucléaire, hydraulique et thermique. Les EnR peuvent-elles changer cette tendance ?

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Pendant longtemps, la production d'électricité en France a été déployée de manière centralisée. Avec le Grenelle de l'environnement et le développement des énergies renouvelables, cette vision en passe d'être transformée : les collectivités territoriales peuvent jouer un rôle prépondérant dans la planification de la production. Avec les schémas régionaux climat, air, énergie (SRCAE) et les plans climat énergie territoriaux (PCET), les collectivités ont la possibilité de dessiner l'avenir énergétique à l'échelle locale. Mais leur point de départ n'est pas une feuille blanche : les régions doivent tenir compte du passé centralisé et de l'inégale répartition des moyens de production qui en a découlé.

Ainsi, onze régions métropolitaines (Rhône-Alpes, les régions du Nord-Est, celles du Sud- Ouest et du Centre-Ouest), concentrant les moyens de production nucléaires, thermiques et hydrauliques, produisaient plus qu'elles ne consommaient en 2009 (avec un taux de couverture de 109 % à 418 %, pour une moyenne nationale de 114 %), note le service de l'observation et des statistiques (SOeS) du ministère de l'Environnement, dans une étude sur la production électrique en région. En revanche, les autres régions dépourvues de centrales nucléaires et de grands barrages produisaient sensiblement moins qu'elles n'ont consommé, leur couverture s'étendant de 9 % à 52 %. Pour l'heure, la production d'électricité renouvelable hors hydraulique ne renverse pas la tendance, malgré un fort développement des moyens de production dans de nombreuses régions ces dernières années. "La production des trois filières électriques renouvelables hors hydraulique (éolienne, biomasse et photovoltaïque) est en plein essor, elle a presque triplé entre 2005 et 2009", précise le SOeS.

Une production électrique concentrée sur quelques régions

"La production et la transformation d'énergie sont inégalement réparties sur le territoire, en fonction des ressources : présence de fleuves pour le nucléaire, de dénivelés pour l'hydraulique, de forêts ou autres gisements pour le bois, de terres agricoles pour produire des biocarburants", note le SOeS.

Cinq régions, dont le Centre, la Haute-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine, produisent près de deux tiers de la production électrique française (522 TWh en 2009). La région Rhône-Alpes, riche en moyens de production nucléaires et hydrauliques notamment, produit à elle seule 20 % de la production nationale. La raison ? La forte concentration de la production nucléaire (70 % pour ces cinq régions) liée à la nécessaire proximité de fleuves (Rhône, Loire, Seine) pour assouvir les besoins en eau pour le refroidissement. "Ces mêmes régions abritent aussi la majeure partie des centrales thermiques à combustible fossile (excepté la région Centre). Avec Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Ile-de-France et l'outre-mer, elles représentent 83 % de la production totale des centrales thermiques françaises en 2009 (57 TWh)", indique le SOeS, qui explique cette concentration géographique : "Historiquement, ces régions étaient dotées de mines de houille, ou approvisionnées en charbon ou en fuel ainsi qu'en eau de refroidissement grâce à un fleuve, à une rivière ou à la mer. En outre, ces régions qui comptaient une forte population et qui abritaient de grands bassins industriels, avaient d'importants besoins en électricité".

Enfin, 83 % des 63 TWh produits en 2009 par le parc de production hydroélectrique provenaient de quatre régions : Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Alsace.

Les énergies renouvelables pour compenser ?

Les énergies renouvelables pourraient-elles rééquilibrer la donne ? Pour l'instant, leur déploiement est concentré sur quelques régions. La production éolienne (8 TWh en 2009) et photovoltaïque (0,2 TWh) "provient majoritairement de cinq à six régions qui représentent respectivement 63 % à 65 % de leur filière". Mais ces régions ne sont pas forcément les plus riches en énergies traditionnelles.

   
Électricité renouvelable hors hydraulique : évolution de la production nette entre 2005 et 2009 et production nette par filière et par région en 2009
 
   

La Picardie, le Centre et le Languedoc-Roussillon ont une production d'électricité hors hydraulique supérieure à 1 TWh. "Ces régions très peu pourvues en hydraulique (excepté le Languedoc-Roussillon) parviennent ainsi à produire un volume d'électricité renouvelable de plus en plus significatif". La Bretagne, la Lorraine, le Centre et la Picardie ont vu un accroissement des productions hors hydraulique de 0,7 à 1 TWh entre 2005 et 2009. En revanche, l'Alsace, la Corse et le Limousin "sont restés à l'écart de tout développement sur la période considérée".

Fin 2010, la Champagne-Ardenne, la Picardie, la Bretagne, le Centre et la Lorraine concentraient 57 % des capacités éoliennes raccordées. La Bretagne, par exemple, largement déficitaire en matière d'énergie (elle a produit pour la première fois en 2011, 10 % de sa consommation), compte 87 % d'énergies renouvelables dans sa production électrique (éolien et énergie marémotrice).

La production d'électricité à partir de biomasse est quant à elle concentrée sur 8 régions métropolitaines et dans de nombreux départements d'Outre-mer. L'Ile-de-France représente 20 % de la production métropolitaine.

En revanche, "la répartition géographique du photovoltaïque est relativement plus équilibrée que celle de l'éolien, même si les sept régions principales, qui sont aussi les plus ensoleillées, couvrent fin 2010 60 % des capacités installées. Toutes les régions y compris les DOM et les régions du nord moins pourvues en soleil connaissent un certain engouement pour cette nouvelle filière".

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