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Report de la programmation énergétique : les réactions se multiplient

Le report de la programmation pluriannuelle de l'énergie d'ici cet été est dénoncé par de nombreux acteurs. Seul le secteur des énergies renouvelables est satisfait car un projet d'arrêté fixe des objectifs pour chaque filière à 2018 et 2023.

Energie  |    |  Actu-Environnement.com

Alors que les discussions autour de la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) s'embourbent, le gouvernement a souhaité avancer sur la partie la plus consensuelle : les énergies renouvelables. En lieu et place du décret sur la PPE tant attendu, il a soumis aux parties prenantes un projet d'arrêté modifiant la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) publiée en 2009… Celui-ci fixe les puissances des installations de production d'électricité et de chaleur renouvelables à 2018 et 2023. Le Conseil supérieur de l'énergie (CSE), réuni demain, doit se pencher dessus.

Visibilité et sécurité pour les EnR

Le projet d'arrêté prévoit notamment de doubler le parc éolien d'ici 2023 et de tripler le parc photovoltaïque. "Nous sommes très contents. Cela donne la visibilité et la sécurité juridique que nous attendions pour les énergies renouvelables, réagit Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui a prévu de voter ce texte au CSE. Nos réserves portent sur les énergies marines renouvelables et notamment l'éolien posé". La proposition de nouvelle PPI fixe un objectif de 3.000 MW pour l'éolien posé pour 2023, soit rien de plus que ce que prévoient les trois premiers appels d'offres. Le SER va donc proposer au CSE un objectif plus ambitieux : jusqu'à 12.000 MW d'éolien en mer en 2023. Un avis partagé par Patrick Decostre, vice-président de France énergie éolienne (FEE) qui plaide pour rehausser les objectifs pour l'éolien offshore mais aussi terrestre. "Cette PPE n'est pas assez ambitieuse. Dans le premier projet de PPE, l'ambition pour l'offshore était d'atteindre en 2030, les objectifs fixés à 2020 précédemment", indique-t-il. "Seul un objectif compris entre 24 à 27 GW d'éolien terrestre en 2023 permettra de respecter les engagements pris dans le cadre de la loi de transition énergétique", ajoute-t-il.

Mais le collectif des acteurs en transition énergétique, qui réunit plus de 200 organisations (associations, syndicats, entreprises et collectivités), déplore que seuls les objectifs EnR figurent dans le projet d'arrêté. La loi de transition énergétique, qui a instauré le principe de PPE, prévoit que celle-ci soit beaucoup plus large et trace les trajectoires d'évolution de toutes les sources d'énergie. Fixée par décret, elle doit couvrir deux périodes, 2016-2018 et 2019-2023, et contenir plusieurs autres volets : sécurité d'approvisionnement, baisse de la consommation d'énergie primaire en particulier fossile et de la part du nucléaire, amélioration de l'efficacité énergétique, réseaux et stockage, réduction des prix de l'énergie.

Feuille de route sur le nucléaire avant le 1er juillet

La PPE "complète" était attendue pour fin 2015. Elle devrait être présentée au comité de suivi de la PPE avant cet été. Une information confirmée par la ministre de l'Environnement Ségolène Royal ce jeudi 14 avril à l'AFP. Selon elle, le gouvernement présentera une feuille de route sur le nucléaire "au plus tard le 1er juillet" qui fournira "une fourchette du nombre de réacteurs à fermer", en "fonction de différents scénarios".

Les ONG environnementales et le syndicat CFDT regrettent que la question du nucléaire ne soit pas réellement tranchée dans cette PPE, mais dans la suivante à compter de 2019. "C'est dans la seconde période de la PPE, entre 2019 et 2023, qu'il va falloir prendre des décisions, avec l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en fonction du développement constaté des énergies renouvelables et de l'évolution de la demande en électricité", a expliqué Ségolène Royal, au quotidien Le Monde.

Anne Bringault, coordinatrice sur la transition énergétique pour le Réseau Action Climat (RAC) et le Cler, rappelle que la PPE est basée sur des scénarios de consommation d'énergie, intégrant des objectifs de baisse prévus dans la loi. La part du nucléaire dans la production d'électricité devra être réduite à 50% à l'horizon 2025 contre 77% en 2014. "Sans orientations sur l'évolution de la consommation et sur les autres sources de production, le nucléaire et les énergies fossiles, les objectifs d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique resteront des vœux pieux", prévient Mme Bringault. La PPE "devra chiffrer la surcapacité nucléaire pour donner le cap à suivre et permettre à EDF d'avoir des éléments pour publier son plan stratégique six mois au plus tard après la publication de la PPE", ajoute Maryse Arditi, chargée des dossiers Energie chez France Nature Environnement (FNE).

Accroître l'efficacité énergétique et les mobilités douces ?

De son côté, Joël Vormus, coordinateur de la coalition France pour l'efficacité énergétique, déplore "l'absence de visibilité" de la maîtrise de la demande en énergie d'ici 2030. La loi de transition énergétique soutient le développement d'une économie efficace en énergie notamment dans les secteurs du bâtiment, des transports et de l'économie circulaire. Or, "les réformes nécessaires en matière de financement de l'efficacité énergétique s'inscrivent sur le long terme et nécessitent de s'appuyer sur des scénarios de consommation d'énergie solides de manière à calibrer le plus finement possible les outils et les circuits financiers", alerte M. Vormus. Selon lui, la France pourrait rater son objectif d'accroître de 20% l'efficacité énergétique pour 2020, prévue par la directive européenne de 2012.

Quant à Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH), il attend de la PPE "un abandon progressif des biocarburants de 1ère génération, comme le demandait le Conseil économique, social et environnemental dans son avis sur la loi". Le projet d'arrêté sur les EnR fixe en effet des objectifs d'incorporation de biocarburants avancés dans les carburants essence et gazole pour 2018 et 2023. Selon la loi, les EnR doivent représenter 15% de la consommation finale de carburant en 2030.

Denis Voisin déplore "l'importance donnée à la voiture" au détriment d'une stratégie de développement de la mobilité propre. "Cette stratégie devrait être accompagnée du lancement d'un nouvel appel à projets pour soutenir les collectivités dans le développement des transports collectifs en site propre et d'un premier appel à projets dédié aux mobilités actives comme le vélo", selon lui.

Rachida Boughriet et Sophie Fabrégat

Réactions3 réactions à cet article

 

Malgré ou à cause des élus éGologistes nuisant à l'image des militants écologiques de terrains le vieux nucléaire a encore un bien trop bel avenir devant lui

Sur la planète entière, l'éolien est de plus en plus contestable et l'article du Canard enchaîné de cette semaine est très instructif d'autant plus qu'il se passe la même chose en Allemagne. L'éoliennophilie doit pouvoir se soigner avant qu'il ne soit trop tard.

Il y a une recherche à faire et une expérimentation rapide pour ce qui est de la création d' un réseau de minibus ou mini-cars dans les nombreuses configurations géographiques rurales plutôt étendues afin de permettre de ne pas utiliser sa voiture ou faute de pouvoir encore conduire en toute sécurité à cause de son âge.

Sagecol | 15 avril 2016 à 10h03
 
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Que FEE soit satisfait on le comprend aisément. C'est le lobby même qui dicte la loi dans ce domaine.
On aimerait disposer de plus d'informations sur ce groupe de pression opaque mais efficace et ses rapports avec les parlementaires .

sirius | 15 avril 2016 à 15h45
 
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@ Sagecol
L'article du Canard enchaîné a été démenti.

Il est vrai qu'il faut développer les Enr Hydroliennes ou éolien offshore ou Aéroliènne.

ActiVE | 16 avril 2016 à 20h51
 
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