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L'INVS poursuit ses recherches sur les maladies professionnelles liées à l'utilisation des pesticides

Dans le cadre du programme MATPHYTO, l'INVS vient d'établir des matrices culture-exposition pour évaluer l'exposition des agriculteurs aux pesticides. Elles seront mises à disposition de l'ensemble des acteurs de la santé au travail.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
L'INVS poursuit ses recherches sur les maladies professionnelles liées à l'utilisation des pesticides
© INVS
   
Se situant au 2ème rang des utilisateurs de pesticides avec près de 100.000 tonnes utilisées chaque année, la France s'avère particulièrement concernée par les maladies professionnelles liées à l'utilisation de ces produits chimiques. La population exposée est très nombreuse : 664.000 exploitations agricoles, correspondant à une population active familiale de 1.155.000 personnes employant environ 154.000 salariés permanents. Pourtant la connaissance des voies d'expositions et des risques associés n'en est qu'à ses débuts.

Dans le cadre du projet « MATGÉNÉ », les instituts de recherche français et notamment l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) cherchent à associer chaque métier à un niveau d'exposition. L'ensemble des résultats est présenté sous forme de matrice emploi-exposition. Plusieurs matrices ont déjà été constituées pour les poussières organiques (cuir, farine, céréales) ou inorganiques (ciment, silice), les fibres (amiante, laines minérales, fibres céramiques) et les solvants pétroliers (benzène, carburants). Après plusieurs années de travaux, les pesticides ont eux aussi désormais leur matrice.

Au regard de la complexité des situations d'exposition dans le monde agricole, la réalisation de la matrice pour les produits phytosanitaires a nécessité la mise en œuvre d'un programme spécifique baptisé « MATPHYTO ». Dans les secteurs de l'agriculture, il existe en effet une spécificité forte en matière de risques chimiques due à l'emploi des pesticides. Ceux-ci représentent plusieurs familles chimiques extrêmement diversifiées en termes de molécules, types de risque pour la santé, types d'utilisation en fonction des cultures et des époques… Au final, un simple intitulé d'emploi en agriculture ne permet pas de distinguer suffisamment la grande variabilité des expositions selon le type de culture. L'INVS a donc procédé différemment et a mis au point non pas une matrice emploi-exposition mais une matrice culture-exposition.

Chaque matrice liste, pour les différentes cultures concernées, l'ensemble des pesticides susceptibles d'avoir été utilisés, accompagnés de trois indices d'exposition : la probabilité d'utilisation (% d'individus ayant utilisé la substance), la fréquence d'utilisation (nombre moyen de traitements sur une même surface agricole) et de l'intensité d'exposition (quantité moyenne appliquée à l'hectare). Le programme MATPHYTO vise dans un premier temps les principales cultures françaises (céréales à pailles, maïs, vigne).
Les matrices s'appliquent à l'ensemble des personnes directement concernées par la préparation ou l'utilisation des produits phytosanitaires dans un contexte agricole. Il s'agit des exploitants agricoles, des salariés agricoles et des aides familiaux (sujets non salariés mais participants aux travaux agricoles). Sont exclus de ce champ les personnels d'entreprises appelées à utiliser des pesticides hors d'un contexte agricole : SNCF, DDE, employés des parcs et jardins publics, etc. Ces métiers « non agricoles » seront pris en charge au niveau de leurs expositions dans le cadre d'un travail conjoint aux programmes MATGÉNÉ et MATPHYTO, afin d'harmoniser les évaluations en population générale et en population agricole, en particulier en ce qui concerne les niveaux d'exposition.

Les matrices seront mises à disposition de l'ensemble des acteurs de la santé au travail et du milieu agricole. Il s'agit par exemple d'équipes de recherche étudiant des liens possibles entre les pesticides et certaines pathologies ou bien des médecins qui sont sollicités pour des reconnaissances de maladies professionnelles.
Les applications de ces matrices permettront de décrire la prévalence des expositions, d'aider à l'identification des expositions professionnelles passées pouvant être utile à la prise en charge médico-sociale ou encore d'aider à l'évaluation individualisée des expositions lors d'études épidémiologiques.

À partir des matrices, les sujets potentiellement exposés pourront être identifiés et étudiés afin d'évaluer l'impact de cette exposition sur les cancers.

Réactions2 réactions à cet article

 
polluants chimique

On ne parle pas ici des riverains, des nappes phréatiques ni méme des citadins chez lesquels on retrouve des doses de pesticides parfois importantes comme le ddt pourtant interdit depuis de nombreuses années!!! La pollution n'a hélas pas de frontieres .Commençons par employer le vocabulaire adéquat, pesticides ,herbicides etc et non produits phytosanitaires ou encore mieux institut de protection des plantes pour des organisations qui sont avant tout la principale cause de pollution de nos campagnes.

lg | 17 juillet 2008 à 17h32
 
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Re:polluants chimique

On pourrait effectivement parler des riverains et des citadins qui de par leur méconnaissance ont utilisé et utilisent encore les produits phytosanitaire pour les plantes à des doses 100 fois supérieures à la dose recommandée et utilisée par les agriculteurs qui eux seuls sont contrôlés.

Il est assez surprenant de voir que l'on attribue la pollution liée aux phytosanitaires uniquement aux agriculteurs et que l'on ne se préoccupe jamais du comportement des riverains ni des citadins alors qu'ils sont beaucoup plus nombreux et trsè directement exposés car il n'on aucune idée des conséquences.

Je n'ai encore jamais observé que des stages de formation à la sécurité sanitaire (c'est à dire à l'utilisation des médicaments pour les plantes ) aient été réalisés pour les citadins.

Messieurs du Grenelle voila une piste d'amélioration

Lorsqu'on utilise un produit phytosanitaire, il s'agit bien d'un médicament pour les plantes qu'il soit fongicide, insecticides,acaricide...ces produits sont utilisés pour proteger la culture chez un agriculteur, ou bien la production personnelle chez un riverain ou un citadin.

C'est du reste pas pour rien si aujourd'hui les produits vendus à des non agriculteurs ont une concentration 100 fois moins forte que les produits destinés aux agriculteurs.
Vous pouvez vérifier....

BS_vert | 26 juillet 2008 à 10h27
 
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