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La progression des renouvelables risque de connaître un ralentissement après 2020, selon l'AIE

Un rapport de l'AIE montre que si les renouvelables ont connu un fort essor, ce dernier pourrait être stoppé à moyen terme sur certains marchés en raison de l'instabilité du cadre réglementaire et politique.

Energie  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

Si les énergies renouvelables ont continué à accroître leur part dans le mix énergétique en 2013, elles devront toutefois à moyen terme faire face à une période de transition, en l'absence de cadre politique fort selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Dans son analyse rendue publique le 28 août, elle montre ainsi que l'éolien, le solaire et l'hydroélectricité ont atteint près de 22% de la production mondiale d'électricité (près de 5.070 TWh) à un niveau comparable à celui du gaz naturel.

"Ce résultat découle à la fois de la progression vigoureuse des renouvelables mais également de conditions économiques difficiles pour la production de gaz dans de nombreux pays membres de l'organisation de coopération et développement économique (OCDE) en 2013 et d'un accès restreint à un approvisionnement en gaz abordable pour les autres", explique l'AIE. Cette montée en puissance de la production mondiale d'électricité issue des renouvelables devrait continuer à s'accentuer pour atteindre près de 26% de la production totale d'électricité d'ici 2020.

D'une manière plus détaillée, la puissance hydraulique s'est élevée en 2013 à 41 GW, la capacité photovoltaïque (PV) a atteint les 39 GW (tirée par la Chine et le Japon), l'éolien terrestre quant à lui est descendu à 34 GW (baisse des nouvelles capacités aux Etats-Unis en raison de l'incertitude du renouvellement des dispositifs incitatifs fiscaux fédéraux fin 2012).

De moindre ampleur, le solaire thermique reste cependant à son niveau de 2012 et l'éolien offshore a été déployé à son plus haut niveau, grâce au lancement de plusieurs projets de grande envergure. La production mondiale de biocarburants a pour sa part augmenté de près de 7% en 2013 pour atteindre plus de 115 milliards de litres.

La consommation mondiale d'énergies renouvelables pour le chauffage, à l'exclusion de la biomasse, a augmenté de près de 2% en 2013 (14,5 exajoules (EJ)) mais ne représente que 8% de la consommation mondiale.

Une incertitude du cadre politique et réglementaire

Toutefois, selon l'AEI l'élan pourrait être stoppé. "Au moment où les énergies renouvelables deviennent une solution à prix concurrentiel dans un nombre croissant de cas, l'incertitude du cadre politique et réglementaire augmente également sur certains marchés clés, a constaté Maria van der Hoeven, directeur exécutif de l'AIE. Or elles ont besoin d'un contexte stable qui assure un retour sur investissement raisonnable et prévisible pour les investisseurs. Cela implique une réflexion sérieuse sur la manière d'atteindre un mix énergétique mondial plus durable ".

Dans la zone OCDE, la croissance des énergies renouvelables a été alimentée par un fort soutien politique pour la décarbonisation, une volonté de diversification du mix énergétique et un désengagement des centrales électriques conventionnelles.

Les marchés de l'énergie peuvent désormais se distinguer en trois catégories, selon l'AEI : les systèmes dynamiques avec une demande croissante et de nouveaux besoins de production ; les stables avec un ralentissement de la demande et une surcapacité ; et le troisième avec une croissance lente de la demande, mais un besoin de remplacement de capacités (diversification du mix).

Ainsi les marchés dynamiques (par exemple le Chili, le Mexique, la Corée et la Turquie) ont de bons potentiels de déploiement des renouvelables, mais doivent notamment faire face à un manque de financement. D'autres, par exemple, les Etats-Unis, le Japon, certains marchés européens ont désormais besoin d'un cadre réglementaire stable.

"D'une manière générale, pour soutenir le développement des renouvelables, il faudrait relever certains des défis (…) ressouder les incertitudes politiques de certains marchés ; la mise en œuvre de cadres politiques stables et durables ; davantage de mesures pour intégrer les énergies renouvelables intermittentes; des tarifs d'électricité appropriés pour la répartition des coûts et des avantages liés à la croissance rapide du solaire photovoltaïque ; et la diminution des coûts de production des renouvelables plus rapidement", liste l'AEI.

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