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Le projet Métal élargit son périmètre pour recycler encore plus d'aluminium léger

Après une première phase de modernisation de 12 centres de tri, le projet Métal voit plus loin pour que 10 millions d'habitants puissent recycler leurs emballages en aluminium en 2017.

Déchets  |    |  Guillaume KremppActu-Environnement.com

"Un crime écologique et une absurdité économique". Gérard Miquel, sénateur socialiste du Lot, ne mâche pas ses mots pour qualifier le taux de recyclage de l'aluminium léger, évalué à 32%. Une piètre performance en comparaison à la moyenne globale des déchets ménagers, située autour de 67%. A cet égard, 2010 a été une année décisive. C'est à cette date que la première expérimentation française était mise en place pour collecter et valoriser les feuilles d'aluminium, gourdes de compote, bouchons et autres capsules de café. Le poids total des déchets en jeu : 60.000 tonnes par an.

Le cas des capsules de café a poussé l'entreprise Nespresso à investir, avec le Club du recyclage de l'emballage léger en aluminium et en acier (Celaa), dans des dispositifs de tri adaptés. Après trois années d'expériences concluantes, les acteurs lançaient le projet Métal. L'Association des maires de France (AMF) et l'éco-organisme Eco-Emballages l'ont ensuite rejoint. L'objectif pour 2017 : moderniser trois ou quatre centres de tri supplémentaires afin de permettre à 10 millions d'habitants de recycler 60% de leurs emballages en aluminium en France. L'occasion pour les parties prenantes de dresser un bilan des 12 centres d'ores et déjà équipés à la fin 2016.

Trouver l'équilibre économique

Les acteurs du projet Métal ont décidé de financer le recyclage des petits objets et emballages métalliques. Ainsi, l'éco-organisme Eco-Emballages rémunère les centres de tri et de recyclage 278 euros par tonne d'aluminium léger traitée. A cela s'ajoute une prime à la performance, pouvant monter jusqu'à 200 euros la tonne, et un investissement conséquent de Nespresso. Son fonds de dotation rémunère 300 euros la tonne valorisée. Ces aides sont nécessaires au développement de l'activité d'une filière encore récente. "Nous ne sommes pas encore à l'équilibre économique mais nous pourrions bientôt l'atteindre grâce aux améliorations technologiques et aux prochaines aides financières", affirme Martial Lorenzo, directeur général des services du Syctom, le syndicat chargé des déchets ménagers de l'essentiel du Grand Paris. L'aide versée par Eco-Emballages pourrait prochainement passer à 400 euros la tonne.

Les connaissances autour de cette filière sont en voie de développement. Ainsi, l'investissement moyen pour la modernisation d'un centre de tri reste encore flou. Pour Martial Lorenzo, "on oscille entre 80.000 et 250.000 euros par site en fonction de la complexité et la taille du dispositif". De toutes parts, on se veut rassurant quant au poids d'un tel investissement. Une brochure d'Eco-Emballages indique que "l'amortissement […] pour ce type d'équipements peut s'envisager dans des délais raisonnables". Arnaud Deschamp, président de Nespresso France, estime quant à lui que le problème n'est pas d'ordre financier. "Quand il y a des volumes, il y a des investissements", assure-t-il.

Mieux communiquer sur le tri

Le projet Métal ne saurait être viable sans se fonder sur des volumes importants de déchets à valoriser. Pour ce faire, "la communication auprès des habitants sur le recyclage des emballages est nécessaire", insistent les acteurs du projet. Le Celaa a ainsi constaté que le poids d'aluminium léger récolté augmentait de 20% suite aux campagnes de sensibilisation menées par les collectivités. Les appels téléphoniques ont permis de multiplier par deux la quantité d'emballages métalliques collectée dans le département du Lot.

Pour les cabinets d'étude Deloitte et Eurecka, engagés par l'Eco-organisme pour dresser un bilan et donner les perspectives du recyclage de l'aluminium léger, recycler 60% des emballages aluminium semble un objectif raisonnable. En amont, il faudrait que la communication incite chaque habitant à trier 10 cannettes et 50 petits emballages supplémentaires par an. Au niveau des centres de tri, les acteurs de la filière compte sur une amélioration des performances de tri pour atteindre 50% de captage des aluminiums légers dans les déchets collectés.

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