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Montagne d'Or : le projet pourrait se poursuivre avec des modifications

La Commission particulière du débat public a soumis des recommandations en cas de poursuite du projet d'exploitation aurifère dit Montagne d'Or en Guyane. Le ministre de la Transition écologique s'est quant à lui positionné pour sa révision.

Aménagement  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Montagne d'Or : le projet pourrait se poursuivre avec des modifications

"Le débat public a mis en évidence la profondeur de la fracture que celui-ci provoque au sein de la société guyanaise et l'existence de forces d'opposition particulièrement déterminées avec lesquelles l'industriel comme les autorités publiques devront compter en cas de poursuite", a souligné dans son compte rendu, la Commission particulière du débat public à propos du projet d'exploitation aurifère dit Montagne d'Or en Guyane. Alors que la compagnie minière, maître d'ouvrage du projet privilégiait une simple consultation préalable, la commission avait été saisie par l'association France Nature Environnement (FNE). Le débat public s'est ainsi déroulé entre mars et juillet 2018.

Le projet Montagne d'Or vise l'exploitation d'un gisement à ciel ouvert sur une superficie de 8 km². La récupération de l'or serait réalisée par un procédé par cyanuration en circuit fermé. Différents enjeux qu'il soulève divisent les protagonistes. Certains pointent la position du projet situé entre deux portions d'une réserve biologique intégrale, la taille et l'exploitation industrielle de ce dernier ainsi que les risques environnementaux et sanitaires associés. D'autres considèrent qu'il contribuerait à l'essor économique de la Guyane.

Confrontée à des tensions vives entre les différents acteurs, la Commission particulière du débat public a regretté le calendrier du débat, qui arrive, selon elle, trop tard ou trop tôt. " Le projet est déjà très finalisé, le maître d'ouvrage ne présentant aucune variante ou solution alternative, son projet, très contraint par des aspects économiques, offrant une très faible plasticité, et les possibilités d'amendements étant marginales, a-t-elle expliqué. Face à un projet déjà très élaboré, le public ne disposait ni d'étude d'impact ou équivalent ni de dossier très précis sur la gestion des risques".

Reprendre le projet d'une façon ou d'une autre

Le Gouvernement semble quant à lui à travers la voix du nouveau ministre de la Transition écologique pencher en faveur d'une poursuite du projet avec des modifications. "Le débat a montré que ce projet ne pouvait pas être mené tel qu'il avait été envisagé, il faudra le reprendre d'une façon ou une autre", avait indiqué au micro de France Inter, mercredi 5 septembre François de Rugy. Dans une interview donnée au journal Le Monde, publiée ce jour, il a confirmé être favorable à une révision "de fond en comble" et indiqué que la décision serait prise rapidement. "Mais nous serons respectueux des procédures et des élus locaux, a-t-il précisé. La Commission nationale du débat public vient de rendre un rapport, des données objectives doivent être prises en compte : des éléments de biodiversité, des éléments de pollution, des éléments énergétiques, économiques et financiers".

Dans son compte-rendu, la Commission a soumis différentes recommandations en cas de poursuite du projet. Elle souligne ainsi l'importance du respect des lieux de mémoire menacés de destruction par le projet. Elle préconise également que la compagnie Montagne d'Or améliore la transparence dans sa communication. "L'opacité que malgré les efforts fournis, certains reprochent encore à la compagnie minière, pouvant laisser place à toutes les suppositions", pointe-t-elle.

Autre progrès à accomplir : déterminer de façon précise et complète les mesures à prendre en matière de gestion des risques. "Cela valant également pour les services de l'État", ajoute la Commission particulière du débat public.

Elle estime que pour les points les plus sensibles liés aux projets, des alternatives devraient être testées. Parmi ces derniers figurent les risques liés au parc de résidus de traitement décyanurés. "Ne pourrait-il y avoir par exemple plusieurs parcs à résidus ?", propose la Commission.

Intégrer les recommandations du BRGM

Celle-ci dans le cadre du débat public avait également réalisé des expertises complémentaires sur le procédé de cyanuration et sur l'hydrogéologie du site. Les experts sollicités issus du BRGM avaient notamment indiqué que "le contexte guyanais démultiplie les risques de génération de solutions acides et, en l'absence de précautions, il existerait un risque d'écoulements continus chargés d'éléments métalliques gagnant le réseau hydrographique proche ou l'aquifère". Concernant la cyanuration, parmi les risques identifiés par les scientifiques interrogés figurent le transport du cyanure ainsi que l'importance du respect des procédures. La Commission espère que leurs mises en garde seront intégrées au projet.

"Donner aux solutions minimisant les risques et les impacts la préférence sur celles maximisant les profits, cela nous paraissant constituer un gage de pertinence de la notion de mine responsable", considère-t-elle.

La Compagnie minière dispose désormais jusqu'au 7 décembre 2018 pour indiquer les suites données à son projet.

Réactions2 réactions à cet article

 

Les recommandations ne s'attachent qu'à l'aspect financier du dossier . Une fois de plus on constate que l'écologie n' a pas droit de cité dans ce gouvernement . (l'affaire du contournement de Strasbourg le confirme) .

sirius | 11 septembre 2018 à 09h49
 
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Il est tout de même intéressant de s'attaquer aux dossiers d'extraction de minerais.
Pour information, rien que pour électrifier le parc roulant français comme cela a été décidé apparemment (autos, vélos...), nous aurons besoin, rien que pour la France, d'utiliser davantage que la totalité de lithium et de cobalt consommée mondialement...
Pour des belles autos nucléaires, comme préconisé par les zécolos.

Albatros | 11 septembre 2018 à 13h53
 
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