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Un projet de R&D d'agrocarburants de 2e génération est lancé dans la Marne

11 partenaires publics et privés s'associent pour concevoir et industrialiser une unité de production d'agrocarburants de 2e génération à l'horizon 2016. Construite dans la Marne, cette installation pourrait accueillir plusieurs types de biomasse.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Un projet de R&D d'agrocarburants de 2e génération est lancé dans la Marne
Plants de miscanthus, plante lignocellulosique d'intérêt énergétique
© INRA
   
Si les doutes se font toujours plus nombreux quant à l'intérêt des agrocarburants de première génération, un consensus semble en revanche émerger pour mener des recherches sur ceux de seconde génération. Contrairement aux agrocarburants utilisés à l'heure actuelle qui ne sont produits qu'à partir de certains éléments des plantes (graines ou tubercules), ceux de seconde génération peuvent être produits à partir de plantes entières. Il deviendrait alors possible de valoriser tous les déchets organiques et de dédier certaines cultures non alimentaires uniquement à la production de carburants. Théoriquement, les bilans énergétique et environnemental de cette filière seraient bien meilleurs et certains inconvénients reprochés aux agrocarburants de première génération comme la concurrence avec la production alimentaire, deviendraient caducs. Convaincu, le président de l'Institut Français du Pétrole (IFP) Olivier Appert, estime que d'ici à 2030, deux tiers des agrocarburants utilisés en Europe seront de seconde génération.

Afin de développer cette filière qui n'en est qu'à ses débuts, 11 partenaires publics et privés* se sont associés pour concevoir et industrialiser un système de production d'agrocarburants de seconde génération. Baptisé Futurol, ce projet s'inscrit dans le cadre du pôle de compétitivité à vocation mondiale Industries et Agro-Ressources (IAR) et durera huit ans.
Une première phase de cinq ans sera consacrée à la recherche à travers la réalisation d'un pilote puis d'un prototype industriel. Ce pilote devrait permettre de produire 500 litres d'éthanol par jour et sera construit à partir de l'automne 2008 sur le site de Pomacle dans la Marne au sein d'un complexe agro-industriel déjà existant. Les équipes de recherche auront donc à proximité plusieurs sources végétales utilisables pour leurs tests (pulpe de betterave, écorce de blé, tourteaux…).
Car l'originalité du projet consiste à concevoir un système capable d'accueillir n'importe quelle source de biomasse, aussi bien des déchets agricoles que des plantes entières, des déchets verts urbains ou encore du bois. Le projet a pour vocation de développer une filière de production pouvant être localisée presque partout dans le monde, alterner les matières premières utilisées selon les saisons et être mise en œuvre dans les usines de première génération. Le challenge est donc de mettre au point un procédé de fabrication flexible mais aussi efficace que possible avec tout type d'apport.

Les enzymes au coeur du projet

Pour produire des agrocarburants de seconde génération, deux voies sont possibles. La première, par voie thermochimique, consiste à produire un carburant de synthèse liquide à partir de la biomasse en la gazéifiant. La seconde vise à produire de l'éthanol à partir de végétaux dont on aura fait fermenter le sucre en alcool. C'est cette voie que le projet Futurol a choisi de développer. Par conséquent, l'enjeu sera de mettre au point des enzymes capables de digérer la lignocellulose (composant principal des végétaux) et de libérer le sucre puis de sélectionner les levures capables de le fermenter. Ces recherches sont au cœur même du projet puisque les enzymes et les levures sont à l'heure actuelle le frein le plus fort au développement de la deuxième génération.

Ainsi plus de 30 chercheurs et leurs équipes vont être mobilisés et travailleront sur ces enzymes, ces levures mais également sur les matières premières, le recyclage des co-produits, l'analyse du cycle de vie, etc. L'objectif sur le plan du bilan énergétique est d'arriver à un rapport de 9/1 soit de produire neuf fois plus d'énergie qu'on n'en utilise, contre un rapport de 2/1 pour les agrocarburants actuels, explique Marion Guillou, Présidente Directrice de l'INRA.
La validation du pilote à grande échelle sera réalisée par la suite grâce à un prototype 20 fois plus gros qui sera installé sur un site industriel du groupe Tereos. Une fois le procédé validé, celui-ci sera mis sur le marché sous forme de licence internationale. Le développement commercial et industriel est attendu à l'horizon 2015-2020.

Le montant total du projet s'élève à 74 millions d'euros dont 44,1 millions apportés par les partenaires financiers 30 millions par Oseo. 42% du budget seront consacrés à la R & D, 38% au pilote, 16% au prototype et 4% pour les frais de fonctionnement.


* Le projet est porté par le consortium Procethol 2G
Partenaires de recherche : ARD, IFP, INRA, ONF
Partenaires agro-industriels : Confédération générale des planteurs de betteraves, Champagne céréales, Lesaffre, Tereos, Total
Partenaires financiers : Crédit agricoles du Nord Est, Unigrains

Réactions8 réactions à cet article

 
2eme generation de subventions

Les autorités ne veulent pas revoir leurs objectifs a la baisse sur les agrocarburants (sous la pression des lobbys)ce n'est pas grave il faut donc boycotter cette filiére en refusant les agrocarburants au niveau individuel, s'il la demande n'existe pas l'offre s'éteindra(quoique, il serait capable de continuer a subventionner une filiére qui ne fonctionne pas ).On ne cherche encore une fois pas a travailler dans l'intérét général(planéte) mais uniquement pour l'intéret economique de quelques un....

lio | 15 septembre 2008 à 09h29
 
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Bravo à cette super initiative, mais...

Le Cahier des Charges de ce plan R & D de Futurol semble bien réfléchi ! ouverture et diversité max en optimisant ! positionnement et appui sur ressources de travail existantes. Très Bien, mais... Ce qui me chagrine c'est le timing qui demande à être accéléré! Plutôt que d'être tenté ou obnubilé (que) par du nombrilisme franchouillard, sachons être humble et (aussi) sachons demander gentiment en leur faire l'honneur d'aller les voir, ceux qui sur ces sujets ont l'air d'être bien ou en tous cas mieux avancés que nous autres...en Allemagne, aux USA, Canada, Israël, et autres.....+ renvoi d'ascenseur en temps voulu...
WANTED Enzyme glouton, etc...j'ai lû il y a peu que qqu'un avait trouvé l'un de ces fameux voraces sachant convertir les lignocellulosique....donc...Bonne chasse, Bonne chance et avant tout Bonne volonté de...A+ Salutations Guydegif(91)
-voir Enerzine au besoin-

Guydegif(91) | 15 septembre 2008 à 11h20
 
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Agrocarburants 2eme génération

bravo pour ce projet qui relie heureusement agriculture et industrie et accroit un peu plus notre indépendance énergétique.

pommier | 18 septembre 2008 à 07h21
 
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Oui, très bien, mais

2/1 pour la 1ère génération, objectif de 9/1 pour la seconde. Mais quel est le rapport actuel pour le pétrole ?

rené-pierre | 18 septembre 2008 à 12h14
 
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et les sols

je ne suis pas spécialiste dans le domaine.
en valorisant toute la plante cultivée, il n'y a plus de déchets végétaux au service de la reconstitution des sols. il n'y a plus de retours de carbone au sol?
n'allons pas vers une détérioration certaine des sols et un appauvrissement généralisé de ceux-ci avec les agro-carburants de seconde génération?
quelles sont les solutions à mettre en place pour éviter cela?
les amendements organiques à partir des déchets urbains et autres ne seront jamais à la hauteur?

freddo | 21 septembre 2008 à 01h53
 
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Re:et les sols

les amendements organiques à partir des déchets urbains et autres ne seront jamais à la hauteur?
Si on se donne les moyens d'en assurer la qualité, je pense que si, surtout vu les volumes et leur évolution.

Tombour | 26 septembre 2008 à 10h04
 
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Re: Bravo à cette super initiative, mais...

Je pense que la coopération ou au moins la veille sur les avancées des autres pays dans le domaine fasse partie du projet. A l'heure actuelle il n'y a plus de chercheurs qui ne fassent pas de veille sur leurs recherches, à l'heure d'internet et de la mondialisation...

Tombour | 26 septembre 2008 à 10h13
 
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Re:2eme generation de subventions

Je ne suis pas vraiment d'accord.
Redynamiser les secteurs agricoles des pays occidentaux, accroitre l'indépendance énergétique de chaque pays et se soustraire de la dépendance de pays de l'OPEP et diminuer les pressions géopolitiques de ces zones (Irak...) et favoriser un cycle court du carbone.
Bon je suis pour une intensification des réseaux de transports en commun (que j'utilise tous les jours pour aller travailler), pour les véhicules hybrides, efficace, à hydrogène ou accus... mais les agrocarburant ont également leur place dans la recherche.
Il faudrait surtout un équilibre entre les perspectives de résultat et les subventions allouées, c'est là que je m'interroge.

Par contre dans le projet décrit, une grande part de l'investissement provient de fonds privés, dont la recherche ne saurait se passer. Il faut aussi prendre ça en compte car si on orientait la recherche vers des voies qui n'intéresseraient pas des investisseurs privées, cela ne coûterait-il pas plus cher à la collectivité? Et une fois les résultats obtenus, à qui profiteront-ils ? Voilà les questions que je me pose ?

Tombour | 26 septembre 2008 à 10h23
 
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