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Pollution à l'azote : une étude européenne pointe du doigt la forte consommation de protéines animales

En Europe, la pollution à l'azote coûterait entre 70 et 320 milliards d'euros par an. Si les sources sont multiples, l'élevage est particulièrement pointé du doigt. Des chercheurs préconisent de réduire la consommation de protéines animales.

Biodiversité  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Pollution à l'azote : une étude européenne pointe du doigt la forte consommation de protéines animales
   

Cent cinquante à 740 euros… C'est en Europe le coût par personne et par an de la pollution de l'eau, de l'air et des sols due à l'azote, selon l'évaluation européenne pour l'azote (ENA), conduite par 200 experts de 21 pays et 89 organisations, et publiée le 11 avril.

Au total, le coût annuel des dommages causés par l'azote est compris entre 70 et 320 milliards d'euros à l'échelle européenne, ''soit plus du double des bénéfices résultant de l'utilisation de l'azote dans l'agriculture européenne''. Car l'agriculture est la principale source de rejets en Europe (engrais minéraux et effluents d'élevage). L'alimentation animale est particulièrement pointée du doigt dans cette étude (80 % de l'azote utilisé dans l'agriculture). Selon le coordinateur de l'ENA, Mark Sutton, ''près de la moitié de la population mondiale dépend des engrais azotés synthétiques utilisés pour la production alimentaire, mais des mesures sont nécessaires pour réduire les impacts de la pollution azotée. Les solutions incluent une utilisation plus efficace des engrais minéraux et organiques (fumiers, lisiers, composts, …) et des choix alimentaires visant à une consommation modérée de viande''. L'étude précise que la consommation européenne de protéines animales (produits carnés ou laitiers) dépasse de 70 % les recommandations nutritionnelles.

Une pollution aux impacts multiples

Les rejets d'azote dans l'environnement ont de multiples impacts sur l'environnement et la santé. C'est en listant ces impacts que l'étude a estimé le coût de cette pollution. Ainsi, l'ENA estime que 10 millions de personnes en Europe de l'Ouest consommeraient une eau dépassant le seuil autorisé de concentration en nitrates. Dans l'air, les rejets d'ammoniac et d'oxyde d'azote (agriculture, transport et industrie) augmentent les niveaux de particules, qui réduiraient de 6 mois l'espérance de vie en Europe centrale.

Utilisé pour augmenter les rendements agricoles, l'azote réactif apporté aux sols pourrait, à terme, acidifier les sols et provoquer des pertes de rendement agricole, de productivité des forêts et la libération de métaux lourds vers les eaux.

L'azote, transporté par les cours d'eau, est rejeté à la mer, causant le ''développement d'algues toxiques et de zones biologiquement mortes, particulièrement dans la mer du nord, l'Adriatique, la Baltique et les côtes bretonnes''.

Les dépôts atmosphériques d'azote réactif entraîneraient un déclin de la biodiversité (plus de 20 % de perte de diversité des végétaux). Enfin, ''les émissions de gaz à effet de serre depuis les sols représentent environ 4 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe, mais on observe d'autres effets réchauffant et refroidissant liés à l'azote''.

Sept actions clés pour limiter la pollution à l'azote

Pour limiter cette pollution, une approche intégrée est nécessaire, prenant en compte les différentes sources d'azote, note l'étude. Sept actions clés sont préconisées par les chercheurs, dont la plupart concernent l'impact agricole. Ainsi, il s'agit d'optimiser l'utilisation de l'azote des engrais minéraux et organiques via une meilleure gestion de l'azote et des technologies adaptées. Mais cette optimisation va de pair avec une limitation de la consommation de protéines animales.

L'efficacité doit être améliorée dans les transports et l'énergie, l'usage des énergies renouvelables doit être favorisé. Enfin de nouvelles technologies doivent être déployées dans la gestion d'épuration des eaux afin de mieux recycler l'azote et le phosphore.

Réactions5 réactions à cet article

 

Etre végétarien, c'est pas triste du tout et meilleur pour la santé quand c'est réfléchi et controlé

Surtout que, s'il y a de sympathiques plaisirs à retirer d'une assiette et de tous ceux autour de vous qui sont devant leur assiette, ce ne sont tout de même pas les plus agréables des plaisirs même physiques.

"Il y a le vital, le simplement normal (déjà quelque peu subjectif), le superflu (bien plus subjectif encore) et le luxe (sans commentaire). Et il y a près de deux milliards de Terriens qui ne disposent pas du vital, alors/parce que quelques millions de Terriens n'appellent pas le superflu par son nom"

Jean-Marie | 14 avril 2011 à 07h21
 
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Bonjour,
Merci pour cet article qui soulève des questions fondamentales: nos régimes alimentaires sont la cause de nombreux dégâts écologiques et il est temps de les intégrer dans la réflexion plus globale sur les mesures à prendre pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Au pays de la gastronomie il est souvent difficile d'aborder cette problématique car cela touche aux racines culturelles et sociales. Cependant, devant l'énormité de la catastrophe environnementale qui se déroule sous nos yeux, un changement de paradigme est nécessaire. Les pays occidentaux en particulier doivent réduire leur consommation de protéines animales, pour leur santé, leurs écosystèmes et leur sécurité alimentaire. Si nous réduisons notre consommation de viande, nous réduirons ainsi le nombre d'animaux d'élevage et donc les quantités astronomiques de céréales (notamment soja, maïs) pour les nourrir: ces quantités ainsi économisées pourront être utilisées directement pour les besoins alimentaires humains.
Il y a tant de bénéfices à une réduction de protéines animales qu'il est grand temps de passer à l'action. Le premier effort est personnel: en tant que consomm'acteur, nous avons le pouvoir de changer la donne. Bien sûr le politique doit aussi prendre ses responsabilités pour accompagner ce changement de cap.

Eco Bio | 14 avril 2011 à 12h10
 
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D'accord avec Ecobio sur la reduction de consommation de viande. Je ne suis pas végéarien et j'aime la viande mais depuis que j'ai été sensibilisé aux problèmes du Monde (consommation exagérée de cereales pour faire de la viande) je n'en mange que deux fois par semaine pas plus bien que j'aime bien cet aliment. Mais on s'habitue bien Apres avoir lu ce resumé je realise qu'en plus nous diminuons la durée de vie des européens d'environ de 6 mois. Il n' y a pas que le CO2 rajoutons les exces de proteines, les particules et NOx de voitures, et les pesticides (BOPHAL 20.000 morts ). Toutes les medias jouent l'émotion et la peur pour le très grave accident de Fukushima. Est ce la bonne methode pour changer de vie ? Ce ne sont pas seulement "les autres" c'est aussi "nous" Le public est il pret a assumer le programme d'économie d'énergie "crash" proposé par N.Hulot ? Plus on devient riche plus on a besoin de biens de consommation plus on a besoin de "postes" plus on a besoin de pouvoir d'achat, et plus nous devenons inquiets, c'est dans ce sens que nous avons d'abord à réfléchir ensuite à agir

FLEURENT | 15 avril 2011 à 19h25
 
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Je vais paraître inconoclaste, mais si vous connaissez quelqu'un qui connaisse quelqu'un ... etc. qui a été malade à cause des nitrates ... je voudrais bien le connaitre et cet individu devrait faire la première page de tous les journaux.
Les rejets d'ammoniac dans l'air par les élevages et par un usage inapproprié des engrais chimiques sont préoccupants et, en plus, ces rejets participent à la fabrication des nitrates eutrphisants.

dinocras | 16 avril 2011 à 13h56
 
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Il n'y a pas que la consommation animale qui est en jeu mais aussi, et l'article le mentionne, la gestion de l'épuration des eaux. L'azote (et le phosphore) sont absorbés par les végétaux et céréales que nous mangeons et nous les rejetons en quasi totalité dans nos excréments (10 g d'azote par litre dans l'urine !). On peut donc en pratique fertiliser notre agriculture avec nos rejets au lieu de les rejeter dans les cours d'eau dans lesquels ils fertilisent ... les algues ! L'installation de toilettes sèches participe à ce principe de réutilisation testé en plein champs dans plusieurs pays et qui fait l'objet de recherches scientifiques ... mais pas encore en France.

ECODOMEO | 13 octobre 2011 à 16h13
 
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