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Le Protocole de Kyoto fête son deuxième anniversaire

Le 16 février 2005, c'est-à-dire il y'a exactement deux ans, le protocole de Kyoto entrait officiellement en vigueur après son adoption le 10 décembre 1997 il y'a plus de 7 ans. Si la prise de conscience évolue, les actes restent encore trop timorés.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
Au cœur du Protocole de Kyoto se trouvent des objectifs juridiquement contraignants de réduction d'émissions pour les Parties : les pays industrialisés doivent réduire, entre 2008 et 2012, leurs émissions combinées de six gaz à effets de serre aux niveaux relevés en 1990. L'accord prévoit concrètement une réduction de 5,2% des émissions de CO2, CH4, N2O, HFC, PFC, SF6 entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990.
Les gaz à effet de serre sont rejetés essentiellement par la combustion des énergies fossiles, charbon, pétrole et gaz. Toutes les Parties ont des objectifs individuels de réduction qui sont listés dans l'Annexe B du Protocole.

En ce qui concerne l'Union Européenne, le protocole de Kyoto engage l'UE des 15 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport aux niveaux de 1990 au cours de la première «période d'engagement» (2008-2012). En vertu de l'«accord de partage de la charge», qui est devenu juridiquement contraignant pour les États membres lorsque l'UE a ratifié le protocole de Kyoto (décision 2002/358/CE du Conseil du 25 avril 2002), cet objectif est partagé entre les 15 États membres. Cet objectif peut être négatif (-21% pour l'Allemagne), nul (0% pour la France) ou positif (+15% pour l'Espagne). Les autres pays de l'UE des 25 se sont vus assignés chacun des objectifs de réduction de 6 % ou de 8 %, à l'exception de Chypre et de Malte auxquels aucun objectif n'a été fixé.

Tel qu'il a été signé en 1997, le protocole de Kyoto n'impose aucune mesure particulière aux pays en voie de développement pour ne pas entraver à leur croissance. Or depuis, certains d'entre eux comme la Chine et l'Inde notamment, présentent une très forte croissance économique et par conséquent des émissions de gaz à effet de serre exponentielle. À ce jour, 161 états dont 33 des 37 pays industrialisés et les grands pays émergents comme l'Inde, la Chine ou le Brésil ont, pour l'heure, ratifié cet accord international.

Toutefois, les Etats-Unis, responsables de 25% des émissions de dioxyde de carbone du monde, et l'Australie misent sur des accords plus ciblés et bilatéraux plutôt que sur un cadre international. Pourtant il apparaît indispensable que les États-Unis et tous les autres principaux émetteurs s'associent à ces efforts, a indiqué le commissaire européen, Stavros Dimas. La très grave menace que constitue le changement climatique concerne l'ensemble de la planète, et seule une solution mondiale permettra d'y répondre, a-t-il ajouté.

À l'occasion de ce deuxième, le commissaire européen, Stavros Dimas, a invité la communauté internationale à entamer rapidement des négociations en vue d'un traité général sur le changement climatique, qui succédera au protocole de Kyoto, dont l'expiration est prévue pour 2012. Le protocole de Kyoto est une première étape historique sur la voie de la limitation des émissions de gaz à effet de serre, mais des réductions beaucoup plus radicales s'imposent pour empêcher le changement climatique d'atteindre des proportions dangereuses qui auraient des conséquences économiques, sociales et environnementales considérables pour l'ensemble de l'humanité, a-t-il estimé. Pour lui, les pays développés devront réduire collectivement leurs émissions de 30 % d'ici à 2020, par rapport au niveau de 1990 tandis que les pays en développement devraient eux aussi, commencer à limiter l'augmentation de leurs émissions en fonction de leurs possibilités.
Cet objectif ambitieux est réalisable à un coût acceptable, mais il est surtout essentiel si nous voulons avoir une chance de limiter le réchauffement planétaire à 2°C au maximum au-dessus de la température de l'époque préindustrielle, a-t-il expliqué. Il s'agit du seuil au-delà duquel, selon les scientifiques, le risque de changements irréversibles et peut-être catastrophiques augmentera fortement. Pour le bien des générations à venir, nous ne pouvons pas nous permettre d'en arriver là.

Depuis l'entrée officielle du protocole de Kyoto, les choses ont bien changé : le changement climatique ne quitte plus le devant de la scène. La publication le mois dernier d'un rapport alarmant du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) qui prévoit une très forte augmentation des températures (4 à 6°C en plus) à la fin du siècle et la hausse du niveau des océans si les émissions de CO2 continuent à leur rythme actuel, semble avoir enfin réveillé les consciences.

Les Américains semblent plus sensibles qu'auparavant au discours sur les changements climatiques. Les démocrates, majoritaires au Congrès américain, souhaitent faire de cette question un thème majeur de leur politique. Des Etats comme la Californie et des Etats du nord-est souhaitent également légiférer et des entreprises américaines se mobilisent.
Des parlementaires de différents pays, dont la Chine, l'Inde et les Etats-Unis ont demandé la mise en place d'un marché mondial pour limiter et échanger les droits d'émissions de gaz à effet de serre, à l'image du système mis en place dans l'Union européenne et expérimenté en Californie et dans des Etats du nord-est des Etats-Unis. Je considère comme un signe encourageant que le système d'échange de quotas d'émission suscite aux États-Unis un intérêt croissant en tant qu'instrument décisif permettant de limiter les émissions de gaz à effet de serre, formule que nous appliquons déjà en Europe, a souligné le commissaire Dimas.

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