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Qualité de l'air dans le métro : Airparif salue le dispositif parisien, mais suggère des améliorations

Si le système de suivi de la qualité de l'air de la RATP demeure l'un des plus avancés au monde, l'association Airparif constate que les mesures mises en œuvre sont perfectibles et l'information mal diffusée.

Risques  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Qualité de l'air dans le métro : Airparif salue le dispositif parisien, mais suggère des améliorations

« Par comparaison avec les autres gestionnaires de métros souterrains, Paris dispose d'un des systèmes de mesure de référence les plus avancés au monde », atteste Airparif dans un rapport d'évaluation du dispositif de surveillance et d'information de la qualité de l'air de la RATP. L'association agréée de surveillance de la qualité de l'air (Aasqa) francilienne souligne néanmoins qu'il demeure perfectible.

Le réseau de gares souterraines gérées par la RATP dispose de cinq stations de mesure (réalisant des relevés en continu : aux stations de métro Franklin D. Roosevelt (ligne 1), Châtelet (ligne 4) et aux stations Auber, Nation et Châtelet-les-Halles sur le RER A. Ce suivi souterrain parisien, entamé en 1997, forme le réseau de surveillance de qualité de l'air de l'environnement souterrain (ou Squales) avec trois autres gares sous le giron de la SNCF : Sevran-Beaudottes (RER B), Avenue Foch (RER C) et Magenta (RER E). Les mesures (température, humidité, dioxyde de carbone, oxydes d'azote et particules fines de type PM10 et PM2,5) sont retransmises en quasi-temps réel seulement sur un site internet spécial. « Le réseau parisien présente des concentrations horaires ou journalières qui ne rendent pas totalement compte de la forte variabilité spatiale des concentrations observées sur le réseau, constate Airparif. L'information n'est pas, par ailleurs, facilement accessible. »

Plus de mesures, mieux diffusées

   
Concentration des particules PM10 du 10 au 12 juillet relevée par les stations de mesures du réseau Squales de la RATP. © RATP
 
   
Le rapport d'Airparif, commandé en janvier 2021 par la Région Île-de-France en réponse à une étude de l'association Respire, préconise une large palette d'améliorations pour optimiser l'efficacité et la pertinence de cette surveillance. En premier lieu, l'association suggère de mener des campagnes de mesures ponctuelles afin de classer chaque station en fonction de sa typologie et de ses niveaux de pollution et d'obtenir ainsi une base de données de référence à laquelle confronter les mesures en continu. « Cette information doit permettre aux voyageurs de connaître la qualité de l'air dans les stations dans lesquelles une surveillance permanente n'est pas mise en place, y compris dans les gares extérieures, dans lesquelles des concentrations de particules plus faibles sont attendues, pour fournir une information complète. »

L'association invite également la RATP à intégrer à ses mesures le suivi des concentrations de particules ultrafines (PUF, de type PM0,1), en particulier de particules métalliques et de la silice. Elle l'encourage par ailleurs à réaliser des campagnes de mesure avant et après l'installation de nouveaux dispositifs de freinage ou de ventilation. Airparif insiste sur le fait que toutes les données enregistrées par la RATP devraient faire l'objet de synthèses publiées régulièrement et complétées d'analyses reprenant les indicateurs de réduction de la pollution listés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

 
Un aperçu de la qualité de l'air dans le métro parisien En parallèle de son rapport sur le dispositif de surveillance de la RATP, l'association Airparif a effectué sa propre campagne de mesures dans deux stations parisiennes. En octobre et novembre 2021, elle a relevé les concentrations en particules fines (PM10 et PM2,5) et ultrafines (PUF) des gares de Châtelet (RER A) et École militaire (ligne 8) et les a comparées aux niveaux enregistrés par la station de référence extérieure, située dans le jardin des Halles. Résultat ? Les concentrations moyennes en PM10 et PM2,5 sont deux à trois fois supérieures en souterrain par rapport à l'extérieur. Si cette « problématique est connue dans les enceintes ferroviaires souterraines », la concentration des PUF, légèrement plus haute qu'à l'air libre, reste peu concluante. « La hausse du nombre de ces particules ultrafines en journée (est) certainement en lien avec le flux de trafic impactant l'air extérieur utilisé pour la ventilation de la station, explique Airparif. Cette source prédominante de particules ultrafines issues du trafic pourrait, en effet, masquer une source intérieure de PUF. »

 
Île-de-France Mobilités s'allie à Airparif

L'association francilienne veillera elle-même à la mise en place de ses recommandations. En mai dernier, Airparif a en effet noué un nouveau partenariat avec Île-de-France Mobilités, au sein d'un nouveau plan d'action de l'autorité régulatrice des transports en commun de la région. « La RATP s'engage à contribuer à leur mise en œuvre, dans le cadre du plan d'action adopté par Île-de-France Mobilités », confirme la régie parisienne. Cette collaboration ambitionne déjà d'établir une « cartographie unifiée » des niveaux d'exposition de toutes les gares et stations des réseaux RATP et SNCF. En outre, elle compte sur un relevé des concentrations de particules fines en sortie des systèmes de ventilation, en réponse, semble-t-il, d'un autre rapport de l'association Respire sur le sujet. La régie parisienne a prévu de renforcer ou de renouveler 340 ventilateurs souterrains d'ici à 2024.

Par ailleurs, Airparif collaborera également avec la RATP et la SNCF sur un retour d'expérience concernant les nouveaux systèmes de freinage, d'ici à la fin de l'année. Pour réduire les particules fines, la régie teste effectivement de nouvelles semelles de frein conçues par la société Wabtec et étendra bientôt le nombre de trains équipés de freinage électrique aux lignes 4, 11 et 14 du métro (en plus des lignes 2, 5 et 9).

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Votre conseil en droit de la Santé et de l’Environnement Huglo Lepage Avocats