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Qualité des eaux en Seine-Normandie : le bassin doit accélérer sur le chemin du bon état

L'agence de l'eau Seine-Normandie a brossé la situation de l'état des eaux sur le bassin depuis 2019. Parmi les points positifs : des stations de mesure qui passent dans le vert pour les eaux souterraines et un indicateur poissons stable.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Qualité des eaux en Seine-Normandie : le bassin doit accélérer sur le chemin du bon état

Des évolutions positives, mais toujours avec des éléments de préoccupation : c'est ce qui ressort du baromètre 2021 de la qualité des eaux sur le bassin Seine-Normandie.

L'agence de l'eau a présenté, vendredi 26 novembre lors d'une conférence de presse, les principales modifications observées depuis l'état des lieux réalisé en 2019. « Le bassin est à la fois très agricole, urbain et industriel, pointe Christophe Poupard, directeur connaissance et planification de l'agence de l'eau Seine-Normandie. Il concentre 39 % du PIB. Cette forte activité humaine exerce une pression sur l'environnement : nous avons besoin de savoir comment cet état évolue pour pouvoir l'améliorer. » Et d'affiner les actions préalablement engagées.

58 % des stations sur les eaux souterraines en bon état

Premier constat pour les eaux souterraines : sur les 512 stations du réseau, 25 ont montré un progrès par rapport à 2019, pour atteindre 58 % présentant un bon état (au lieu de 53 % en 2019). Un petit pas encourageant au vu de l'inertie des nappes. « Nous avons observé une diminution de la concentration en pesticides, qu'ils soient encore autorisés ou non, indique Christophe Poupard. Par contre, nous avons également constaté des dégradations liées à la pollution par les nitrates. » Ainsi, 42 % des eaux souterraines du bassin seraient concernées par ces polluants. Si une amélioration est à noter côté pesticides, ces derniers sont toutefois toujours présents. « Nous savons traiter les pesticides, mais quand il y en a trop, nous préférons fermer les captages, rappelle Christophe Poupard. C'est préoccupant car, avec l'augmentation des assecs, nous disposerons de moins d'eau disponible ». À titre d'illustration, les pesticides ont été à l'origine de l'abandon de 74 captages en eau potable entre 2012 et 2017. « Le bassin est très plat. L'eau s'écoule lentement et s'évapore en grande partie, explique Christophe Poupard. Ce sont les réservoirs souterrains qui réalimentent les rivières en période de sécheresse. »

 
Il est trop tôt pour dégager une tendance car ces dernières années, les conditions météorologiques ont été particulières  
Christophe Poupard, agence de l'eau Seine-Normandie
 
Concernant les cours d'eau, 13 stations supplémentaires sur 216 affichent des résultats montrant un bon état et permettent désormais d'atteindre 35,2 % des stations dans cet état. « Il est trop tôt pour dégager une tendance car ces dernières années, les conditions météorologiques ont été particulières », modère Christophe Poupard. En effet, les crues de février-mars ont pu diluer la pollution dans les rivières tandis que la période durant laquelle les herbicides sont appliqués a été plus sèche, réduisant ainsi les ruissellements et les transports vers les cours d'eau.

Et la principale menace qui pèse sur l'atteinte du bon état à l'horizon 2027 reste les pressions hydromorphologiques.

Présence et diversité des poissons stables

Malgré cette réserve, la stabilité de l'état des populations piscicoles est à noter : 70 % des stations de surveillance des poissons sont en bon état depuis cinq ans. La plupart d'entre elles sont situées dans la façade Ouest du bassin. Cet indicateur prend compte à la fois la présence et la diversité des poissons. « C'est le fruit d'un travail de long terme, depuis les années 1970. La Seine était alors caractérisée par un manque d'oxygène du fait de nombreux rejets de matières organiques, détaille Christophe Poupard. Des réseaux de collecte des eaux usées ont été installés, ainsi que des stations d'épuration, les traitements se sont progressivement améliorés et nous avons vu le retour d'une cinquantaine d'espèces de poissons ».

   
Les poissons présents dans la Seine © Piren-UFBSN
 
   

Certaines sont naturellement présentes et d'autres ont été introduites fortuitement par l'homme, comme le poisson rouge.

Parmi ces arrivées figurent aussi dix espèces migratrices, dont la grande Alose, classée en danger critique d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Dans la Seine, selon l'agence de l'eau, plusieurs centaines d'individus sont comptabilisés annuellement en fonds d'estuaire.

« Les résultats sont encourageants, mais nous mesurons le chemin qu'il reste à parcourir, notamment concernant la lutte contre les pollutions diffuses et la morphologie des cours d'eau », souligne Sandrine Rocard, directrice générale de l'agence de l'eau. Comme les autres bassins, Seine-Normandie est en cours d'élaboration de son schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) pour la période 2022 à 2027. Ce document vise notamment à répondre à l'objectif fixé par la directive-cadre européenne sur l'eau d'atteindre 100 % des masses d'eau en bon état.

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