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La qualité écologique des cours d'eau d'Ile-de-France s'améliore très lentement

Moins de 10% seulement des cours d'eau d'Ile-de-France présentent un bon état écologique. La tendance est à l'amélioration mais pourrait toutefois être compromise par la sécheresse.

Eau  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

Selon des chiffres présentés le 20 juin 2011 par la DRIEE, la qualité des cours d'eau en Ile-de-France s'améliore progressivement mais cette amélioration est très lente et peut être remise en cause par les épisodes de sécheresse.

La majorité des cours d'eau dans un état moyen ou médiocre

Moins de 10% des cours d'eau franciliens atteignent un bon état écologique au sens de la directive cadre sur l'eau (DCE). "C'est relativement peu par rapport à l'objectif de la directive cadre et du Grenelle", reconnaît Bernard Doroszczuk, Directeur régional et interdépartemental de l'environnement et de l'énergie d'Ile-de-France.

Le Grenelle de l'environnement a en effet fixé un objectif de 41% des masses d'eau franciliennes en bon état écologique en 2015. Un objectif toutefois plus modeste que celui retenu au plan national qui est de deux tiers des masses d'eau en bon état écologique.

Mais il faut dire que la région Ile-de-France, qui concentre 30% des activités économiques et 20% de la population nationales sur 2% du territoire, part de plus loin. Cette spécificité francilienne se caractérise par une concentration des sources de pollution et une artificialisation des milieux aquatiques : cours d'eau couverts, berges bétonnées, tracés rectifiés, etc.

La bonne nouvelle est que l'état écologique, établi grâce aux prélèvements effectués dans les 129 stations réparties sur tous les cours d'eau franciliens, s'améliore depuis 1994. Cette amélioration s'est faite en deux phases : de 1994 à 2002, on a constaté une baisse du nombre de stations en état très mauvais au profit des stations en état moyen ; de 2003 à 2010, une baisse du nombre de stations en état moyen au profit du bon état.

Amélioration potentiellement compromise par la sécheresse

La mauvaise nouvelle est que la qualité des cours d'eau est fortement dépendante de l'hydrologie. "Les périodes de sécheresse provoquant des étiages plus sévères tendent à concentrer les polluants dans les cours d'eau, ce qui impacte directement les écosystèmes aquatiques", explique Michel Adnot, Chef du service Eau et sous-sol à la DRIEE.

Les années les plus sèches (1996-1998 ou 2006-2007) produisent des résultats moins bons. La période actuelle suit cette tendance. "Le débit d'étiage était plus précoce d'un mois en 2010, il l'est de deux mois cette année", précise Michel Adnot.

Le problème des pollutions diffuses

Afin de retrouver une bonne qualité écologique des eaux, l'Etat met en œuvre depuis 2010 le programme d'actions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) 2010-2015.

Dans ce cadre, une attention particulière est accordée aux pollutions diffuses, notamment d'origine agricole. La surveillance des milieux aquatiques est donc renforcée sur les paramètres nitrates et produits phytosanitaires. A titre d'exemple, des traces de substances aujourd'hui interdites, comme l'atrazine, sont encore relevées dans les eaux du fait de leur très forte rémanence.

"Mais le bon état écologique des cours d'eau ne se limite pas à la qualité des eaux", tient à préciser Michel Adnot. C'est pourquoi la DRIEE identifie également les actions de restauration des cours d'eau qui s'imposent : destruction des berges bétonnées, désenvasement des fonds de rivières, reméandrage des cours d'eau, restauration des zones humides de manière à ce qu'elles puissent jouer leur rôle tampon naturel, etc. Ces actions sont généralement engagées par les structures intercommunales avec un concours financier de l'agence de l'eau.

Les résultats des réseaux de surveillance disponibles sur Internet

Pour accompagner la mise en œuvre du programme d'action, la DRIEE a décidé de publier les résultats des réseaux de surveillance des milieux aquatiques. Les nombreuses données accumulées par le laboratoire d'hydrobiologie de la DRIEE depuis 1994 sont mises en ligne sur son site.

"Il est possible de faire une recherche par station, par bassin versant ou par paramètre", précise Jean-Pierre Cabaret, Responsable du laboratoire d'hydrobiologie."Ces données sont très utiles aux bureaux d'études", ajoute-t-il.

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