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Actu-Environnement

Nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050 : les solutions du ministère de l'Agriculture

Oui, il sera possible de nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050, estime le ministère de l'Agriculture dans un rapport. Mais pour y parvenir, il faudra notamment mieux gérer les terres et l'eau et probablement recourir aux OGM.

Agroécologie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

"Nous ne pourrons pas nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050." Telle la première des cinq idées reçues sur l'agriculture, l'alimentation et les forêts que le ministère de l'Agriculture entend "[passer] au crible des connaissances actuelles pour présenter un point de vue documenté". Le rapport de 25 pages, daté de février 2014 et rédigé par le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), conclut que "nous disposons des techniques et des ressources naturelles nécessaires pour nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050".

Il est "inexact" de dire qu'il sera impossible de nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050, estime le ministère de l'Agriculture. Certes, les organismes qui étudient le sujetaboutissent à des estimations très différentes, mais au-delà de la taille de la population, il faut tenir compte de sa structure, de sa répartition dans l'espace, de ses revenus et des régimes alimentaires que les personnes choisissent, explique le ministère. Or, les rythmes de croissance de la population chinoise, indienne, sub-saharienne ou européenne diffèrent et "annoncent par conséquent des défis agricoles, alimentaires, énergétiques contrastés pour les différents ensembles régionaux". Le problème apparaît donc comme un enjeu local plutôt que global.

Décalage entre lieux de production et de consommation

Se basant notamment sur les travaux de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le CGAAER estime que "le monde produit suffisamment de nourriture pour alimenter douze milliards de personnes". Néanmoins, compte tenu du gaspillage et des pertes de nourriture de la fourche à la fourchette, "il faudra produire plus" pour satisfaire les besoins alimentaires futurs. Plus précisément, "il faudra produire de façon plus régulière dans le temps, mieux répartie dans l'espace. Il faudra aussi consommer moins de ressources en s'attachant en particulier à gaspiller moins de nourriture".

Dans ce contexte, le décalage entre les lieux de production excédentaires et les zones où vivent les populations souffrant de faim constitue un élément essentiel et l'enjeu devient l'ajustement d'une offre alimentaire globalement suffisante. La lutte contre la pauvreté et le développement du commerce international deviennent ici des enjeux essentiels, estime le ministère.

Quant aux migrations, qualifiées de "voie d'adaptation de la demande de ceux qui ont faim dans les pays en développement à une offre pléthorique dans les pays développés", elle a constitué "de tous temps (…) le moyen le plus spontané de gérer ces difficultés". Il s'agit d'une situation que "vit déjà" la France. "La France est solidaire d'une Europe qui freine son potentiel de production agricole", juge le ministère qui souligne que "dans le même temps, de l'autre côté de la Méditerranée, l'Afrique du nord, (…) a besoin d'importer toujours davantage de produits alimentaires".

Terres et eau en abondance

Par ailleurs, il est aussi "inexact" de dire que nous allons manquer de terre. "Depuis 50 ans, la production agricole a été multipliée par un facteur compris entre 2,5 et 3", explique le CGAAER, précisant que "l'augmentation des rendements et l'intensité culturale y ont contribué pour 85%, l'accroissement des surfaces agricoles pour 15%". Or, il resterait, selon les sources, de 500 millions à 2,5 milliards d'hectares disponibles pour l'agriculture, alors que la surface actuellement cultivée est de 1,6 milliard d'hectares. Bien sûr, "ce potentiel est très inégalement réparti" et "un tiers des terres agricoles sont moyennement ou très dégradées", mais les terres nécessaires sont disponibles, assure le ministère.

De même, il est "globalement inexact" d'anticiper un manque d'eau, indique le rapport qui explique qu'il s'agit d'une ressource abondante, mais "fort mal répartie". Il convient donc de mieux gérer la ressource et de maintenir les droits et l'accès à l'eau des populations rurales, estime le ministère qui met en avant le dialogue entre acteurs pour y parvenir. De même, les pratiques agro-écologiques et l'amélioration de l'offre par le stockage de l'eau offrent des solutions.

Les biotechnologies peuvent être utiles

Quant à savoir si les OGM sont nécessaire pour nourrir le monde de 2050, le ministère fait une réponse étrange : "qui sait ?". En réalité, le rapport passe en revue les arguments des opposants et déploie un argumentaire favorable aux OGM. Les OGM présentent un risque pour la santé ? "Aujourd'hui, aucune étude scientifique sérieuse ne confirme ces craintes".

Les OGM sont néfastes pour la biodiversité ? C'est plutôt "l'utilisation efficace des herbicides mis en œuvre sans être liée directement aux OGM eux-mêmes" qui est en cause. Sans compter que "[la] diversité génétique [du riz cultivé au Népal] a augmenté grâce aux variétés nouvelles ayant incorporé des gènes différents inexistants dans les espèces locales". Mieux encore, "le principal atout des OGM, (…) serait d'assurer un meilleur respect de l'environnement par une diminution de l'utilisation des pesticides", explique le CGAAER qui admet que l'idée est contestée mais passe sous silence les arguments de la contestation.

La dissémination de gènes par le pollen constitue un risque ? "En respectant quelques conditions (…) la coexistence des cultures non OGM avec des cultures OGM est possible", explique le rapport qui cite l'avis du Haut conseil des biotechnologies. Les adventices deviennent résistants aux pesticides ? Cette résistance "peut être assez facilement gérée en alternant cultures et/ou herbicides" ou en créant "[des] zones refuges, à proximité des cultures OGM, permet de favoriser l'accouplement entre insectes sensibles et insectes résistants".

En conclusion, le ministère considère que "les biotechnologies peuvent être utiles pour lutter contre la faim dans le Monde".

Les agrocarburants ne concurrencent pas l'alimentation

Enfin, il est "inexact" de dire que les agrocarburants affament le monde. Revenant sur le débat relatif àla compatibilité du développement des biocarburants avec le potentiel de terres cultivables, le ministère explique que "ceux qui mettent en cause le développement des biocarburants en Europe s'appuient sur une étude de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) [,] étude (…) aujourd'hui largement remise en cause par des chercheurs qui critiquent (…) le modèle utilisé".

Selon le CGAAER, l'étude de l'Ifpri, réalisée pour le compte de la Commission européenne et servant de base à l'actuelle révision de la législation européenne, "[ignore] des données importantes", critique le ministère qui met en avant "de nouveaux travaux particulièrement utiles aux débats". C'est le cas d'une étude de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) qui conclut "à une diminution de 80% des changements d'affectation des sols (CAS) et des émissions de gaz à effet de serre (GES) associées", par rapport aux chiffres de l'Ifpri. Et de conclure que le développement des agrocarburants ne concurrencerait pas l'alimentation humaine.

Réactions27 réactions à cet article

 

"Et de conclure que le développement des agrocarburants ne concurrencerait pas l'alimentation humaine." ... Sans commentaire. Affligeant!!!

JCC | 24 février 2014 à 21h16
 
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On peut aussi raser toutes les forets, tuer tous les animaux concurrents et donner un gout de fraise à la m..... et nous pourrons ainsi nourrir jusqu'à 15 milliards d'humains...

JCC | 24 février 2014 à 21h24
 
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Qu'est-ce qui permet d'affirmer que les humains continueront d'être aussi prolifiques d'ici 2050 ?

L'article ci-dessus tient-il compte du fait qu'on ne devrait logiquement pas tarder à comprendre les méfaits du carnivorisme et du lactivorisme avec son impact sur l'évolution de la production agricole et sur la santé et sur l'environnement.

Et aussi sur l'avenir des petits paysans de certaines parties de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique du Sud victime de l'exportation à bas prix et subventionnée de nos surplus ? Soi-disant pour nourrir la planète selon le "charitable" et vieux discours de la JAC (Jeunesse agricole chrétienne) et du MRJC (Mouvement rural des jeunes chrétiens) toujours encore audible à l'occasion du Salon.

Brigitte | 25 février 2014 à 08h03
 
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Déjà aujourd'hui si la population a pu croître ainsi c'est bien par le progrés technique, la mécanisation intensive et finalement par une dépense en ENERGIE fortement accrue. Il est clair qu'il viendra un moment ou la consommation de viande ou de poissons ne sera plus possible: on ne pourra alors plus se permettre le gâchis que ça représente en terme de rallongement du circuit écologique. Mais de toute façon la clé de voute restera la disponibilité d'une énergie pour le fonctionnement de tout le système.
En regardant en arrière, dans le passé ou tout n'était que "productions bio par la force des choses" on mesure le chemin parcouru et on en constate les conséquences: explosion démographique, consommation de ressource qui s'accélére d'autant plus qu'une part croissante de la population voit son NIVEAU de vie augmenter. Il est clair qu'il n'est pas concevable que déja nous aurions les ressources suffisantes pour assurer à la population terrestre actuelle le niveaude vie des américains.

ami9327 | 25 février 2014 à 11h07
 
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Il ne faut pas jeter la pierre quand des personnes cherchent des solutions aux problèmes, nous sommes tous responsables du gaspillage et de la surproduction.
Ce ne sont pas les pratiques de culture qui ont menés à la situation actuelle, c'est nous, pauvre consommateurs mécontents, qui cherchent les produits aux prix les plus bas et qui se plaignent quand le kilo de tomate prend 50 centimes... C'est nous, les consommateurs qui sommes responsables de ce que subissent les agriculteurs et de ce qu’on nous propose dans les rayons de nos magasins.
Par nos achats, nous avons fait la promotion de l'agriculture moderne jusqu'à l'avènement des OGM. Car en consommateurs exigeants, nous voulons consommer autant, pour le même prix, sans utilisation de pesticides ni d'engrais... Nous n'avons pas tous la chance d'avoir un maraîcher à côté de chez soi... Donc avant tout, changeons nos habitudes de consommations, cela aura plus d'impact que de critiquer les chercheurs qui réfléchissent sur des solutions pour assouvir nos caprices de consommateurs...
Brigitte, le lait et la viande ne sont pas dangereux pour la santé, c’est leurs surconsommation qui est néfaste, et cette surconsommation entraine des productions plus intensives donc néfastent pour l’environnement..

Medjay | 25 février 2014 à 11h43
 
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C'ets clair que boire du lait et manger de la viande c'est mauvais pour nous...Ce nouveau discours de bobo qui commence à prendre racine chez certains devient pénible. Ah oui j'oubliais nous ne sommes surtout pas fait pour manger de la viande.

Kathar | 25 février 2014 à 11h51
 
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Ni la dentition, ni le tube digestif (trop long) de l’homme ne correspondent à un être carnivore. C’est en ce sens que le carnivorisme est nuisible à la santé.
Majoritairement on nourrit nos animaux en mobilisant dans les pays pauvres des surfaces agricoles traitées aux pesticides qui ne sont plus disponibles à un coût abordables pour les petits paysans.
Un écolo conséquent et solidaire ne peut qu’être végétarien, voire végétalien.
Et c’est pas triste.

Brigitte | 25 février 2014 à 12h05
 
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Et pourquoi devrions nous être 9.5 milliards! C'est aberrant, et après! 20 milliards!!
il est urgent que les dirigeants du monde se penchent sur le problème de la surpopulation, la nature assure (assurait) la régulation des espèces, l'homme doit en faire autant.
Le ministère de l'agriculture est décidément entièrement inféodé aux lobby, la grande mascarade du salon de l'agriculture en est une parfaite démonstration, quand à ce rapport je préfère en rire, de qui émane t'il du ministère, ou de l'industrie!
Nul comme se gouvernement

lio | 25 février 2014 à 12h15
 
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"Ni la dentition, ni le tube digestif (trop long) de l’homme ne correspondent à un être carnivore. C’est en ce sens que le carnivorisme est nuisible à la santé."
Je ne comprend pas cet argument, nous avons des canines et des incisives pour couper et déchirer les tissus, et le fait fait que nous soyons omnivore et non carnivore implique que notre tube digestif ne peut pas être seulment adapté à la viande.
Je suis d'accord sur le fait que 2 fois par jour se soit trop, mais que sa soit néfaste me paraît infondé.

Medjay | 25 février 2014 à 12h30
 
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Je suis bien d'accord avec vous Lio, la régulation de la population permettrait de régler beaucoup de problèmes au niveau agricole comme énergétique.

Nini | 25 février 2014 à 18h05
 
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Le ministre veut vendre ses OGM
Mais les solutions intelligentes existent.
Déjà manger un peu moins de protéines animales: on fait des pieds et des mains pour ne plus mettre de porc au menu des cantines, pourquoi ne pas mettre au moins un jour sans viande ni poisson?
Manger local: certaines cantines scolaires le font en bio avec plus ou moins de succès.
Manger de saison: quand va-t-on cesser de mettre des tomates au menu des cantines scolaires en février, ainsi que des poivrons importés d'on ne sait où?
En fait, pour 2050, ce sont les jeunes qu'il faut éduquer: pour les plus de 25 ans, c'est trop tard.
Le ministre de l'agriculture est lui aussi pour les riches capitaux de l'agro alimentaire, guère pour le bien être des français et des terres françaises.

Bioclim | 25 février 2014 à 20h23
 
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Tirer des droites ! maîtres mots de la croissance !
De plus grandes installations avec plus de technologie et touti quanti ... le problème c'est que la vision chimique de l'agriculture se tarie et que l'on se rend compte que ce n'est pas l'azote qui fait pousser les plantes mais les bactéries. Un sol mort en bactéries ne survit que par l'azote qu'on lui donne (azote issu du craquage de gaz naturel, très bon pour les émissions de CO2) ...
Je pense qu'il faut changer de modèle, enlever la corruption (en fait c'est pas de la corruption mais quand Basf ou Monsanto invitent des élus à des colloques dans des hotels 5* dans des lieux paradisiaques ... bon je n'ai pas de preuves mais ça se passe comme ça dans le monde de l'énergie alors j'imagine ...)
Tout ça pour dire que la croissance qu'il y a eu dans les années 30 ne se reproduira pas une deuxième fois, par conséquent je pense que ce rapport est largement influencé par les vendeurs de matériels et d'intrants ...

chocard | 26 février 2014 à 09h16
 
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pour la question de la consommation de viande : lisez des livres, cherchez dans la presse. Vous verrez les ravages en termes de santé, des études sortent toutes les semaines. Donc c'est totalement fondé.
Pour ce qui est des ravages sur l'environnement, c'est encore une donnée supplémentaire qui devrait nous faire réfléchir.
Aussi prendre en compte le droit des animaux.
Enfin, il faudra s'habituer à manger moins de viande, voir arrêter, quand le baril sera à 250, 350 ou 500$... le prix de la viande sera en conséquence !! écolo ou pas, on sera à la même enseigne :)

press | 26 février 2014 à 09h41
 
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Franchement pourquoi un ministère français de l'agriculture a-t-il sorti un tel rapport? Il y a-t-il une raison intelligente à ça ? La surpopulation est planétaire et ses conséquences aussi. Tout le monde sait trés bien qu'il y a des limites, que le développement durable est totalement incompatible avec l'explosion démographique. Le débat sur la consommation de viande n'a de sens que tant que nous avons ENCORE les moyens de nourrir les bêtes qu'on mange. Au train ou vont les choses on préférera se nourrir plutôt que de nourrir des bêtes.

ami9327 | 26 février 2014 à 12h02
 
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il est curieux qu'on ne parle presque jamais du problème de surpopulation chaque pays se fait un point d'honneur d'augmenter la natalité alors que beaucoup de problèmes sont liés à l'explosion démographique
en ce moment je n'ai entendu qu' erik Orsenna aborder ce problème sur France inter à propos de son dernier livre sur le mali

ballerine | 26 février 2014 à 13h33
 
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"Ni la dentition, ni le tube digestif (trop long) de l’homme ne correspondent à un être carnivore. C’est en ce sens que le carnivorisme est nuisible à la santé."

Peut-on savoir d'où sort cette affirmation gratuite ? L'homme est omnivore depuis qu'il est descendu de l'arbre... Notre dentition est parfaitement adaptée à ce régime, bien plus qu'à un régime herbivore. De même que notre tube digestif... nous sommes des monogastriques comme les autres animaux omnivores et non des polygastrique, comme beaucoup d'herbivore.

Un écolo doit-il être végétarien ? Je suis écolo, dans ma vie et mon métier et je suis omnivore. Toute ma viande vient du village d'à coté, d'un petit agriculteur en vente directe qui nourrit ces bêtes au foin et avec ses propres céréales bio, mes œufs viennent de mes poules.

Brigitte, d'où viennent les protéines végétales que vous consommez ? Connaissez-vous les conditions de production de votre quinoa ? Qu'allez-vous faire des millions d'ha de prairies, de pâtures, d'alpages ? Les transformer en champs de soja ??

Que les végétariens cessent de donner des leçons et réfléchissent au niveau global... Quand il n'y aura plus que des céréaliers en France, se considéreront-ils encore comme des écolos ?

Alimentation locale et saisonnière, moins de viande et boycott de l'élevage industriel, arrêt du gaspillage individuel... voilà comment bien se nourrir (et avec bcp de plaisir, quoi qu'en disent certains) en laissant leur part à tous les autres.

jujuniep | 27 février 2014 à 16h58
 
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Le CGAAER conseil le ministre ou cire les pompes de l'IAA. Est-ce que ces types sont corrompus, est-ce qu'ils sont irresponsables ou savent-ils simplement de quoi ils parlent.
Faut-il traduire par là, la volonté de maintenir une agriculture subventionnée assurant les débouchés des industriels de la chimie, parce que sinon je peine à suivre la cohérence. Des gens meurent de faim, les prix sont en hausse permanente, mais il ne faut remettre en question les agrocarburants subventionnés eux aussi, dont le bilan est désastreux...
Mais que fait le ministre, il faudrait qu'il envisage un coup de balai dans son ministère, virez ces lobbyistes déguisés, engagez des personnels compétents. Pour parlez d'agriculture il faudrait au moins avoir quelques connaissances sur le sujet et ne ne pas se contenter de l'avis des VRP l'IAA.

JFK | 27 février 2014 à 21h04
 
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""Depuis 50 ans, la production agricole a été multipliée par un facteur compris entre 2,5 et 3"" : et qu'en est-il de l'augmentation de la dépendance de l'agriculture aux intrants? Il est naïf de croire que la résolution de la faim dans le monde passera par une augmentation perpétuelle des rendements, soit dit en passant dans des zones déjà en excédant agricoles. Et les "solutions" du ministère de l'agriculture sont encore une fois quantitatives et non qualitatives.

La faim dans le monde est essentiellement causée par un faible accès aux ressources lié à la pauvreté, et non par un manque de denrées.

Enfin, tout biologiste ou écologue pourrait vous dire que le terme de croissance est à intégrer dans un contexte d'accès à des ressources finies. Le développement d'une population de bactérie avec une source nutritionnelle déterminée dans une boite de Pétri montre indubitablement une phase exponentielle de croissance, de stabilisation, et ensuite de déclin. L'analogie est évidente : la boite de Pétri est la Terre et nous sommes les bactéries.

Dans un contexte où les rendements atteignent un palier, la solution est évidente : il faut s'attaquer à la problématique de la surpopulation. Car effectivement dans ce contexte, moins c'est mieux. Après on pourra toujours rentrer dans débats idéologiques type "mieux vaut donner la chance à 12 milliard d'être humains ou permettre à 9 de vivre mieux, en meilleur santé etc.?"

Rudy | 03 mars 2014 à 14h06
 
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C'est marrant ça. que dit ce rapport? l'avez vous lu? vu vos commentaires, il est évident que non. il dit:
- il y a une énorme marge d'augmentation de la production alimentaire dans le monde. ceci passant surtout par une meilleur gestion de l'eau, par l'adaptation des pratiques culturales (abandon du brulis, certaines techniques agro-environnementales) et par la mise en cultures de terres disponibles non cultivées (en france il en reste peu, mais dans le monde oui).
- il faut réduire la pauvreté pour que les pauvres aient accès a la nourriture.
- il faut réformer le marché mondial des produits agricoles.
- il faut développer les cultures vivrières localement.
- Les 9,5millard ne se nourriront pas aussi mal que des américains, ni aussi peu que les somaliens.
- On gaspille trop de nourriture.
- Minimise les risques des OGM, mais il dit aussi qu'on a pas besoin des OGM actuels pour nourrir la planète. Mais QUI SAIT, un jour, on aura peut-être des OGM moins consommateur en eau, résistants aux maladies, ... Vous savez, ces OGM qu'on nous promets depuis 30ans..
- pour les biocarburants, il dit 2 choses: il n'y a pas consensus tellement on peut faire jouer de variables et tellement le débat est passionné.
- à l'horizon 2020, en prenant les estimations hautes des besoins (fondation nicolas hulot... ) et les estimations basses des terres agricoles disponibles, il reste encore beaucoup de marge pour faire des biocarburants. Et ce sans jouer sur l'amélioration de la productivité

dolgan | 04 mars 2014 à 10h37
 
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Merci Dolgan, je vais le lire, ma réaction est liée à l'article, pas au rapport que je n'ai pas lu.
Terres et eau en abondance, Les biotechnologies peuvent être utiles, Les agrocarburants ne concurrencent pas l'alimentation. Tout cela développé de façon insidieuse. Cet article n'est en fait que l'interprétation de quelqu'un qui cherche à manipuler l'opinion, selon vous.

JFK | 04 mars 2014 à 11h39
 
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« Non, nous ne manquerons pas d'eau potable dans le monde »Jean de Kervasdoué, économiste
de la santé - 2013

Penchez vous sur le profil de Kervasdoué, un lobbyiste patenté plus apte à faire jouer ses réseaux qu'à faire de vraies propositions,
il était parvenu a infiltré Transparency International avant de s'en faire exclure, à juste titre. Il appartient à cette génération
dépassée par les enjeux qui prône les recettes du 20ème siècle pour répondre aux enjeux du 21éme.
Pour cet homme la pollution de l'eau aux pesticides et autres résidus chimiques ne compte pas.

« Jamais l’obscurantisme n’aura été aussi coûteux pour la France que celui qui l’aura conduite à
sa position précautionneuse sur les OGM »Jean de Kervasdoué

Pour un adepte de la désinformation comme lui, l'obscurantisme fait parti de son quotidien, il n'aborde que l'aspect scientifique ou
l'incidence directe sur la santé des ogm, pour des types comme lui le réchauffement climatique n'existe pas, les études alarmantes sur la pollution de l'eau pas plus.
Les écologistes ne sont que des fanatiques et l'écologie n'est pas une science.

JFK | 04 mars 2014 à 13h05
 
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Suite:
«A l’échelle mondiale, les biocarburants mobiliseraient actuellement 35 millions d’hectares pour produire 0,06 à 0,07 Gtep. Soit entre 0,5 et 0,6 % de l’énergie primaire consommée et 1,4 % de l’énergie végétale récoltée. Ces chiffres sont à comparer aux 250 millions d’hectares dédiés à la seule alimentation des 400 millions d’animaux de trait recensés par la FAO dans le monde et aux 0,2 Gtep qu’ils consomment. On pressent, à cet égard, les gains de productivité que représenterait la mécanisation de l’agriculture dans les pays en développement avec la libéralisation de surfaces importantes pour l’alimentation.

Aujourd'hui près d'un milliard d'individus ne mangent pas à leur faim, mais ne changeons rien. Des millions d'autres souffrent de déséquilibre alimentaire et il suffirait de produire des OGM pour régler ça.
Les agrocarburants comme l'éthanol ont un bilan écologique, économique et énergétique désastreux, selon ce rapport il faudrait 750 milloins d'hectares pour couvrir 10% de la consommation mondiale actuelle, en 2050 ce sera à peu près le double, mais ça ne pose aucun problème.
En France il faudrait au minimum 5 millions d'hectares de maïs pour couvrir nos importations de gaz et un million de plus pour couvrir la production, toute la surface agricole ne suffirait pas à couvrir nos besoins en énergie fossile, mais nous ne serions pas dans une impasse au point de parler d'indépendance énergétique.

JFK | 04 mars 2014 à 13h09
 
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Pour conclure tout cela est sans incidence. Mon premier commentaire était bien adapté. Ce rapport n'est conçu que dans un but, perpétrer un modèle adapté au service d'une industrie et au détriment de la population. Un vrai modèle républicain défendu par une "élite", terme galvaudé, qui ne remplit pas son rôle.

JFK | 04 mars 2014 à 13h13
 
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Aujourd'hui près d'un milliard d'individus ne mangent pas à leur faim, mais ne changeons rien.
si: luttons pour la paix (cause quasi unique des famines aujourd'hui) et arrêtons de subventionner nos exportations agricoles. si les gens ont pas assez a manger aujourd'hui, c'est aucunement à cause d'un manque global de nourriture.

JFK, personne ne parle de remplacer nos importations de gaz par les biocarburant. c'est absurde, et je ne doute pas que vous le savez.

dolgan | 04 mars 2014 à 22h20
 
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Dolgan, je vous rejoins sur les subventions, pour les exportations et agro-caburant, sur le manque de nourriture ce n'est pas qu'une notion quantitative, mais aussi qualitative.

Concernant le gaz, GRDF a publié un rapport sur le potentiel de production du biogaz qui estime son potentiel entre 400 et 550TWH, à partir de déchet et de biomasse, non je ne pense pas que ce soit absurde et je préfère cette option à celle du gaz de schiste. Une solution durable réduisant les émissions de CO2 et d'autres GES.
Ce qui est absurde à mes yeux c'est de développer et de subventionner un modèle sans avenir!

JFK | 05 mars 2014 à 11h08
 
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Oui, pourquoi un ministère français de l'agriculture a-t-il sorti un tel rapport sur un état des lieux mondial ?
Qui finance cette étude pour arriver à une telle conclusion ? Les experts nommés n'ont-ils aucun conflit d'intérêt avec les OGM ou les agrocarburants ? Il y a un vrai manque de neutralité dans les conclusions ! Les conclusions de ce rapport sont .. globalement inexactes.
A chaque fois on s'attendrait à un Ca dépend et non une réponse aussi catégorique. A en croire les différentes conclusions, il n'y a donc encore pas trop à s'alarmer.
Et dommage que ce rapport n'évoque la piste de la baisse de consommation de produits carnés dans les pays développés, avec comme objectif un régime d'omnivore modéré et des économies en termes de santé publique à la clé. Sachant que le pâturage occupe 1/4 pour cent de la surface émergée de la terre et que plus du tiers des céréales produites dans le monde sert à nourrir le bétail.
Le summum est le paragraphe sur les agrocarburants : aucune partie contradictoire. Pour résumer on peut se permettre de concurrencer les cultures vivrières car de toute façon car, grâce au progrès sur les rendements ou au potentiel de terres encore cultivables, on pourra nourrir tout le monde..

Gaet | 22 mars 2014 à 11h41
 
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Quand on voit les futurs rapports en cours de rédaction, on a hâte de voir leurs conclusions!
« La PAC coûte trop cher, elle doit tourner le dos au productivisme » = Encore inexact ?
« Les agriculteurs portent atteinte à l’environnement » = Encore plus inexact ?
« On mangeait mieux avant » = Toujours inexact ?
« Les forêts disparaissent, elles sont trop exploitées » = Bien sûr que c'est inexact ?

Gaet | 22 mars 2014 à 12h08
 
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