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Seul un tiers des 1000 premières entreprises mondiales évaluent le risque climatique

Les impacts du changement climatique intéressent particulièrement le monde de la finance, au premier chef les assureurs, mais les obligations vertes demeurent marginales, souligne un nouveau rapport.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

Le Conseil de stabilité financière (FSB) coordonne au niveau international le travail des autorités financières nationales et des entités internationales chargées de réguler le secteur de la finance. Ce Conseil est présidé par Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre. Son secrétariat est basé à Bâle, en Suisse, sous l'égide de la Banque des règlements internationaux. Ce vendredi 1er avril 2016, lors d'une conférence de presse à Tokyo, M. Carney a réagi aux premiers éléments du rapport lancé par la Task Force sur la finance climatique.

Annoncé lors de la COP 21 et présidé par Michael Bloomberg, ce groupe de travail sur les divulgations financières liées au climat (TCFD) doit fournir des informations "comparables, fiables, claires et efficaces" aux prêteurs, aux assureurs et aux investisseurs. Son premier rapport dresse un inventaire des initiatives existantes. "Il s'agit de travailler sur les manques et sur les priorités pour aller de l'avant. Si vous examinez les premières 1.000 entreprises mondiales, c'est effectivement difficile d'en trouver plus d'un tiers qui publie des données fiables sur les risques financiers liés au climat. Ce qui n'empêche pas qu'il y a environ 400 initiatives qui fournissent des éléments sur le carbone au sens large, mais pas forcément en termes de risque financier. Un des éléments à mettre en avant devrait porter sur le périmètre de ces évaluations. Devrait-il se limiter aux entreprises publiques, devrait-il s'étendre à toute entreprise présentant des enjeux de risque et de sécurité y compris en termes de placements ? Autant de questions à soumettre à la consultation du public", a déclaré M. Carney.

Généraliser la finance verte

A l'occasion d'une conférence à Londres la semaine dernière, M. Carney avait souligné la nécessité de généraliser le marché des obligations vertes (green bonds) : "Nous sommes conscients de l'échelle d'investissement requise pour faire des progrès significatifs afin de stabiliser le climat. Nous avons besoin d'investissements extraordinaires qui ne peuvent pas se contenter d'occuper une niche. Le défi est de passer au mainstream." Citant la Chine, Mark Carney a évoqué le chiffre de 4.000 milliards de dollars par an durant les 15 prochaines années pour réaliser des infrastructures vertes. Chiffre à rapprocher du montant global des green bonds estimé à 40 milliards de dollars en 2015, ce qui ne représente pour le moment qu'un pour cent du marché obligataire mondial.

Mark Carney en a appelé à un cadre de certification et de validation des actifs financiers, le facteur de risque environnemental devant être intégré dans la certification verte et les taux d'intérêt. A moyen terme, un mécanisme de règlement des différends pour les green bonds devra être instauré. Comme le souligne le rapport de la Task Force sur le climat, malgré une impulsion politique forte de la part des gouvernements et l'intérêt manifeste des ONG et des places boursières, il reste encore beaucoup à faire pour sortir la finance verte de sa fragmentation. La Task Force entend mettre l'accent sur les risques financiers liés aux impacts physiques du climat, mais aussi sur les opportunités que représente la transition énergétique, facteur de résilience tant financière que climatique.

Dans le même sens, l'Energy Transition Risk a été lancé à Paris le 31 mars 2016 par un consortium coordonné par le think tank financier français 2 Degrees Investing Initiative, comprenant Standard & Poor's, Kepler Chevreux, I4CE (ex-CDC Climat Recherche) et le programme “Sustainable Finance” de l'Université d'Oxford. Financé par une bourse de 2,2 millions d'euros du programme Horizon 2020 de la Commission européenne, le projet ET Risk vise à développer une méthodologie d'évaluation des risques financiers liés à la transition énergétique afin d'aider les investisseurs à mieux les prendre en compte dans la gestion de leurs portefeuilles.

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