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Climat : le Giec alerte sur la surchauffe des océans et des pôles

Dans leur nouveau rapport, les chercheurs du Giec dressent un panorama inquiétant de l'état des océans et de la cryosphère d'ici 2050. Les décideurs politiques ont de nouvelles données pour agir maintenant et surtout sur le long terme.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

Le Giec a présenté ce mercredi 25 septembre un nouveau rapport spécifique aux océans et à la cryosphère (banquise, glaciers, permafrost, etc.). Un rapport commandé en 2016 par les parties à la convention des nations unies pour le climat (Ccnucc) et qui vient compléter celui sur le réchauffement à 1,5° et celui plus récent sur les sols.

Dans ce nouvel opus, les chercheurs ont procédé de la même manière. Une revue des connaissances scientifiques sur les changements et les impacts observés dans les écosystèmes au cours des dernières décennies, une modélisation des changements à venir et des risques associés selon plusieurs scénarios de hausse de température d'ici à 2050 et 2100, et une analyse des conséquences attendues sur l'économie, la société. Le tout résumé dans un document de 40 pages pour les décideurs.

Des changements déjà observés

En recoupant plus de 7.000 études scientifiques, le Giec constate que le réchauffement climatique a entraîné une réduction généralisée de la cryosphère : perte de masse des glaciers et de la banquise, réduction de la couverture neigeuse et augmentation de la température du pergélisol. La calotte glaciaire du Groenland a ainsi perdu 277 millions de tonnes de glace par an en moyenne entre 2006 et 2015. Ce qui équivaut selon le Giec à une hausse du niveau des mers de 0,77 mm par an.

Le Giec conclut également que les masses d'eau océaniques se sont réchauffées "sans relâche" depuis 1970 et ont absorbé plus de 90 % des excès de chaleur du système climatique. "La fréquence des vagues de chaleur en mer a très probablement doublé depuis 1982 et son intensité augmente", écrivent les chercheurs. En absorbant le CO2, les océans ont subi une acidification de surface croissante et une perte d'oxygène qui va de la surface jusqu'à 1.000 mètres de profondeur.

Les espèces et les écosystèmes sont affectés par ces changements. L'apparition de terres précédemment recouvertes de glace a modifié par exemple l'abondance et la répartition des espèces végétales et animales. La perte d'oxygène dans les océans a également contraint des espèces à migrer, à modifier leur répartition géographique, ce qui perturbe les intéractions entre les espèces, clef de voûte de la structure et du fonctionnement des écosystèmes.

Des évolutions alarmantes

Selon les modèles mis en oeuvre, les réductions de la cryosphère devraient se poursuivre à court terme (2031-2050). Les conséquences pour les cours d'eau seront "inévitables", alertent les chercheurs. "Les taux et les grandeurs de ces changements cryosphériques devraient encore augmenter dans la deuxième moitié du 21e siècle dans les scénarios d'émission élevées de gaz à effet de serre. De fortes réductions d'émissions au cours des prochaines décennies devraient réduire les changements ultérieurs après 2050", détaillent-ils. Leurs analyses confirment que les évènements extrêmes de type El Niño ou La Niña devraient devenir plus fréquents. La circulation des courants de l'Atlantique devrait s'affaiblir. "Les taux et l'ampleur de ces changements seront plus petits dans les scénarios à faibles émissions de gaz à effet de serre", rappellent les chercheurs. Mais, dans tous les cas, l'élévation du niveau des mers se poursuivra pendant des siècles. Elle pourrait atteindre environ 30 à 60 cm d'ici 2100, même si les émissions de gaz à effet de serre sont fortement réduites.

Une réponse politique à bien calibrer

"Ce rapport fournit de nouvelles preuves des avantages de limiter le réchauffement climatique au niveau le plus bas possible", explique le Giec dans un communiqué. "Si nous réduisons fortement les émissions, les conséquences pour les populations et leurs moyens de subsistance seront toujours difficiles, mais potentiellement plus gérables pour les plus vulnérables", a déclaré Hoesung Lee, le président du Giec.

En effet, ces modifications des écosystèmes ne seront pas sans conséquence pour les populations côtières, ou vivant aux pôles. Il faudra s'attendre à une diminution de la biomasse mondiale des océans avec des impacts sur les pêcheries. Les villes côtières seront particulièrement exposées aux risques de submersion. Le retrait de la cryosphère de haute montagne continuera de nuire aux activités de loisirs et au tourisme. Lorsque les glaciers de montagne se retirent, ils modifient également la disponibilité et la qualité de l'eau en aval, avec des implications pour de nombreux secteurs tels que l'agriculture et l'hydroélectricité. "En comprenant les causes de ces changements et les impacts qui en résultent, et en évaluant les options disponibles, nous pouvons renforcer notre capacité d'adaptation", plaide le Giec ajoutant que ce rapport fournit les connaissances qui facilitent ce type de décisions. A bon entendeur.

Réactions1 réaction à cet article

 

Virons Macron et remplaçons le par le GIEC et par Sainte Greta qui voit les molécules de Céhodeux !
On aura ainsi une alerte permanente et ActuE plus grand chose à écrire...
Mes amitiés à tous !

Albatros | 26 septembre 2019 à 16h07
 
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