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Actu-Environnement

Captage et stockage de CO2, accumulation de risques

L'Ineris vient d'inventorier les (nombreux) risques liés à l'injection de CO2 en profondeur dans un rapport publié fin mars. Bien que l'analyse des risques soit embryonnaire, le captage et stockage de CO2 est appelé à être massivement développé.

Risques  |    |  Victor Roux-Goeken Actu-Environnement.com
   
Captage et stockage de CO2, accumulation de risques
   
Eruptions, fuites massives ou diffuses de CO2, contaminations de compartiments de l'environnement par ce gaz ou les impuretés qu'il contient, risques de sismicité et mouvements de terrain… Tels sont les principaux risques potentiels ''à redouter'' liés au captage, transport et stockage de CO2 (CSC), qui viennent s'ajouter aux doutes sur la faisabilité technique, la viabilité économique et l'efficacité environnementale de cette technologie… Dans un rapport timidement publié lundi 29 mars, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) dresse l'état des connaissances sur les risques liés à cette technologie, appelée à devenir l'un des principaux outils de lutte contre le changement climatique.

L'injection, opération la plus critique du CSC

Pour le moment, le rapport est limité aux risques pendant l'injection du CO2, l'une des trois phases de l'exploitation d'un site (conception, injection, fermeture), et dure entre 30 et 40 ans. C'est ''l'opération la plus critique de la filière CSC au plan de la sécurité'', prévient l'Ineris. Les risques liés au seul stockage, d'une durée d'un millénaire, feront eux l'objet d'un deuxième rapport à paraître au cours du second semestre 2010.

   
Périodes de vie d'un complexe de CSC (les durées mentionnées sont approximatives) © Source : Ineris
 
   

Les puits d'injection constituent une première source de risque de fuite à court, moyen et long termes. Au cours de la phase d'injection à 800 mètres sous terre au moins du CO2, ces puits sont soumis à d'importants écarts de température entre fluide et roche ainsi qu'à la dissolution de matière. Deuxième source de risque : les perturbations de nature thermo-hydro-mécano-chimique (THMC), qui pourraient dissoudre la roche-réservoir, faire varier sa porosité et la fissurer. Les perturbations THMC seront induites par l'injection du CO2 à l'état supercritique, les impuretés associées au CO2 lors de son captage (oxygène, oxydes de soufre ou d'azote) et les réactions chimiques avec la roche.

Mettre en place un rapide retour d'expérience

Du fait de l'émergence de cette technologie, l'analyse des risques qui y sont liés est encore peu développée. ''L'impact potentiel des scénarios de risques sur l'environnement ou sur la santé humaine n'a été que rarement estimé de manière quantitative'', conclut l'Ineris. Situés en mer du Nord (Norvège), les deux plus anciens sites de stockage de CO2 ne datent que de 1996. Et seuls une dizaine de sites sont en fonctionnement dans le monde. L'évaluation des risques souffre donc d'un ''cruel manque de retour d'expérience'', note l'institut, qui rappelle que ''de nombreux travaux témoignent d'un besoin de renforcement de la recherche portant sur les risques, la sécurité et l‟impact environnemental''. L'Ineris recommande ''la mise en place rapide d'un retour d'expérience spécifique à la filière''. La réalisation de puits de contrôle pour détecter d'éventuelles fuites de CO2 est envisagée.

En France, les sites de Rousse, dans le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), et de Claye-Souilly, Massy-Palaiseau ou Saint-Martin-de-Bossenay (Bassin parisien) sont à l'étude pour accueillir de telles installations. Le cadre juridique nécessaire au développement de cette technologie pourtant peu grenello-compatible figure dans le projet de loi Grenelle 2. Toujours enclins à s'assurer que les technologies de lutte contre le changement climatique génèrent le moins de nuisances possibles, au besoin en renforçant la contrainte réglementaire - comme pour l'éolien -, les sénateurs ont pourtant adopté ce cadre juridique en septembre dernier, sans le moindre débat sur les risques du CSC.

Réactions9 réactions à cet article

 
ni vue ni connue

c'est bien pour ça qu'a l'issue de la periode d'exploitation total a fait en sorte de ne pas etre responsable des probables conséquences de cette experience.Et le pire et que cette mauvaise technologie qui a la preference des industriels (normal!)accapare le plus gros des budgets.L'homme est vraiment incorigible

lio | 13 avril 2010 à 11h20
 
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Eco bilan de CO2 à revoir

Le stockage nécessitera forcément de l'énergie, pour la séparation par rapport aux produits de combustion et à l'air, également pour le stockage.
Cette énergie sera forcément d'origine électrique, mais issue du nucléaire ou de la biomasse qui va recréer du CO2 ? Qu'en sera -t-il si les formations géologiques bougent et libèrent le CO2 stocké ?
Mais on ne parle pas des autres gaz à effets de serre comme le méthane, issu de mauvaises combustions chez les particuliers, de fuites possibles, de la libération du méthane dans le permafrost et des hydrates de méthane dans les océans dûe au réchauffement climatique.
Toutes les réponses ne sont pas encore données, où bien sont elles cachées pour ne pas alerter l'opinion publique.
Quoi qu'il en soit réveillez-vous et posez vous de bonnes questions, qui resterons peut-être sans réponses.

Réfléchissez donc un peu | 15 avril 2010 à 10h54
 
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Non sens total

C'est un non sens que de dépenser de l'énergie pour stocker un déchet produit en grande partie par la production d'énergie (usine électrique).

En plus on rajoute un risque sismique, écologique, de santé publique...STOP!

Salzouille | 15 avril 2010 à 14h00
 
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Plutôt planter des arbres!

Le seul vrai bon stockage de Carbone, à la portée de tous,ce sont les arbres. Ca marche tout de suite et cela crée du développement pour tous.

Yves | 16 avril 2010 à 10h27
 
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comme le pétrole

Oui plantons de jeunes arbres et enteront les vieilles
branches et nos descendants auront du pétrole.

Fanfan | 17 avril 2010 à 03h08
 
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l'Ineris complice?

"cruel manque de retour d'expérience"? non, les fuites ET les mouvements du fond marin ont été observés sur les sites pilotes en Norvège.(tapez greenpeace utsira dans un bon moteur de recherche pour lire le rapport -en anglais)

ce n'est pas neutre de continuer à faire comme si on ne savait pas, surtout de la part d'un organisme scientifique.

ro | 21 avril 2010 à 09h55
 
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CO2 cendres et enterrement

On appelle cendres, le résidu solide de la combustion d'un solide. Mais le CO2 par nature est aussi une cendre puisque c'est un résidu de combustion, mais on ne le nomme pas ainsi car c'est un gaz, incolore, inodore, sans saveur: donc "invisible". Notre civilisation carbonée a pris conscience petit à petit de son existence. Et maintenant qu'elle sait que cette cendre existe, elle veut l'enterrer, comme le reste. Tout cela relève à mon avis du rite funéraire, on enterre avec cérémonies les restes de ce que l'on a aimé. Un vrai enterrement, mais sans recyclage. Car il est bien là le problème: le cycle géochimique du carbone n'est pas à l'échelle de la vie humaine, ni même d'une civilisation humaine. Le carbone fossile n'est tout simplement pas durable en regard de l'homme moderne. Qui durera plus que l'autre? L'homme durera-t-il au delà de la consommation de tout le carbone fossile? Il serait peut-être temps de faire coïncider le cycle de l'homme avec celui de son énergie: utiliser l'énergie infinie du soleil pour la transformer en un vecteur à très court temps de cycle, l'hydrogène par exemple, tout ça avec une bonne dose de sobriété.

Gugu | 22 avril 2010 à 08h33
 
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Business as usual

Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des «usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020, voire 2030.

Escaravage | 06 mai 2010 à 11h29
 
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En travaillant sur la séquestration du CO2 dans les fonds marins et dans les milieux rocheux, je me disais qu'on est entrain de "séquestrer" aussi l'avenir des prochaines générations. Mais si un jour ... de nouvelles technologies utiliseraient ce CO2 pour en faire bon usage. Tiens je viens d'apprendre qu'on peut utiliser le CO2 comme réfrigérant, pour un gaz à effet de serre, n'est ce pas pas amusant. C'est peut être un retour à l'équilibre.....????

Fouad | 02 décembre 2010 à 22h16
 
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