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Usage non agricole du glyphosate : des alternatives très limitées

Selon une étude des ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture, les alternatives au glyphosate dans les zones non agricoles sont très limitées. Leurs gestionnaires sont les oubliés du plan de sortie, tout comme la recherche publique.

Agroécologie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Usage non agricole du glyphosate : des alternatives très limitées

Dans le cadre du plan de sortie du glyphosate, les regards se sont tournés prioritairement vers les usages agricoles. Viticulture, grandes cultures, arboriculture, l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) a évalué les alternatives à cet herbicide pour en déduire les usages à prohiber en supprimant des autorisations de mise sur le marché (AMM). Mais qu'en est-il des usages non agricoles comme le traitement des voies de chemin de fer, des alentours des postes électriques ou encore des autoroutes, des aéroports ou des cimetières ? Car si la loi Labbé a interdit l'emploi des herbicides à base de glyphosate dans les espaces verts, forêts et promenades, les traitements restent autorisés pour les gestionnaires d'espaces privés recevant du public, dont les parcs d'attractions, golfs, entreprises avec espaces végétalisés, terrains de sport, mais aussi les cimetières pour des raisons culturelles.

Les ministres de la Transition écologique et de l'Agriculture ont missionné le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur ces usages très hétérogènes. Après plusieurs mois d'auditions et un rapport terminé en octobre 2019, les conclusions de la mission viennent seulement d'être rendues publiques et mettent en évidence un potentiel de substitution très restreint.

Des alternatives 5 à 10 fois plus chères

 
La SNCF se prépare SNCF Réseau a engagé un programme de recherche d'alternatives en vue de sortir du glyphosate fin 2021. Ainsi, la SNCF prévoit d'acquérir de nouveaux trains désherbeurs et d'adapter ses trains régionaux existants. Équipés d'un système de détection de la végétation, ils devraient permettre de réduire de 50 % les surfaces traitées. En substitution du glyphosate, le groupe va utiliser un mélange de biocontrôle (95 %) et de sulfonylurée (produit de synthèse). À l'occasion de travaux de renouvellement de voie, la SNCF installe également un géotextile sous la piste qui permet d'empêcher la végétation de se développer.
 
Les quantités de glyphosate employées en zones non agricoles sont très faibles comparées aux usages agricoles : moins de 1,5 % du glyphosate vendu en France. Si la France veut élargir l'interdiction du glyphosate aux ZNA dans le respect du règlement européen relatif à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, elle doit démontrer que des alternatives non chimiques existent sans inconvénients économiques. À cette condition, l'Anses pourra alors refuser de nouvelles autorisations de mise sur le marché. La mission a donc recensé les alternatives disponibles, leurs avantages et inconvénients. Résultats : « les alternatives sont de 5 à 10 fois plus chères selon tous les interlocuteurs rencontrés en raison de l'allongement du temps de travail, et de la nécessité de faire plusieurs passages. Les employeurs soulignent que leur personnel est exposé à des risques quantitativement plus importants liés à la pénibilité plus importante du désherbage mécanique ou manuel ».

Quant aux produits de biocontrôle herbicides sur le marché, à base d'acide pélargonique, d'acide acétique et d'acide caprylique, leur emploi est limité par leur coût important, leur efficacité moindre et leur volume d'application. En bref, les solutions sont limitées. L'Anses ne va pas pouvoir interdire massivement. Par contre, elle pourrait limiter les usages.

Élargir les ZNA dans l'organisation de plan de sortie du glyphosate

C'est l'une des propositions de ce rapport : conduire une réflexion « pour introduire dans les AMM de produits à base de glyphosate, pour leurs usages spécifiques en ZNA classés comme mineurs, une utilisation limitée aux seuls motifs de la sécurité des personnes et des biens, et d'ordre culturel », afin de rester cohérent avec la loi Labbé dont les exemptions sont basées sur ces mêmes critères.

La mission constate par ailleurs l'absence de prise en compte des zones non agricoles dans le dispositif mis en place par le plan de sortie du glyphosate. La « task force glyphosate » ne comporte pas d'acteurs opérant dans les zones non agricoles. Le site web du centre de ressources n'aborde pas les éventuelles techniques alternatives utilisables dans les zones non agricoles pour se passer de glyphosate. La mission conseille donc d'y remédier.

Et face à des alternatives limitées, la recherche est plébiscitée par la mission. Elle propose de favoriser les études pouvant déboucher sur de nouvelles substances ou agents présentant des effets herbicides, et susceptibles d'être développés sous forme de produits de biocontrôle. Les transferts de technologie depuis les secteurs agricoles ou industriels, répondant aux besoins des opérateurs en zones non agricoles, doivent aussi être encouragés. Toutes les pistes doivent être envisagées : pulvérisation ultralocalisée pour réduire les quantités, matériel de désherbage mécanique, automatisation… pour ouvrir le spectre des alternatives.

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Une autre piste est à encourager dès lors qu'il n'y a pas d'obligations techniques et/ou de sécurité : éduquer le regard des utilisateurs des espaces publics et privés pour l'acceptation de la végétation sauvage. Il n'y a pas de "mauvaises herbes" mais des adventices, on peut parfaitement tolérer qu'elles poussent au pied des arbres d'ornement et à la jointure trottoir/mur (un passage annuel suffit généralement afin de s'assurer que des ligneux ne s'y installent pas), un cimetière peut-être raisonnablement enherbé sans que cela constitue un outrage, etc. Pas mal de communes l'ont déjà fait et, à ma connaissance, aucun maire n'a jusqu'à présent été lynché par ses administrés pour ce motif (ni aucun autre, fort heureusement).
J'observe encore trop souvent une obsession à faucher la végétation x fois au printemps le long de voies communales alors qu'elle ne gène personne, hormis le regard des élus. Au contraire même : les épareuses mutilent parfois ça et là des espèces de plantes devenues rares, dont certaines sont protégées par la loi, plaçant ainsi les maires dans l'illégalité (néanmoins jamais constatée), alourdissant inutilement les budgets de fonctionnement et privant certains de leurs administrés intéressés par la botanique de belles observations.

Pégase | 01 juin 2021 à 23h57
 
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