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Températures : quand les extrêmes se banalisent

Le rapport annuel de l'Agence américaine d'observation de l'océan et de l'atmosphère confirme que 2017 a été une des trois années les plus chaudes de la planète. La concentration de CO2 dans l'atmosphère a quadruplé depuis les années soixante.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

En 2017, les principaux gaz à effet de serre émis dans l'atmosphère ont atteint de nouveaux records. La concentration de dioxyde de carbone à la surface de la Terre pour 2017 a atteint 405 ppm, soit 2,2 ppm de plus qu'en 2016. Il s'agit de la plus grande concentration de CO2 en 800.000 ans enregistrée dans les carottes glaciaires. Avec une accélération récente : le taux de CO2 a presque quadruplé depuis le début des années soixante.

C'est ce qu'indique le rapport sur l'état du climat en 2017, publié mercredi 1er août par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l'agence fédérale américaine chargée de l'observation des océans et de l'atmosphère. Une synthèse annuelle établie en collaboration avec l'American Meteorological Society et à laquelle ont contribué plus de 500 scientifiques de soixante-cinq pays, qui ont compilé plusieurs dizaines de milliers de mesures.

Alors qu'en 2017 l'influence du phénomène El Niño dans la partie équatoriale de l'océan Pacifique était neutre et l'activité de La Niña faible, la température des surfaces terrestre et océanique a été classée deuxième ou troisième plus élevée, selon les enregistrements qui remontent au milieu du XIXe siècle. Les températures de la stratosphère les plus basses étaient de 0,2°C supérieures à la température la plus froide de 2016.

Plusieurs pays, dont l'Argentine, la Bulgarie, l'Espagne et l'Uruguay ont enregistré des températures annuelles record. Le Mexique a battu son pic annuel pour la quatrième année consécutive. Le 27 janvier 2017, la température a atteint 43,4°C à Puerto Madryn en Argentine - il s'agit de la plus haute température enregistrée dans le sud. Le 28 mai à Turbat, dans l'ouest du Pakistan, la température de 53,5°C a été la plus haute température record du monde pour le mois de mai.

Une vague de blanchiment des coraux d'une ampleur inédite

En Arctique, la température de la surface terrestre en 2017 était de 1,6°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010, battant le record de 2016. Les cinq plus hautes températures arctiques ont toutes eu lieu depuis 2007. Des températures exceptionnellement élevées ont été observées dans le pergélisol, avec des valeurs record signalées dans une grande partie de l'Alaska et au nord-ouest du Canada. Selon les études paléoclimatiques, l'air arctique anormalement chaud d'aujourd'hui et les températures de surface n'ont jamais été observés au cours des 2.000 dernières années. Les températures croissantes ont entraîné une diminution de l'étendue et de l'épaisseur de la glace de mer dans l'Arctique. Le 7 mars, l'étendue des glaces de mer a connu son plus bas maximum jamais enregistré par satellite en 37 ans, couvrant 8% de superficie en moins que la moyenne de 1981-2010. La banquise arctique, à son minimum saisonnier le 13 septembre, couvrait 25% de surface en moins que la moyenne à long terme.

Dans l'ensemble des océans, la tendance au réchauffement des températures de surface est restée forte. Bien que celles-ci aient légèrement baissé par rapport à 2016 jusqu'en 2017, les trois dernières années ont produit les trois valeurs annuelles les plus élevées. Ces anomalies ont été associées à une vague massive de blanchiment du corail qui a duré trois années complètes, de juin 2014 à mai 2017. C'est la vague de blanchiment la plus longue, la plus étendue et la plus destructrice jamais enregistrée. Le niveau des mers au cours de l'année est le plus élevé jamais observé par satellite en 25 ans, s'élevant à 77 millimètres au-dessus de la moyenne de 1993.

Réactions2 réactions à cet article

 

Il n'y a guère que voies :
- soit on continue à faire l'autruche et, à condition d'enfoncer plus profond la tête, on conservera l'illusion qu'il fait encore relativement frais et donc que tout va bien,
- soit on trouve la lucidité de placer la protection de l'environnement, de la nature et du climat en tête des priorités d'action publique en lieu et place du tout économique de court terme partout dans le monde et alors, on a une petite chance de limiter la casse.
La première est confortable sur le moment mais n'augure que d'avantage de chaos. La seconde demande du courage et des efforts immédiat en remettant en cause le modèle de développement dominant mais laisse la porte ouverte à une possible gestion de crise efficace.
Le choix dépend beaucoup de savoir si on est actionnaire d'une société qui vend des climatiseurs ou non !

Pégase | 09 août 2018 à 09h08
 
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Entièrement d'accord mais, par pitié, ne confondons pas agitation et action. Les âneries gouvernementales actuelles (sommets climat, affichage environnemental, plans Hulot (quel plan? il faut définitivement lui retirer l'incompétence en énergie), Etats généraux, Assises, ajout du mot "climat" dans les discours emphatiques façon "planet great again", etc.) me semblent relever de la première catégorie.

Albatros | 20 août 2018 à 10h56
 
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