En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

L'ivoire illégal provient majoritairement d'Afrique centrale

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

L'ONG WWF et son bureau Traffic ont publié, le 7 septembre, un nouveau rapport qui alerte sur le trafic d'ivoire opéré dans cinq pays d'Afrique centrale (Cameroun, République centrafricaine (RCA), Congo, République démocratique du Congo (RDC) et Gabon) "depuis près de 20 ans".

Ce rapport présente les résultats des enquêtes de terrain sur les marchés d'ivoire, réalisées dans 11 villes des cinq pays, en 2007, 2009, 2014 et 2015, par deux chercheurs. La législation actuelle dans les cinq pays, à l'exception du Cameroun, interdit le commerce intérieur de l'ivoire. Le rapport souligne des "efforts" d'application de la loi, "avec aucune ou de très faibles quantités d'ivoire commercialisées dans tous les pays visités, à l'exception de la République démocratique du Congo où le marché de l'ivoire à Kinshasa continue de prospérer".

Mais le trafic n'a pour autant pas disparu dans les pays appliquant la loi face à la "corruption des autorités", tempère l'étude. Il "a simplement basculé dans la clandestinité", précise Stéphane Ringuet, responsable du Programme Commerce des espèces sauvages au WWF France et co-auteur du rapport. "L'Afrique centrale est l'une des plus grandes sources mondiales d'ivoire illégal". Dans la plupart des villes d'Afrique centrale visitées, le commerce de l'ivoire passe d'un commerce domestique ouvert d'ivoire travaillé de détail aux transactions souterraines. "La dissimulation du marché s'explique principalement par le pillage de groupes armés dans certains pays tels que la RDC, le Congo et la RCA, et la pression croissante des autorités effectuant de fréquentes opérations d'application de la loi".

Des réseaux criminels chinois

Des réseaux criminels alimentent l'exportation d'ivoire brut sur les marchés étrangers, en particulier la Chine, et contribuent à réduire la disponibilité d'ivoire sur les marchés locaux. "Les réseaux criminels organisés, notamment de citoyens chinois, opèreraient dans la sous-région et deviendraient désormais des acteurs clés du commerce d'ivoire (…). Les acheteurs chinois ont remplacé les expatriés et les touristes européens, qui étaient auparavant les principaux acheteurs", ajoute le rapport. Ces réseaux ont un impact sur les prix moyens de l'ivoire brut (qui ont augmenté d'au moins 20%, de 2007 à 2016, dans tous les pays) et l'ampleur du braconnage en Afrique. Environ 20.000 éléphants d'Afrique "meurent chaque année en raison de leurs défenses en ivoire", rappelle Stéphane Ringuet.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…