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Le SOeS redéfinit le périmètre métier des éco-activités

59 milliards d'euros et 400.000 emplois, dont 44.000 pour les EnR ! Ce sont les nouvelles estimations du SOeS qui prend pour la première fois en compte le secteur des EnR et l'efficacité énergétique, pour décrire le marché des éco-activités.

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
 Le SOeS redéfinit le périmètre métier des éco-activités
© PF30
   
Le Service d'observation et statistiques (SOeS, ex-Institut français de l'environnement - IFEN) du Commissariat général au développement durable (CGDD) vient de publier un nouveau rapport qui fait le bilan des éco-activités et de l'emploi environnemental en France entre 2004 et 2007. Le SOes a étudié 4 indicateurs : la production, dont les exportations, la valeur ajoutée et l'emploi généré par les éco-activités, comprenant la production de bien ou de services concourant à la protection de l'environnement et à la gestion des ressources naturelles.

Un périmètre métier harmonisé aux standards européens

Les travaux méthodologiques du SOeS/CGDD s'inscrivent dans le contexte d'une double commande : celle du Conseil stratégique des éco-industries qui a demandé pour la fin du premier semestre 2009 la mise au point d'un périmètre statistique de définition des éco-entreprises et d'un tableau de bord présentant les résultats sur le périmètre d'observation.
La seconde commande concerne la définition du périmètre des éco-activités conforme aux recommandations d'Eurostat afin de permettre des comparaisons nationales.

Contrairement aux précédents rapports annuels de la Commission des comptes et de l'économie de l'environnement, les emplois des services de production – distribution d'eau et du domaine du cadre de vie (gestion des espaces verts urbains) ont été retirés du périmètre de l'emploi environnemental, dans ce rapport 2007.

En revanche, l'activité de rechapage des pneus, l'agriculture biologique, les énergies renouvelables (EnR) et l'efficacité énergétique sont pour la première fois intégrées dans ce périmètre d'étude. Les estimations de la production et des emplois dans le domaine des ENR et de l'efficacité énergétique sont basées sur l'étude de l'Ademe publiée en juillet 2008. Toutefois contrairement à l'étude de l'Ademe, les emplois dans les produits adaptés observés dans le domaine de l'efficacité énergétique (pose et fabrication des vitrages isolants et de portes isolantes; véhicules de classe A et B) ne sont pas comptabilisés dans ce périmètre.

Concrètement, les activités liées à la gestion durable de l'eau, des déchets ou de l'espace urbain, à la protection de l'air et du climat, aux risques naturels et technologiques ou encore celles dédiées aux ressources énergétiques et à l'éco-tourisme ont été étudiées par le SOeS.

Un marché de 59 Mds d'euros dominé par la gestion des eaux usées et des déchets

En 2007, la production des biens et services environnementaux s'est élevée à 59 milliards d'euros, impulsée par les services de gestion des eaux usées représentant 14 milliards d'euros. Les énergies renouvelables se placent en troisième position avec 8,2 milliards d'euros, la grande hydraulique contribuant à ce résultat à hauteur de 2,1 milliards d'euros.

Dans le cadre de ce périmètre, le SOeS précise que le rythme de croissance de la production d'éco-produits s'est établi à 7,7% en moyenne annuelle de 2004 à 2007, avec une croissance particulièrement soutenue pour le domaine des énergies renouvelables atteignant les 19,5% par an, contre 4,9 % pour l'ensemble des branches.

Les exportations représentent quant à elles 7 milliards d'euros, la plus grande partie concernant le domaine de la récupération, avec 4 milliards d'euros. ''Le prix des matières premières secondaires s'est envolé au cours de cette période et la production en valeur courante a ainsi augmenté de près de 1 milliard d'euros entre 2004 et 2007'', explique le rapport. Arrive en second le secteur des EnR pour les exportations qui ont représenté 1,2 milliard d'euros en 2007, correspondant à la fabrication d'équipements. Concernant les éco-produits, la balance commerciale est excédentaire de 2,5 milliards environ en 2007.

400.000 emplois environnementaux en 2007

Côté recrutement, les éco-activités ont représenté environ 400.000 emplois en France (+2,8% par rapport à 2006) dont 282.000 sont attribuables aux éco-activités marchandes des éco-entreprises, 89.000 à celles des administrations publiques et 29.000 aux services internes de protection de l'environnement des entreprises.

La gestion des eaux usées (95.200) et celle des déchets (99.700) regroupent près de la moitié des emplois environnementaux. Si pour 2007, la suppression du domaine cadre de vie, celle des services et de l'installation de nouveaux équipements pour la production distribution d'eau ont réduit respectivement de 48.000 et de 29.000 le nombre d'emplois environnementaux, l'ajout des domaines des EnR (+44.000), de l'efficacité énergétique (+23.000) et de l'agriculture biologique (+20.000) a contribué à un supplément de 97.000 emplois.

Entre 2004 et 2007, le SOeS constate ainsi une augmentation des emplois environnementaux de 4,2% en moyenne annuelle, avec notamment la croissance des emplois inhérents à la gestion durable de l'eau (+ 9,5 % par an environ) ou au développement des énergies renouvelables (+ 30% par an environ). Pour David Ascher, directeur du site Internet Emploi-Environnement, qui avait, à de nombreuses reprises, appelé à une redéfinition du périmètre des métiers de l'Environnement en y incluant notamment les EnR, cette étude reflète enfin les vraies tendances du marché des éco-activités. Le périmètre métier est mieux défini. Y sont décrites les évolutions pour les métiers qui comportent une vraie dimension de protection de l'Environnement. Ainsi, les tendances que nous observons sur notre site de recrutement ''collent'' logiquement aux résultats de cette étude du SOeS.

Le Service d'observation et statistiques avertit que cette croissance ne signifie pas pour autant des créations nettes liées à l'économie verte. L'angle de vision de l'emploi reste limité au domaine des éco-activités : les effets de substitution, avec d'éventuelles baisses d'emplois dans certains sous-secteurs, ne sont pas comptabilisés, précise-t-il.

Si les résultats de 2008 et pour le 1er semestre 2009 ne sont pas encore connus, le SOeS indique cependant que ce classement sera affecté par la crise économique mondiale, avec notamment la chute des cours des matières premières secondaires et son impact sur le secteur de la récupération.

Réactions1 réaction à cet article

 
Informer le public des opportunités éco emploi...

Y-at-il un plan d'action globale qui coordonne cette expansion des métiers de protection de l'environnement ? Ces nouvelles activités font-elles l'objet d'étude sur l'impact positif qu'elles produisent et sont-elles suffisantes pour remédier à la crise écologique ? Quels sont les métiers qui restent à créer, quels sont ceux qui existent déjà, et qui vont être amené à se développer, à s'accroitre ? Qui donne l'impulsion pour ouvrir ces nouveaux postes à l'emploi ? Il est souhaitable de reconvertir, donc de former tous ceux qui sont en recherche d'emploi et aussi la nouvelle génération... Il serait judicieux d'inclure dans la liste : les métiers d'audit, de contrôle et d'évaluation des politiques de gestion durable mis en place, dans les entreprises et aussi auprès des collectivités locales; les métiers d'expertise des spécialistes en biodiversité(surtout pour les études d'impact d'avant projet).

Océane | 15 juillet 2009 à 17h23
 
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