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Vers des technologies de l'information et de la communication moins énergivores

Si selon deux études publiées hier, le secteur des TIC générait 7,3% de la consommation électrique française, celle-ci pourrait décroître à 6,7% en 2012 tout en contribuant à la réduction de 7% des émissions de GES d'ici à 2020. Explications.

Energie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
 Vers des technologies de l'information et de la communication moins énergivores
Les fédérations professionnelles du secteur des TIC en France, Alliance TICS (équipementiers télécoms et informatique), la Fédération Française des Télécoms (télécoms) et la FIEEC (Industries électriques, électroniques et de communication) ont présenté le 14 janvier les résultats de deux études : l'une du cabinet conseil Idate portant sur la consommation électrique de la filière TIC en France et un rapport du Boston Consulting Group (BCG) qui évalue les effets induits sur l'environnement de l'utilisation des technologies TIC.

Selon l'étude du cabinet Idate qui couvre les équipements informatiques, les équipements et services télécoms et les équipements de l'électronique grand public, la consommation électrique des produits issus de l'industrie des technologies de l'information et de la communication (TIC) représente 7,3% de la consommation électrique totale en France en 2008. Le cabinet observe une augmentation de 19% des consommations électriques de la filière entre 2005 et 2008, avec respectivement 35,3 TWh et 29,6 TWh consommés.

Rappelons que selon une étude du Conseil général des technologies de l'information et du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) remise en mars dernier aux ministres du Développement durable Jean-Louis Borloo et de l'économie Christine Lagarde, les TIC représentent le premier poste de consommation d'électricité des ménages, après le chauffage et la fourniture d'eau chaude sanitaire.

Objectif : 6,7% de la consommation électrique française en 2012

Si selon cette étude du CGEDD commandée par le gouvernement, la consommation d'énergie des TIC - qui a augmenté d'environ 10 % par an sur les dix dernières années - pourrait atteindre les 20% dans les années à venir, les résultats du cabinet Idate contrastent avec ces chiffres ''explosifs''. Ainsi d'après Julien Salanave responsable du pôle équipements télécoms d'Idate, la consommation électrique des produits issus de la filière va ''décroître'' et passer de 7,3% en 2008 à 6,7% d'ici 2012, soit 34,1 TWh/an. Cette tendance à la baisse est enregistrée malgré le fort développement des usages de ces technologies depuis trois ans (6% par an) provenant pour les 2/3 des équipements utilisateurs (TV, boxes, etc.) et 1/3 des équipements d'usage intermédiaires. Leur consommation électrique n'a augmenté que de 19% en trois ans, alors que pendant le même temps le nombre d'équipements bondissait de 40%.

Le nombre d'abonnés haut débit a en effet quasiment doublé en trois ans à 17 millions fin 2008, soit 8 millions de connexions supplémentaires depuis 2005. Tandis que celui des équipements utilisateurs actifs pour l'accès aux TIC a augmenté de 40% sur la même période. Au-delà des bases installées, les usages haut-débit ont globalement triplé en France sur la période si l'on ajoute le développement de la voix sur IP et de la télévision sur IP. Parmi les principaux équipements utilisateurs les plus énergivores : les décodeurs TV qui ont vu leur consommation passer de 2 Twh/an en 2005 à 2,6 Twh/an en 2008, les téléviseurs de 7,2 Twh/an à 8,9 Twh/an tandis que les magnétoscopes et DVD ont vu leur consommation électrique baisser à 0,9 Twh/an contre 1,3 Twh/ an en 2005. Les serveurs informatiques consomment de leur côté 5,2 Twh/an (contre 3,6 TWh/an en 2005) tandis que la consommation électrique des unités centrales PC et des écrans a chuté pour passer respectivement de 5,9 Twh/an à 5,3 en 2008 via le développement des écrans LCD et de 2,4 Twh/an à 2,2 en 2008, impulsée notamment, par la labellisation Energy Star pour ordinateurs, écrans et serveurs de la Communauté européenne relatif à l'efficacité énergétique des équipements de bureau.

Autre mesure visant à améliorer l'efficacité énergétique des équipements : les pratiques d'éco-conception engagées dans les années 90 et mesurées dans cette étude depuis 2003, se sont généralisées dans la filière des TIC, introduisant des gains de performance énergétique de l'ordre de 20 à 30% sur les nouvelles générations de plusieurs catégories d'équipements : ordinateurs, écrans équipements de réseau d'accès mobile… Idate table ainsi sur une baisse notamment de 5% par an de la consommation énergétique du secteur informatique d'ici à 2012.

Si la consommation électrique des ordinateurs portables a toutefois augmenté en 2008 à 0,9 Twh/an (contre 0,6 en 2005), celle des boxes ADSL et décodeurs est également en hausse passant de 0,3 Twh/an en 2005 à 1,6 Twh/an en 2008. Selon l'étude, la consommation du secteur électrique du secteur télécoms devrait se stabiliser ''avec la diffusion d'une fonction basse consommation dans les équipements fixes''. ''Nous allons introduire un interrupteur marche/arrêt sur les décodeurs TV et introduire une fonction de veille dans les modems sans altérer la possibilité de recevoir des appels téléphoniques'', a précisé Richard Lalande, président de la Commission Développement Durable de la Fédération Française des Télécoms, lors d'une conférence de presse, concernant les box Internet fonctionnant 24 heures sur 24 dans la plupart des foyers.

Une empreinte carbone de 30 millions de tonnes (Mt) de CO2 par an

Du fait de leur seule consommation énergétique, les TIC ont une empreinte carbone. Malgré les évolutions technologiques permettant de réduire les niveaux de consommation électrique, les TIC contribuent pour 2% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon la Commission européenne. En France, cette empreinte globale s'élèverait à 30 millions de tonnes (Mt) de CO2 par an soit environ 5% de la production de CO2 en France estimée à 554 Mt, selon le rapport du CGEDD.

Le poste audiovisuel et informatique domestique (ordinateur et télévision) pèse 12 Mt CO2/an. Même si le taux moyen par citoyen (120 kg) reste assez faible, le secteur audiovisuel seul est responsable du quart du dégagement de CO2 des TIC avec 7,7 Mt. Cela représente plus de 1% du dégagement de CO2 en France, selon le CGEDD qui rappelle également l'apport des TIC dans la lutte contre le changement climatique. ''Les TIC ont un apport positif pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en permettant d'économiser 1 à 4 fois leurs propres émissions sur le reste de l'économie'', souligne le CGEDD.

7% de réduction des émissions de GES grâce aux TIC

La contribution des TIC à la réduction des émissions de GES est nécessaire à l'atteinte des objectifs du Plan Climat-Energie européens de réduction des émissions de GES de 20% d'ici 2020, ajoute de son côté le rapport du Boston Consulting Group. La diffusion des TIC dans les différents secteurs de l'économie, selon le BCG, permettraient de réduire 7% des émissions totales françaises en 2020 soit 32 millions de tonnes de CO2, ce qui représenterait plus d'un tiers de l'objectif national et européen. Selon l'étude, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France devraient passer de 536 MtCO2 en 2007 à 489 MtCO2 en 2020 ''dans un scénario ''business as usual'' qui inclut les efforts déjà engagés par la France''.

Le BCG souligne que ces efforts doivent être concentrés dans l'optimisation des consommations électrique en heures de pointe qui représenterait un gisement de gain de 9 MtCO2 en 2020, la mise en place d'outils de pilotage à distance du chauffage et des équipements domestiques (''smart home'') et à terme de la recharge des véhicules électriques (un gain potentiel de 7,9 TWh en 2020 ). A l'instar du CGEDD, les auteurs de l'étude appelle aussi à optimiser les transports qui pourrait représenter un gisement de réduction de 15 MtCO2 : amélioration des réseaux logistiques professionnels, de solutions d'aide à la conduite des véhicules particuliers (GPS alimenté en temps réel par de l'info trafic et de l'info stationnement). Le développement de la dématérialisation représenterait de son côté un gisement de réduction de 3 MtCO2 notamment grâce au développement de la visioconférence, du télétravail, de l'eCommerce et de l'ePaper.

Les trois fédérations professionnelles se sont engagées à réduire la consommation d'électricité du secteur (informatique, télécoms, produits électroniques) d'ici 2012 et 2020, tout en contribuant à réduire les émissions de CO2 de l'économie. ''Nous voulons soutenir la diffusion massive des nouvelles technologies dans notre société, mais à consommation électrique stable'', a assuré Richard Lalande.

Réactions4 réactions à cet article

 
Faux si on prend en compte l'énergie grise

L'étude de l'iDate est intéressante sur la phase d'utilisation. Mais elle oublie l'énergie grise, c'est à dire l'énergie dépensée sur tout le cycle de vie des appareils électroniques / informatiques.

Or, l'énergie grise d'un PC représente 3 ans de consommation électrique en phase d'utilisation. Au rythme actuel de renouvellement d'un ordinateur (moins de 3 ans), il y a plus d'énergie dépensée pour le fabriquer que lors de son utilisation. Si l'on prend tout le cycle de vie des matériels informatiques en compte, la consommation électrique des TIC va mécaniquement augmenter dans les années à venir...

GreenIT.fr | 20 janvier 2010 à 10h20
 
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Re:Faux si on prend en compte l'énergie grise

il faut relativiser: qui change son PC tous les 3 ans?

Pas moi, ma famille non plus, ni mes amis et encore moins mon entreprise.

On est plus sur du 5ans minimum pour le PC domestique et 10ans sur la professionnel.

dolgan | 21 janvier 2010 à 14h25
 
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Re:Re:Faux si on prend en compte l'énergie grise

Malheureusement, la durée d'utilisation moyenne d’un ordinateur est passé de 6 ans en 1997 à moins de 3 ans en 2005 source : rapport PNUE, 2005.

GreenIT | 21 janvier 2010 à 15h18
 
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Juste

C'est une remarque à juste titre, j'allais faire la même. Les analyses de cycle de vie existent depuis lgtps. Autant les utiliser à bon escient, et l'étude de IDate aurait pu être le bon moment.
Bref, les PC ne sont pas les seuls, les téléphones portables se changent de plus en plus souvent aussi! La consommation augmente dès l'arrivée d'une nouvelle technologie: écran plat, tactile, TNT, Blueray, HD...

Kent | 26 janvier 2010 à 16h21
 
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