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50 entreprises du WBCSD signent un manifeste pour améliorer l'efficacité énergétique de leurs bâtiments

Energie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Le Conseil Mondial des entreprises pour le Développement Durable (WBCSD) a présenté le 12 février la version française du rapport ''Transformer le Marché'', paru en avril 2009 et le Manifeste d'engagement des entreprises membres du consortium en faveur de l'efficacité énergétique de leurs bâtiments.

Rappelons qu'il s'agit du second rapport publié dans le cadre du projet EEB (Energy Efficiency in Buildings), initié en 2006 par le WBCSD, un consortium regroupant plus de 200 entreprises, et le PNUE, auquel participent 14 groupes notamment Lafarge, Arcelor Mittal, EDF et GDF Suez. Objectif de l'EEB : réfléchir à la conception et à la construction de bâtiments ne consommant aucune énergie d'origine externe, neutres en carbone et pouvant être construits et gérés au meilleur coût. D'une durée de quatre ans, ce projet couvre l'intégralité du cycle de vie des bâtiments, de leur construction à leur démolition. Il concerne à la fois les immeubles résidentiels et commerciaux, responsables d'environ 40% de la consommation d'énergie et d'émissions de CO2 au niveau mondial. Le rapport se concentre sur six régions : Europe, Etats-Unis, Brésil, Chine, Japon et Inde.

Une réduction de 60% de la consommation d'énergie d'ici 2050

Selon le rapport ''Transformer le marché'', réduire de 60% la consommation d'énergie dans les immeubles d'ici à 2050, est possible, ''à condition d'engager dès aujourd'hui une transformation profonde du secteur du bâtiment. Sans mesures immédiates, des milliers de nouveaux bâtiments seront construits sans aucune considération pour l'efficacité énergétique et des millions de bâtiments existants consommant plus d'énergie que nécessaire seront toujours présents en 2050'', avait souligné en avril dernier Björn Stigson, président du WBCSD.

Ce rapport expose les vecteurs de transformation nécessaires et propose une feuille de route pour réduire la consommation d'énergie dans les bâtiments. Pour ce faire, il formule ainsi six recommandations : renforcer la réglementation thermique et les labels énergétiques, mettre en place les subventions nécessaires au soutien des investissements et faire usage de signaux prix, encourager les innovations, développer et utiliser des technologies de pointe, développer une main d'oeuvre pour les économies d'énergie et mobiliser la société autour des économies d'énergie.

Des recommandations qui vont notamment dans le sens des mesures prises en France dans le cadre du Grenelle en matière de performance énergétique et de formations professionnelles des salariés et artisans du bâtiment, annoncées dans le plan de mobilisation des métiers de la croissance verte, présenté en janvier par le gouvernement. Si l'Etat a été invité à revoir sa copie concernant la mise en place d'une taxe carbone (contribution carbone), le rapport propose d'utiliser plutôt les revenus de cette mesure fiscale pour subventionner les investissements d'économie d'énergie. Il s'agirait d'appliquer une taxe spécifique au bâtiment (un impôt modifié ou supplémentaire) ''pour éviter un impact négatif sur l'économie d'une taxe générale sur l'énergie ou le carbone''.

Les coûts d'une transformation du secteur du bâtiment ? En se basant sur un prix de référence du baril de pétrole à 60 dollars (42 euros le baril), de nombreux projets d'économie d'énergie ''seraient rentables aux coûts énergétiques actuels''. Ainsi, investir 150 milliards de dollars (105 milliards euros) par an dans l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments dans les six régions étudiées permettrait de réduire de 40% la consommation d'énergie et des émissions de CO2 avec un retour sur investissement de cinq ans pour les propriétaires, selon l'étude. 150 milliards de dollars supplémentaires amortis sur une période comprise entre 5 et 10 ans, permettrait d'atteindre même une réduction de 50% des émissions de CO2 ou de dépenses en énergie à l'horizon 2050. 650 milliards de dollars (455 milliards euros) d'investissements supplémentaires permettraient d'atteindre l'objectif de 77 % de réduction énergétique préconisé par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), en appliquant les mesures préconisées.

Un manifeste

Suite à la publication du rapport, cinquante entreprises membres du WBCSD ont déjà signé un manifeste élaboré en octobre dernier par le consortium, qui est destiné à mobiliser les entreprises pour améliorer l'efficacité énergétique de leurs bâtiments tertiaires.

''Il s'agit donc de faire ce qu'on préconise'', a souligné Constant van Aerschot, directeur de la prospective de Lafarge, à l'occasion d'une conférence de presse. Ce manifeste propose donc ''cinq actions'' : fixer des objectifs de réduction des consommations énergétiques et/ou des émissions de CO2 et ''des échéances ambitieuses et cohérentes avec la transformation souhaitée'' ou encore élaborer une politique d'entreprise fixant des niveaux de performance énergétique minimaux dans les bâtiments tertiaires de l'entreprise.

Les groupes signataires parmi lesquels la Société générale, Adidas, Nissan, Vestas s'engagent également à définir et réaliser une politique d'audit et publier, chaque année, la consommation d'énergie et les émissions de CO2 de leurs immeubles, ainsi que les progrès réalisés pour atteindre les objectifs de réduction. Ils s'engagent en outre à promouvoir l'efficacité énergétique des immeubles auprès des employés, des fournisseurs et des autres partenaires.

''L'exemplarité en matière d'efficacité énergétique dans le bâtiment représente des opportunités de réduction des coûts d'exploitation, d'amélioration de la productivité des employés et de leur satisfaction et, de valorisation de l'image des entreprises'', a fait valoir le WBSCD.

Réactions1 réaction à cet article

 
Quelles sont les vrais intentions ?

"......représente des opportunités de réduction des coûts d'exploitation, d'amélioration de la productivité ....." Que vient faire la productivité des salariés dans ce sujet? Ces entreprises n'auraient elles pas d'autres idées derrière la tête que le développement durable ?

THUTHU78 | 16 février 2010 à 22h11
 
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