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Les Amis de la Terre alertent sur les impacts sociaux de l'inclusion des forêts dans le marché du carbone

Alors que la réunion de Poznan sur le climat commence la semaine prochaine, les Amis de la Terre alertent sur les conséquences sociales que pourrait provoquer l'inclusion des forêts dans le marché du carbone avec la publication d'un nouveau rapport.

Gouvernance  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
À l'heure actuelle, le potentiel d'absorption du carbone atmosphérique par les plantes est pris en compte dans le protocole de Kyoto à travers la notion des puits de carbone. Concrètement il est possible d'obtenir des crédits de carbone en plantant des arbres. Cependant rien n'est prévu à l'heure actuelle au sujet de la déforestation. Pourtant l'empêcher éviterait de nouvelles émissions de CO2.
Dans le cadre des négociations concernant le prochain protocole international qui prendra la relève de celui de Kyoto, il est prévu d'intégrer la non-déforestation dans les mécanismes mis à disposition des pays pour réduire leurs émissions de GES. La Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) sera bientôt un outil de lutte contre le changement climatique à part entière qui devrait être opérationnel dès 2013.

Alors que les modalités d'intégration et de fonctionnement de ce nouvel outil sont en cours de négociations notamment lors de la prochaine conférence internationale qui débutera la semaine prochaine à Poznan en Pologne, l'association Les Amis de la Terre publie un rapport afin d'attirer l'attention des décideurs sur les risques sociaux qui pourraient résulter de l'intégration des forêts au marché du carbone.

 
Des sociétés spécialisées sont en train de se créer pour acheter des morceaux de forêts dans les pays du Sud et les revendre dans les pays du Nord à des entreprises qui souhaitent compenser leurs émissions de gaz à effet de serre  
Sylvain Angerand
 
L'association rappelle ainsi que l'existence de plus de 1,6 milliard de personnes dans le monde dépend des forêts, mais elles n'ont bien souvent pas de droits fonciers reconnus. L'association crainte par conséquent que la mise sous cloche des forêts provoque l'exclusion des populations autochtones alors qu'elles en sont le meilleur gardien. Des sociétés spécialisées sont en train de se créer pour acheter des morceaux de forêts dans les pays du Sud et les revendre dans les pays du Nord à des entreprises qui souhaitent compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, explique Sylvain Angerand, chargé de campagne forêt pour les Amis de la Terre France. Le système REDD soulève donc un dilemme éthique : à qui appartiennent les forêts ? Qui a le droit de vendre des crédits de carbone forestier ? Pour l'association, il est clair que, faute de droits fonciers bien définis, les peuples autochtones et autres communautés tributaires des forêts n'ont aucune garantie de recevoir une quelconque « incitation » ou « récompense » pour leurs efforts de conservation.
De la même manière, les pays pourraient voir réduite leur souveraineté sur leurs ressources naturelles en permettant à des investisseurs étrangers d'acheter les « services » des forêts.

Par ailleurs, le rapport explique que si le système REDD est financé par le biais des compensations de carbone les pays industrialisés ne seront pas tenus d'atteindre les réductions de leurs émissions convenues. Ils pourront maintenir leur style de vie à forte intensité de carbone en compensant leurs émissions à moindre coût dans les pays en développement.

L'association démontre en outre que le dispositif tel qu'il est actuellement prévu ne permettra pas d'arrêter le déboisement des forêts tropicales naturelles. Selon Les Amis de la Terre, le mécanisme REDD est basé sur une définition de forêt qui inclut les plantations. Autrement dit, le remplacement de forêts tropicales par des plantations d'arbres est possible. Or, selon le rapport les grandes plantations d'arbres en régime de monoculture causeraient de graves problèmes écologiques, économiques et sociaux. De plus, les plantations ne piègeraient que 20 % du carbone stocké par les forêts naturelles intactes.

Le rapport soulève enfin plusieurs problèmes méthodologiques déjà mis en évidence par une étude de la Mission Climat de la Caisse des dépôts publiée en septembre dernier : la difficile évaluation des stocks de carbone des forêts et les risques liés à la connexion du marché du carbone. Les marchés d'émissions pourraient être inondés, ce qui réduirait le prix du carbone et mettrait donc au point mort d'autres programmes d'atténuation du changement climatique.

Mais l'association reconnaît que le déboisement ne doit pas pour autant quitter le programme de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) : le débat sur le REDD devrait être remplacé par une négociation dans toute l'ONU, qui vise à stopper le déboisement et la dégradation des forêts une fois pour toutes, estime l'association.

Réactions3 réactions à cet article

 
l'inclusion des forêts dans le marché du carbone

bonjour!
Bravo à l'équipe des Amis de la Terre pour votre action, j'en suis sure, pour la décision qui veint d'être prise en ce qui concerne l'insertion des forêts en tant que puits de carbone dans le système du Protocole de Kyoto
cette décision serait plus que respectable au sens de la protection de l'environnement et la lutte contre la pollution de la nature si celle intégrerait la possibilité du reboisement par la création de puits de carbone notamment au Sahara où l'eau et les sols existent
cette action pourrait faire l'objet de concession comme pour la gestion des puits de carbone en forêts par les sociétés de Pays industrialisés aux fins de commercialisation de certificats verts
en d'autres termes le reboisement préconisé devrait compenser les dégradations déjà effectuées, rétablir les forêts dans leurs anciennes situation ce qui permettrait de faire revivre la faune et la flore et plus particulièrelment contribuer à assainir l'air que l'humanité respire
notre association est disposée à contribuer pour aider les sociétés ou les organismes habilités à créer les puits de carbone
au Sahara lieu privéligié et suscetible de favoriser une amlioration du climat dans tout le bassin Méditerranéen (sud de l'Europe qui souffre des enneigements ces dernières années)
que les associations qui oeuvrent dans le même esprit, c'est à dire faire des forêts le moyen privilégié de la lutte contre les changements climatiques, nous aident à faire admettre auprès des décideurs la concrétisation de tels projets

DAOUD Alger | 04 décembre 2008 à 10h57
 
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Pourquoi les forets, pourquoi seulement les forets

Et si le marché du carbone financera la dégradation des sols pour accroitre le potentiel de séquesration et entamer la nouvelle révolution verte.
Qu'en pensez vous?

Syrène | 11 décembre 2008 à 03h32
 
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Re:Pourquoi les forets, pourquoi seulement les for

bonjour!
pensez-vous qu'en reboisant l'on engendre des dégradations des sols?

DAOUD | 21 décembre 2009 à 11h34
 
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