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La réduction des GES liés à l'habitat parisien passera par des évolutions dans les modes de chauffage

L'Atelier parisien d'urbanisme vient de rendre public un rapport sur les consommations d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre liées au chauffage des habitations parisiennes mettant en évidence les leviers à actionner pour les limiter.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
La réduction des GES liés à l'habitat parisien passera par des évolutions dans les modes de chauffage
   
Dans le cadre du Plan Climat national validé en juillet 2004, les régions, départements, communes et intercommunalités sont invités à réaliser des Plans Climat Territoriaux afin d'identifier sur leur territoire les principales activités responsables d'émissions de gaz à effet de serre de façon à déployer des plans d'action en termes de réduction d'émissions. La ville de Paris n'échappe pas à la règle. Selon son Bilan carbone, réalisé en amont du plan climat, les transports de personnes, de marchandises et le bâtiment sont les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre du fait de la consommation d'énergie. Le bâti parisien composé des 70 millions de m2 de logements et des 50 millions de m2 de bureaux consomme sur un an près de 35.000 GWh d'énergie pour la production d'eau chaude sanitaire, l'éclairage et surtout pour le chauffage. Selon une étude détaillée et inédite de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) axée sur l'habitat parisien, le chauffage est le principal enjeu puisqu'il est responsable de 76% des émissions du secteur soit de 2,6 millions de tonnes de CO2 dans le cas de Paris. La consommation d'énergie des résidences principales parisiennes est ainsi de 247 kWh/m2/an dont 167 kWh/m2/an pour le seul chauffage. Bien que conformes aux moyennes nationales, ces chiffres recouvrent des écarts très importants suivant les situations ce qui laisse entrevoir les actions possibles pour limiter la consommation et les émissions de gaz à effet de serre.

Dans son rapport, l'Apsur rappelle que la consommation d'énergie pour le chauffage dépend des performances du bâtiment, des équipements (chaudières, vitrages), des habitudes des habitants (température dans les pièces) et des sources d'énergie. Il s'avère qu'à Paris 80% des 96.000 logements ont plus de 50 ans et ont donc été construits avant les premières réglementations thermiques datant de 1975. De plus, à Paris les immeubles ont une durée de vie d'environ 300 ans, il semble donc utopique de compter sur la reconstruction des immeubles pour améliorer la performance du cadre bâti. L'Apur ne mise pas non plus sur l'évolution des architectures pour faire évoluer les choses : les alignements de façade, les ornements et les matériaux constituent la base même du paysage parisien, de son image et de son caractère, explique-t-il. L'Atelier est ainsi convaincu que les actions à mener pour réduire les émissions liées aux consommations de chauffage doivent s'attaquer principalement à la manière de gérer les immeubles, aux modes de consommation et aux habitudes de leurs habitants.

Les actions peuvent d'une part être orientées sur les sources d'énergie. À Paris, l'électricité et le gaz sont prépondérants (40% chacun). Le fioul et le chauffage urbain par réseau de chaleur représentent 10% chacun alors que le charbon et le bois sont quasi inexistants. Selon l'étude de l'Apur, un parisien chauffé au fioul engendre 7,5 fois plus de carbone qu'un parisien chauffé à l'électricité. Ce chiffre s'explique par la différence en termes d'impact climatique des deux sources d'énergie mais également par le comportement des habitants. Leur attitude est conditionnée par le prix de l'énergie et son mode de facturation. Le rapport de l'Apur met ainsi en évidence que les modes de facturation individuels induisent des comportements plus responsables qui conduisent à des niveaux de consommation inférieurs à ceux du chauffage collectif. Au final, à Paris, les gens qui se chauffent au fioul essentiellement facturé en mode collectif consomment 2,5 fois plus d'énergie que ceux chauffés à l'électricité (facturé individuellement). À travers son étude, l'Apur estime que le remplacement du charbon utilisé pour le réseau de chaleur parisien par de la biomasse et le passage d'une facturation collective à une facturation individuelle pour l'ensemble des logements raccordés à ce réseau permettrait de diminuer de 10% les émissions de gaz à effet de serre à Paris.

Rappelons qu'à travers son plan climat, la capitale française s'est engagée à réduire les émissions liées aux bâtiments de 25%. Pour l'Apur il est clair que la réussite de ces objectifs passera par des interventions sur le bâti notamment en incitant à l'isolation mais également l'amélioration des équipements, la substitution des énergies et des modifications des comportements en remettant en cause les modes de facturation de l'énergie encore aujourd'hui trop déresponsabilisant.

Réactions1 réaction à cet article

 
encore un oubli

Encore une fois, et comme d'habitude puisque l'attention se focalise désormais uniquement sur le CO2, on oublie de donner l'information sur ce que représente la consommation d'1 KW/h en termes de déchets radioactifs.
Personne ne connaît ni ne véhicule l'information, jetant ainsi un pudique voile de silence sur le mode de production d'électricité d'origine nucléaire. Ce qui permet aux braves gens de se croire écolos parce qu'ils ne participent pas aux émissions de CO2 (ce qui est faux par ailleurs).
Et ce qui permet surtout aux complexes militaro-industriels, comme AREVA, EDF et tous les copains de notre président, de se donner une image verte à bon compte.
Qu'attend-on pour enfin dire et redire que la production de chaque KW/h d'origine nucléaire (78 % de la production en France) est responsable de la production de 8 mg de déchets radioactifs dont personne ne sait que faire ?

Syrius | 29 mai 2008 à 10h11
 
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