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Actu-Environnement

L'ONU appelle à une meilleure gestion de la ressource eau

En amont du Forum mondial de l'eau, l'ONU publie son troisième rapport sur les ressources en eau et appelle les pays à investir fortement dans le secteur pour limiter la crise sanitaire et environnementale qui s'annonce.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
À l'occasion du Forum mondial de l'eau qui va se tenir à Istanbul du 16 au 22 mars prochain, les Nations Unies présenteront leur dernière évaluation des ressources en eau douce de la planète. Intitulée L'eau dans un monde qui change1, ce rapport constate une nouvelle fois que la demande mondiale en eau n'a jamais été aussi forte.
Les prélèvements d'eau douce ont en effet triplé depuis 50 ans et les zones irriguées ont doublé pendant la même période. En cause : la croissance démographique, l'évolution des modes de consommation alimentaire vers une plus grande consommation de viandes et de produits laitiers ou encore les besoins accrus en énergie et notamment en agrocarburants. S'ils permettent de réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, les biocarburants, compte-tenu de la technologie déployée pour leur production, peuvent avoir un impact disproportionné sur l'environnement et la biodiversité parce que leurs cultures nécessitent l'utilisation de grandes quantités d'engrais et de beaucoup d'eau, soulignent les auteurs du rapport. Selon les Nations Unies, entre 1.000 et 4.000 litres d'eau sont en effet nécessaires pour produire un seul litre d'agrocarburant.

Mais cet accroissement de prélèvements ne sert pas l'ensemble des populations et certaines n'ont toujours pas accès aux usages les plus essentiels comme l'eau potable ou l'assainissement. Les conséquences sanitaires sont dramatiques dans ces régions. On estime en effet que dans les pays en développement, 80% des maladies sont liées à l'eau et causent la mort prématurée de 3 millions de personnes chaque année.
Et les effets du changement climatique devraient encore accentuer ce phénomène. Une compétition pour l'eau se dessine – entre les pays, entre les zones urbaines et rurales, mais aussi entre les différents secteurs d'activité - qui risque de se traduire à l'avenir par une politisation plus marquée des questions relatives à l'eau, prévient l'ONU.

Encourager les investissements

 
on estime en effet que chaque dollar investi pour améliorer l'accès à l'eau se traduit par des gains de 3 à 34 dollars  
ONU
 
Bien que centrale à de nombreux secteurs, l'eau n'est qu'une question parmi d'autres pour les pays en développement. Résultat, le pourcentage du budget consacré par les gouvernements et l'aide publique à ces domaines est inadéquat, constatent les Nations Unis. Ainsi, l'aide publique au développement allouée au secteur de l'eau dans son ensemble est en diminution et ne représente que près de 5% du flux total de l'aide.
Et pour les pays qui ont déjà pris des mesures légales pour protéger leurs ressources en eau, le rapport constate que les réformes n'ont guère porté leurs fruits jusqu'ici car les actions menées restent trop souvent cantonnées au seul secteur de l'eau. Or, pour être efficaces, celles-ci doivent aussi impliquer les décideurs dans des domaines tels que l'agriculture, l'énergie, le commerce ou la finance, qui ont un impact déterminant sur la gestion de l'eau, explique l'ONU.

Le rapport insiste par conséquent sur le rôle joué par l'eau dans le développement et la croissance économique et rappelle qu'investir dans l'eau se révèle payant à différents niveaux : on estime en effet que chaque dollar investi pour améliorer l'accès à l'eau se traduit par des gains de 3 à 34 dollars. Le rapport cite en exemple la Turquie et son projet de développement multisectoriel en Anatolie du Sud-Est baptisé GAP. Selon les auteurs du rapport, le coût total du GAP est estimé à 32 milliards de dollars. 17 milliards ont été investis jusqu'ici et ont déjà produit leurs résultats : les revenus par fermier ont triplé avec le développement de l'irrigation, l'électrification dans les zones rurales a atteint 90%, les taux d'alphabétisation ont augmenté, les taux de mortalité infantile ont baissé, le nombre des entreprises a doublé et un système plus juste de propriété des sols s'applique désormais aux zones irriguées.

Déployer une meilleure gestion de l'eau sera également nécessaire. Les Nations Unies mettent donc en avant les options choisies par plusieurs pays : restriction d'usage et double système de distribution en Australie, programmes de détection des fuites en Thaïlande, recyclage des eaux usées à des fins agricoles en Egypte ou encore désalinisation de l'eau de mer en Arabie Saoudite.

Le Forum mondial de l'eau d'Istanbul sera l'occasion pour les acteurs de l'eau d'aborder l'ensemble de ces problématiques et de prendre connaissances des bonnes pratiques. La France compte bien y promouvoir son expertise dans le domaine de l'eau et notamment son système de financement basé sur le principe de « l'eau paie l'eau », sa gestion par bassin hydrographique et l'expertise technologique de ses industries.

Notes

1 - Coordonné par le Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau (WWAP), le rapport est le fruit du travail des 25 agences et entités des Nations Unies qui composent l’ONU-Eau. Il est produit tous les trois ans par le WWAP.

Réactions4 réactions à cet article

 
Declaration universsel pour une bonne gestion

nous somme tous conserné par la crise environnmental,la terre est tous.de grace epargné notre fameuse terre, apres la pollution de l'air maintenant nous meme nous nous lancion a detruire notre ie(ces't a dire que l'eau est la vie).

Anonyme | 15 mars 2009 à 22h42
 
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seulement maintenant!

Voici il y a 40ans que le signal d'alarme était tiré.Le réchauffement de la t° était déjà sensible et les précipitations neigeuses en diminution;ayant une grande incidence sur les glaciers.Ces derniers se retrouvaient exposés au soleil plutôt en saison et n'étant plus protéger par le manteau neigeux .Ce dernier non seulement n'étant plus suffisant pour renouveler le volume de glace ; aujourd'hui il l'est encore moins pour en assurer sa protection !Et il y a 40 ces politiques (toujours eux) apres une lever de boucliers juraient les cent dieux que ce n'était pas vrais.A ce jour on ne peut que constater les dégats....Quand les glaciers auront disparus d'ici à 15 ans ; les rivières elles aussi auront disparues !
ch.gl

asters | 19 mars 2009 à 08h59
 
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La désalinisation de l'eau est- elle l'apanacée ..

Le désalinisation de l'eau de mer est-elle une solution hidoine lorsqu'on sait que la saumure générée par ce procédé crée une zone de 'mer morte' autour des rejets ?
Qqn a t'il une réponse objective à apporter qui pourrait compléter mon interrogation ?
Merci pour votre réponse

Harvey | 20 mars 2009 à 17h34
 
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proposition de gestion de la ressource en eau

Une bonne gestion de l'eau de la ressource en eau consiste à répartir sur chaque bassin versant (et dès les têtes de bassin)les excédents des ruissellements pour les infiltrer desn les sols pour recharger les nappes phréatiques par le dessus.

Si les eaux, encore propre ,ruissellent trop vite en surface , elles ne servent qu'à dilluer les pollutions pour aggraver les inondations en aval.

Arrêtez de prôner la récupération des eaux de pluies sur les toitures des particuliers et de ne rien faire sur tout le territoire!

Un projet de gestion globale de la ressource en eau est proposé depuis plus de 20 ans par l'association des biefs du Pilat et a été stoppé par sous la pression des multinationales qui vendent de l'eau et de l'énergie qui préfèrent que l'eau soit sale et rare pour être (moyenant finance) les sauveur de l'humanités et de la planète .....

jeandb | 17 mai 2009 à 23h35
 
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