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Réacteurs de 1.300 MW : feu vert sous conditions au prolongement à 40 ans

L'ASN donne son premier feu vert au prolongement jusqu'à 40 ans des réacteurs nucléaires de 1.300 MW. Mais la sûreté des cuves reste à valider et certains travaux d'amélioration de la sûreté s'échelonneront au-delà de la troisième visite décennale.

Risques  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Lundi 30 mars, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé avoir indiqué à EDF qu'elle n'a pas identifié d'éléments génériques mettant en cause la capacité de l'électricien français à maîtriser la sûreté de ses réacteurs de 1.300 mégawatts (MW) jusqu'au réexamen de sûreté prévu lors de la quatrième visite décennale. Le feu vert de l'ASN ne prend cependant pas en compte la capacité des cuves des réacteurs de fonctionner correctement jusqu'à 40 ans.

Pour rappel, le processus décennal de réexamen de sûreté des réacteurs nucléaires comprend plusieurs étapes. Dans un premier temps, l'exploitant présente les grandes orientations de son programme de révision sur l'ensemble des réacteurs d'un même palier. Cette phase dite "générique", c'est-à-dire traitant des aspects communs à tous les réacteurs concernés, donne lieu à un premier avis de l'ASN. Sont notamment déterminées les améliorations de sûreté (modification de conception ou d'exploitation) à mettre en œuvre sur les réacteurs. Ensuite, lors des visites décennales des réacteurs, l'ASN valide pour chaque unité le déploiement de ces améliorations. L'ASN se prononce enfin sur l'aptitude de chaque réacteur à poursuivre son fonctionnement.

Le réexamen de sûreté des réacteurs de 1.300 MW concerne 20 unités mises en service entre 1984 et 1993. La procédure de réexamen générique des réacteurs de ce palier a été engagée en 2010.

La question des cuves sera étudiée en septembre

A ce stade, l'ASN juge "acceptables" les actions engagées ou prévues par EDF en vue de la troisième visite décennale (VD3), telles que la vérification de la conception des ouvrages de génie civil ou la démarche de maîtrise du vieillissement. "Cette appréciation ne prend toutefois en compte ni l'évaluation de l'aptitude au service des cuves des réacteurs de 1.300 MW au-delà de 30 années de fonctionnement, ni les résultats des contrôles qui seront réalisés sur les réacteurs à l'occasion de leur troisième visite décennale", nuance l'Autorité qui se prononcera sur ce point à l'issue de la consultation prochaine du Groupe permanent d'experts pour les équipements sous pression nucléaires (GP-ESPN), prévue en septembre 2015.

S'agissant de la protection de ces réacteurs à l'encontre des agressions internes et externes, l'ASN qualifie de "globalement satisfaisantes" les études réalisées par EDF. De plus, elle "souligne particulièrement l'ampleur des études (…) et l'importance de leurs résultats", concernant la capacité des installations à faire face à une agression ou s'agissant des modifications envisagées "notamment à l'égard d'agressions non considérées lors de la conception initiale des réacteurs".

Néanmoins, l'ASN explique que, dans un contexte de forte activité lié aux stress tests post Fukushima, la phase générique du réexamen de sûreté VD3 "a été fortement perturbée et que, par conséquent, de nombreuses réponses aux demandes de l'ASN, parfois récentes, sont encore attendues malgré la proximité des premières visites décennales des réacteurs du palier 1.300 MW". En conséquence, elle "considère (…) acceptable que des éléments d'amélioration de la sûreté attendus par ses demandes soient prévus d'être intégrés par EDF selon un calendrier s'échelonnant pour certains réacteurs du palier 1.300 MW au-delà de leurs troisièmes visites décennales".

L'apport des études probabilistes

Le constat est similaire pour la maîtrise des accidents. Si l'ASN se félicite de la qualité globale des études réalisées par EDF, l'opérateur ayant notamment "résorbé des anomalies" identifiées en amont de l'examen générique, elle explique que certaines études font encore l'objet de compléments ou d'examens techniques. En conséquence, le dossier n'est pas totalement clos, l'ASN pouvant encore demander des travaux complémentaires.

L'Autorité insiste en particulier sur l'approche probabiliste qui a été appliquée à différents niveaux et dont l'objectif est de mieux refléter les scénarios possibles d'accident et d'appréhender le facteur humain. Ces études probabilistes de sûreté (EPS) "ont mis en évidence la nécessité de modifications de l'installation pour réduire les risques associés à l'incendie et à des événements affectant la piscine de désactivation", rapporte l'ASN. Une dizaine de modifications matérielles et une mise à jour du référentiel "accidents graves" ont été proposées par EDF. Reste que pour l'ASN certaines études doivent refléter de manière plus réaliste l'état des installations, leur conduite et les risques de rejets en cas d'accident.

Enfin, la maîtrise des impacts de l'installation sur la santé et l'environnement, du fait des prélèvements d'eau et des rejets, "n'a pas été complètement intégrée par EDF dans l'instruction du réexamen de sûreté VD3, ni plus généralement dans l'instruction des autres réexamens de sûreté de ses réacteurs", note l'ASN, ajoutant que "la démarche de prise en compte par EDF [de ces enjeux] dans les réexamens de sûreté de ses réacteurs fera l'objet d'un renforcement progressif respectant le calendrier d'entrée en vigueur des dispositions de la réglementation générale applicables à partir du 1er juillet 2015".

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