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Climat : Europe et Etats-Unis disent vouloir agir, la Chine reste silencieuse

Au delà des appels attendus à la signature d'un accord en 2015, les commentaires des principaux Etats au rapport du Giec sont dominés par la sobriété. Des réactions a minima qui traduisent une certaine prudence après l'échec de Copenhague.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Climat : Europe et Etats-Unis disent vouloir agir, la Chine reste silencieuse

La remise du cinquième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a donné lieu à des réactions ambiguës. Si l'Europe a appelé à la signature, fin 2015, d'un accord global afin de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre, l'échec de Copenhague a laissé des traces. Comment ne pas établir de parallèle, alors que la conférence de 2009 avait, elle aussi, été précédée du quatrième rapport du Giec remis en 2007 ?

Ainsi, l'exécutif américain se garde d'afficher de trop grandes ambitions, conscient des difficultés qu'il devra surmonter pour convaincre l'opinion publique et les élus du Congrès. Quant aux pays émergents, leur silence traduit leur embarras, compte tenu du volume de leurs émissions de CO2.

Du côté français, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Philippe Martin, ministre de l'Écologie, et Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, "saluent" la publication du premier volume du cinquième rapport du Giec "qui confirme la réalité dramatique du changement climatique". Et d'ajouter que "la France est mobilisée pour construire un pacte mondial sur le climat en 2015 qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre afin de contenir l'évolution des températures en deçà de 2°C à l'horizon 2100". Service minimal pour le pays qui devrait accueillir cette conférence climatique à hauts risques.

"Je ne suis pas du tout convaincu en l'état que Paris sera un succès. Pour l'instant, les conditions ne sont pas réunies", a résumé, pour sa part, l'envoyé spécial du président François Hollande pour la protection de la planète, Nicolas Hulot. Un point de vue que les commentaires sur le rapport du Giec traduisent en creux.

L'Europe en appelle au "bon sens"

"Que feriez-vous si votre docteur était à 95% certain que vous ayez une maladie grave ?", demande pour sa part Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge de l'action climatique, en référence au fait que le Giec juge qu'"il est extrêmement probable que l'influence humaine sur le climat a été la cause dominante du réchauffement observé depuis le milieu du vingtième siècle".

En réponse, elle en appelle au "bon sens" et à une action rapide, estimant qu'il sera trop tard le jour où l'on sera sûr à 100% des changements climatiques. "L'Europe continuera à prendre la tête de la lutte contre les changements climatiques", indique-t-elle, assurant que l'exécutif de l'Union européenne présentera avant la fin de l'année des objectifs pour 2030 en matière d'énergie et de climat.

Kerry contre le Congrès et les isolationnistes

Du côté des Etats-Unis, le secrétaire d'Etat John Kerry a publié un communiqué de presse qui s'adresse avant tout aux climato-sceptiques du Congrès. Ce court texte traduit surtout la difficile position des Etats-Unis compte tenu de l'opposition du pouvoir législatif aux politiques de réduction des émissions de CO2.

John Kerry s'attache principalement à contrer les arguments des climato-sceptiques. Il explique notamment qu'"il ne s'agit pas d'un énième appel au réveil", ni d'"un document politique produit par des hommes politiques", mais bien "de la science".

Détail intéressant pour un pays qui, selon ses détracteurs, ne tiendrait compte dans sa politique climatique que de ces propres intérêts, le responsable de la diplomatie américaine met aussi en avant "l'impact d'un pays sur les conditions de vie des humains en dehors de ses frontières".

Et de conclure que "les Etats-Unis sont profondément engagés pour prendre la tête sur les changements climatiques".

Scientifiques chinois contre décideurs chinois

Enfin, comme le note Le Monde, les pays émergents ont été plutôt discrets suite à la remise du rapport du Giec. Pire, il semblerait que la Chine ait cherché à affaiblir les conclusions du rapport. "Un point du cinquième rapport du GIEC en particulier, établissant la quantité de carbone qu'il est encore possible d'émettre en conservant deux chances sur trois de demeurer sous le seuil des 2 ºC de réchauffement, a été combattu par les Saoudiens et les Chinois", rapporte le quotidien du soir, ajoutant que "le chiffre est resté mais noyé dans d'autres estimations".

Par ailleurs, contrairement aux autres acteurs majeurs des négociations climatiques, aucun dirigeant chinois n'a officiellement commenté la remise du rapport et ses principales conclusions. Seule la voix de Qin Dahe, coprésident du groupe de travail qui vient de rendre son rapport, s'est faite entendre. Le scientifique se serait même ouvertement opposé à l'un des délégués chinois lors de la relecture du rapport par les représentants officiels des Etats

Réactions1 réaction à cet article

 

Il faut expliquer à Mme Connie Hedegaard que "prendre la tête de la lutte contre le CC" ne signifie pas pratiquer la destruction de sa propre (à tous les sens du terme) industrie en la transférant hypocritement aux pays émergents.
Pour les sommets du climat, je propose la formule de la vidéoconférence, cela réduira l'impact de ces raouts inutiles (et tant pis pour les "miles" gratuits de M. Hulot et consorts).

Albatros | 02 octobre 2013 à 10h58
 
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