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Énergie nucléaire : quand allons nous jouer la transparence des coûts ?

En jouant sur la notion de déchet valorisable et donc exportable vers la Russie, en attente d'un hypothétique recyclage, le nucléaire français s'exonère de l'évaluation du prix de revient réel de sa technologie. Un passe-droit inadmissible, a fortiori en temps de rigueur budgétaire.

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Énergie nucléaire : quand allons nous jouer la transparence des coûts ?
Corinne Lepage
Ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21
   
La reconnaissance du secret de polichinelle, par le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire, que constitue le non-recyclage de la quasi-totalité des déchets nucléaires français appelle plusieurs observations.

Jeux de mots

Le mensonge nucléaire institué par Areva qui a pu impunément pendant des années axer sa publicité sur le fait qu'elle travaillait en circuit fermé a abouti à la croyance que les déchets nucléaires étaient recyclés. Pour toute autre industrie, un tel comportement aurait été stigmatisé et sanctionné. Mais, visiblement, pas de souci pour Areva qui peut faire couler des litres d'encre de contre-vérités sans conséquences… Dès lors que l'uranium stocké en Russie n'est pas recyclé, c'est évidemment un déchet. Or, Areva joue sur les mots grâce à la définition aberrante que la loi française a donnée du déchet nucléaire, en violation avec le droit communautaire du déchet qui le définit comme tout objet dont son producteur se « défait », c'est-à-dire n'a aucun usage immédiat, même si le déchet est commercialisé et même réutilisé ultérieurement. Areva prétend qu'il ne s'agit pas de déchet au motif que peut-être en 2040, ce déchet sera réutilisable. Cette argumentation est irrecevable tant au plan de la loi française car l'échéance est trop incertaine, qu'au plan de la législation communautaire qui exclut un tel raisonnement. Or, ce raisonnement permet à Areva d'échapper à toutes ses obligations en terme de producteur de déchet (notamment la surveillance et la responsabilité), de violer la convention de Bâle sur l'exportation des déchets dangereux. Remettre en cause cette interprétation juridique fantaisiste est donc lourd de très grosses conséquences judiciaires pour Areva.

Jeux de dupes

Mais plus encore, c'est l'équilibre économique de la filière qui est interpellé. En effet, si ces déchets sont traités comme ils doivent l'être, alors le coût du retraitement et sa rentabilité sont davantage mis en cause. On peut déjà plus que douter de la rentabilité de la filière du retraitement comme les négociations entre EDF et AREVA en témoignent. Le départ de la plupart des clients (Allemagne, Belgique notamment) a rendu la situation très tendue ; l'obligation d'investir réellement pour tous les déchets issus du retraitement rendrait la situation encore plus délicate. Or, précisément, il est impossible, en France, d'avoir une image même approchée des coûts effectifs de la filière nucléaire. Or, les investissements sont colossaux et ce secteur est un des seuls à être épargné par tout effort de rigueur budgétaire. Jusqu'à quand, accepterons-nous d'investir dans le nucléaire en sacrifiant au passage la sobriété énergétique et les énergies renouvelables sans même accepter de jouer la transparence dans la réalité des coûts ?

Réactions20 réactions à cet article

 
catimini et transparence

Ne sommes nous pas devenus le chaufournier de l'Europe,en terme de fourniture d'énergie et produits dérivés ?;En ce sens il règne certainement une complicité tacite dont EDF ou AREVA peuvent bénéficier et ce à l'échelon Européen.27 dans la cellule ça commence à faire du monde...

ECCE HOMO | 20 juillet 2010 à 23h31
 
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Madame Lepage ne raisonne car court terme

Comme en le voit madame Lepage mélange tout sur les déchets.

L'uranium de retraitement envoyé en Russie (quelques centaines tonnes) contient entre 0,75% et 1% de 235U.

L'uranium appauvri à 0,25% d'uranium 235 (plusieurs milliers de tonnes, ce qui est un volume négligeable) pourra être encore appauvri jusqu'à 0,1%, c'est donc un stock de matière fissile qui peut assurer plusieurs années de production électrique. Mais économiquement, il vaut mieux aujourd'hui partir de l'uranium naturel et stocker l'uranium appauvri à 0,25%. Lorsque le prix de l'uranium naturel augmentera, vers 2040, on sera bien content d'utiliser l'uranium appauvri à 0,25%.

Par l'enrichissement et le retraitement, chaque année de production, nous mettons en stock 4 mois de réserves sans compter l'utilisation du plutonium en Mox dans les réacteurs ordinaires ou dans les surgénérateurs.

Pour avoir une idée des coûts de production.

On peut utiliser les flux, chaque année EDF vend 35 milliards d'euros d'électricité, avec cette électricité EDF paie AREVA et EDF, et AREVA paie l'ANDRA (à peine 250 millions d'euros). Parallèlement L'État donne environ 1 milliard d'euros par an au CEA, bien moins qu'il en récupère par les taxes sur l'électricité.

On peut aussi se référer au coût d'investissement en actualisant les investissements (les chiffres sont donnés année par année sur le site de l'assemblée nationale) le coût du parc est d'à peine 80 milliards d'euros 2010.
Soit 1,26 euro par Watt, bien moins que l'éolien (1,5 à 3 €/W) qui produit trois fois moins dans l'année ou que le solaire (4à 7 €/W) qui produit dix fois moins et en été pendant le creux de consommation.

En comparaison le parc photovoltaïque va nous coûter 50 à 60 milliards d' euros pour 1% d'électricité !!!



Notre filière nucléaire produit l'électricité modulable la moins chère et même l'électricité la moins chère.

La rigueur budgétaire voudrait qu'on arrête de subventionner l'éolien et le solaire au profit de l'isolation.

Si on s'intéresse à l'énergie nucléaire, on fait des calculs sur de longues périodes, on sait raisonner à assez long terme. 2040, c'est presque demain dans le domaine de l'énergie.

La transparence n'existe pas seulement pour ceux qui ne savent pas compter.

Berthier | 21 juillet 2010 à 10h44
 
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Berthier a la comptabilité sélective

Calculer les coûts de la filière nucléaire en se référant aux coûts d'investissements actualisés!! C'est toujours la même blague des lobbys pro nucléaires!
Et le coût d'extraction et d'importation d'uranium, et les investissements pour la prolongation du durée de vie de nos chères centrales, et le coût des chantiers de construction des EPR qui n'avancent pas parce que plus personnes chez EDF ou Areva ne sait construire de centrales, ...

dido | 22 juillet 2010 à 09h09
 
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A qui échet le déchet.

Bravo pour cette claire et limpide analyse,
Les risques sont maintenant supérieurs aux gains potentiels et on parle de privatiser des centrales.... aussi !
Les fous nous gouvernent, les comptables les rassurent et nous comptons les moutons qui les croient : Merci de ne pas vous laisser endormir malgré tout.
ML

marshen91 | 22 juillet 2010 à 10h27
 
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pourquoi pas investir sur les déchets?

Mr Berthier,
Pourquoi ne pas acheter cet uranium de retraitement et le stocker sous votre pelouse?
Les 4 mois "de réserve" annuellement stockés sont bien des déchets à ce jour, comme l'ont été les terrils en leur temps!
Pour avoir un coût annuel des parcs encore plus faible, je propose de prolonger la vie de ceux-ci bien au-delà de leur durée d'amertissement, ainsi plus ils vont vieillir, moins ils coûteront (sur le papier), jusqu'à l'accident.
Mr Berthier, cessez d'opposer les différentes formes d'energie et sortez tous les chiffres nécessaires, non pas à votre analyse d'individu pleinement satisfait de son bien être acquis,mais pour celle de vos enfants et petits enfants.
Merci

JMF | 24 juillet 2010 à 09h29
 
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Re:Berthier a la comptabilité exacte

Les coûts actualisés c'est comme ça que l'on compte le coût des énergies renouvelables, vous avez une autre méthode à nous proposer ?

Le coût d'extraction de l'uranium même à 100$ la livre, pour 8000 tonnes serait de 1,6 milliard d' euros pour 400 milliards de kWh : 0,4 centimes d' euros du kWh, à peine. Même si on extrait l'uranium de l'eau de mer (1000$ la livre) le coût du kWh REP est inférieur au tarif de rachat éolien terrestre (8 c€/kWh).

Par centrale, il faut environ 600 millions d' euros pour une prolongation de plusieurs décennies. C'est à dire que pour la prolongation de 0,9 à 1,3 GW pendant la durée de vie d'une éolienne, il faut 0,6 à 0,43 €/W ce qui est plusieurs fois inférieur à l'éolien terrestre.

Je rectifie votre propos : les chantiers EPR avancent mais moins vite que prévu. Récemment on a pu voir la pose de la cuve du réacteur à Olkiluoto. Certes, en arrêtant la construction pendant 20 ans, on a un peu perdu la main, mais dès qu' AREVA et EDF auront fini leur tête de série, ça ira plus vite. N'oublions pas que l'EPR est conçu pour durer 60 ans et que même avec les surcoûts, c'est ce qu'il y a de moins cher.
Voici un calcul approché (sans intérêts intercalaires) si on emprunte à 4% pendant 60 ans, 6 milliards d' euros, on doit payer des mensualités de 22 millions d' euros pour une production de 0,8 milliards de kWh, ce qui nous fait en gros du 3 centimes d' euros au kWh.

À propos, il n'y a pas de lobby pronucléaire.

Berthier | 24 juillet 2010 à 23h46
 
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Re:A qui échet le déchet.

Quel isotope vous fait peur dans les déchets nucléaires ?

Quels risques voyez-vous ?

Berthier | 24 juillet 2010 à 23h48
 
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C'est la meilleure !

On arrête les réacteurs expérimentaux qui permettent de recycler l'uranium appauvri et de multiplier par 100 les réserves énergétiques exploitables, et après on critique la production de déchets, qui ne peuvent être valorisés.

De grâce, cessez l'imposture ! L'échéance avant la surgénération aurait été beaucoup plus courte, si des inconscients n'avaient pas abattu Superphénix en plein vol ! Je ne vise personne, suivez mon regard.

Umwelt | 26 juillet 2010 à 16h41
 
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Re:Re:Berthier a la comptabilité exacte

C'est vrai que par lobby, il faudrait plusieurs entreprises et un syndicat par exemple. AREVA et EDF comme cités précédemment, ça fait vraiment un tout petit Lobby ou alors faut compter qq hommes politiques comme VGE. lol

Pour autant, je suis d'accord avec Monsieur Berthier quant au coût du nucléaire "officiellement retrouvable" bien moins cher que l'éolien ou le solaire.
Et puis je suis d'accord aussi sur le fait qu'on peut aujourd'hui difficilement s'en passer vu l'énergie qu'on consomme dans notre pays et l'énergie que produit ne serait ce qu'une tranche de centrale nucléaire!!

TOUTEFOIS,

Quid des coûts du démantèlement des centrales, est-il prévu comme pr les éoliennes et le solaire dans le rendement économique comme avec les tarifs d'achat des énergies renouvelables directement?
Ensuite, les déchets hautement radioactifs, qu'il y en ait un gramme ou plusieurs millions de tonnes m'importe peu. Que se passe t-il à long terme lorsqu'on est irradié? Les études statistiques s'opposent à une augmentation de cancers et autres pbms.
Et Quid de leur modalité/réactivité? Selon mes cours en énergie, une centrale nucléaire n'est point réactive du tout. bref, elle ne peut suffire seule à notre consommation, les EnR non plus vous me direz mais ce n'est pas le propos ici.
Et enfin, quid de l'intérêt de faire tjs plus de nucléaire quand on veut diminuer notre quota de production énergétique pour protéger notre environnement?

Kent | 28 juillet 2010 à 15h01
 
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Re:pourquoi pas investir sur les déchets?

Bonjour,

De l’uranium de retraitement, ça ne me dérange pas d’en avoir un colis sous ma pelouse. Il y a d’ailleurs sous nos pieds environ 3 grammes d’ uranium par m3 qui a approximativement la même composition isotopique que l’uranium de retraitement.

Les antinucléaires aiment bien le gaz, est-ce qu’on stocke le gaz chez soi ?
Les antinucléaires aiment bien les éoliennes, est-ce qu’il intéressant d’avoir des éoliennes individuelles ? Non, c’est pour cela que l’on construit des parcs éoliens d’une dizaine de MW.

Votre remarque est donc sans objet.

Dans ma réponse à C Le. Lepage , j’ai souligné que l’uranium appauvri et l’uranium de retraitement serviront de combustible à partir de 2040. Et vous me taxez d’insouciance pour les générations futures...

(Au passage je suis à l’origine d’une proposition qui permettrait de corriger les insuffisances de RT 2005 sur un million de logements, Bruno Comby est à l’orgine de la maison qui émet le moins de CO2, etc...Comme quoi ceux qui ne sont pas antinucléaires ont eu vision beaucoup plus responsable que ceux qui se réclament de l'écologie politique, comme Madame Lepage. Moi, je ne pars pas en vacances en avion à des milliers de km comme Cécile Duflot)

Votre remarque traduit votre méconnaissance de la neutronique : l’accident le plus grave qui puisse arriver à nos REP est une fusion de cœur et une fusion de cœur, on en a déjà eu une en mai 1980 sans aucune conséquence sanitaire.

La politique antinucléaire nous conduit à la croissance zéro ou la gabégie (photovoltaïque racheté 60 c€ d’euros le kWh au lieu de faire de l’isolation entre 3 et 17 c€/kWh)

Seules les filières nucléaires permettent d’assurer une croissance économique non carbonée permettant de gérer le vieillissement de la population en Europe et le développement économique conduisant à la transition démographique ailleurs.

Tous les chiffres sont connus : chiffre d'affaire EDF, budget ANDRA, budget CEA. Investissements d'EDF, etc... Il suffit de savoir compter.
En revanche l'ADEME ne publie plus le suivi éolien depuis deux ans, le lobbying et le manque de transparence n'est pas du côté des filières nucléaires.

Berthier | 28 juillet 2010 à 15h24
 
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Re:Re:Re:Berthier a la comptabilité exacte

Il y a un lobby nucléaire ?

Vous voyez des éoliennes sur tous les magazines, est-ce que vous voyez des centrales nucléaires dans tous les magazines ?

Votre appréhension des déchets est fausse : que l'on en ait un gramme ou des millions de tonnes ça change tout. En dessous d'une certaine dose reçue (autour de 100 mSv) L'irradiation stimule les mécanismes réparateurs de l'ADN et les processus de tri. Au dessus de cette dose , ces défenses sont débordées et les risques de cancers augmentent.
Les déchets de produiront qu'une augmentation de 0,2 mSv entre +100 000 et + 200 000 ans pour une population sédentaire vivant au-dessus du centre de stockage. Il n'ya vraiment pas de quoi s'inquiéter pour un volume qui correspond à celui des fondations de 7 éoliennes (7000 m3 de HA-VL en 2050)

Comme il est impossible de diminuer facilement de manière importante notre consommation d'énergie, surtout en conservant une certaine croissance économique, notre seul solution est de sortir des énergies fossiles. Comme 1 kWh électrique nucléaire = 3 kWh thermique fossile, on peut sorir des fossiles avec parc nucléaire d'une centaine de GW seulement (au lieu de 63 GW aujourd'hui)

Berthier | 28 juillet 2010 à 15h38
 
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Coût du nucléaire

Ce qui est sur, sans arguties comptables, c'est que le nucléaire reste la moins onéreuses des énergie car tous le concurrents d'EDF, français et étrangers, réclament à corps et à cris de pouvoir lui acheter 25 % de son électricité à prix coûtant (prétexte fallacieux : assainir la concurrence).
Hélas,Madame LEPAGE raisonne de façon sentimentale.

Reyne | 28 septembre 2010 à 12h06
 
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sémantique

Corinne, l'avocate, devrait s'interroger plutot sur le mot juste qui définirait exactement ce qu'il "reste" de l'uranium enrichi après son passage dans le réacteur : je pense que le mot: "restes" est le plus approprié , avec le même sens que celui que l'on utilise en cuisine.
J'invite donc Corrine Lepage à réfléchir en droit sur la manière d'accommoder les "restes" du nucléaire!

coucharrière | 30 septembre 2010 à 09h42
 
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Pro et anti ... tout. DES solutions existent.
A l'époque de l'internet, à l'heure où notre population ne cesse de croître, quelle solution pour répondre à notre défi énergétique ? La réponse est dans la pluralité ... L'austérité, la transition des mentalités, la multiplication des unités de production d'énergie peuvent se présenter comme des solutions à adapter, à réfléchir, à coordonner et surtout à discuter pour que de la concertation et de l'implication de chacun naissent des projets que les gens sont fiers de porter et dans lesquels ils se retrouvent.
Nous sommes l'objet de combats qui nous dépassent, il est temps de réclamer cette transparence à tous niveaux qui le fondement de notre démocratie et le droit de chacun ... Et pas seulement nous, chanceux français que nous sommes.
Le nucléaire une solution ? Pour nous, certes. Pour les nigériens ? Il n'est pas avéré que les recettes de l'extraction se retrouvent dans les poches des citoyens, encore moins qu'on les ait consultés.

lili | 25 octobre 2010 à 14h48
 
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Re : Pro et anti ... tout. DES solutions existent.

"Le nucléaire une solution ? Pour nous, certes. Pour les nigériens ? Il n'est pas avéré que les recettes de l'extraction se retrouvent dans les poches des citoyens, encore moins qu'on les ait consultés."

J'ose espérer que vous n'avez pas la naïveté de croire que le nucléaire est le seul secteur à être concerné par ce problème de rémunération et de consultation du public.

J'ose espérer que bien évidemment vous avez conscience que sans le nucléaire, ce problème serait des milliers de fois plus grave, avec le gaz et le charbon...

Umwelt | 25 octobre 2010 à 16h53
 
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Eh bien.
Un déchet nucléaire c'est 10 000 ans avant de ne pas être nocif et encore.
Comment pouvez-vous négligez cet état de fait ?
1/ Il n'existe pas de sol géologique stable sur 10 000 ans !
2/ Il existe des munitions à l'uranium appauvri. Super, non non vraiment...

Je vous met un petit extrait de wikipedia, ci dessous

En France, à partir des critères internationalement reconnus, différents types de déchets ont été définis par l'Autorité de sûreté nucléaire, chacun nécessitant une gestion différente :
les déchets de haute activité (HAVL) et les déchets de moyenne activité et à vie longue (MAVL) :
ce sont principalement les déchets issus du cœur du réacteur, hautement radioactifs pendant des centaines de milliers, voire millions d'années.
...

philippef | 04 novembre 2010 à 13h14
 
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"Un déchet nucléaire c'est 10 000 ans avant de ne pas être nocif et encore. Comment pouvez-vous négligez cet état de fait ?"

Je suis parfaitement d'accord, mais loin de négliger cet état de fait, je vous rappelle qu'un climat totalement détraqué aurait des conséquences s'étalant sur une durée bien supérieure. De plus, le fléau serait planétaire, alors qu'une pollution nucléaire importante, en admettant son occurrence, resterait locale (mais certes pas moins désastreuse localement ; je préfère cependant une catastrophe locale hypothétique et lointaine à un fléau planétaire certain et imminent).


"1/ Il n'existe pas de sol géologique stable sur 10 000 ans !"

Effectivement, et nous ne demandons pas à un sol d'être aussi stable. Nous lui demandons de contenir suffisamment longtemps les déchets, et éventuellement de commencer à les libérer à doses assez faibles pour ne pas affecter significativement l'environnement. N'oubliez pas : c'est la dose qui fait le poison. Nous vivons tous dans un milieu naturellement radioactif, et n'en sommes pas morts. Si le surcroît de radioactivité qu'occasionneraient les déchets n'influe pas trop l'environnement, je ne vois pas le problème.

Bien évidemment, ces considérations seraient vite obsolètes avec des incinérateurs de déchets nucléaires, du type ASTRID, si je me souviens bien : les déchets sont bombardés par des neutrons rapides, et de désagrègent en déchets de durée de vie significativement plus faible.

Vous pourrez me dire que c'est absurde de miser sur une technologie qui ne semble pas encore sortie des labos ; ce reproche pourrait tout aussi bien être fait au stockage de CO2 (qui par ailleurs impliquerait des contraintes bien plus lourdes en termes de tonnage), au photovoltaïque, pour qu'il ait des rendements pas trop dégueulasses, au stockage de l'électricité (et j'en passe).

"2/ Il existe des munitions à l'uranium appauvri. Super, non non vraiment..."
Oui et alors ? Vous mélangez tout, là, on parle ici du nucléaire civil. Les épées, les haches sont faites avec le même matériau que les couteaux et fourchettes dont vous vous servez tous les jours. Je doute que vous décidiez de renoncer à vous nourrir en invoquant ce prétexte. Par ailleurs, il y a dans le monde des pays disposant du nucléaire militaire, mais qui n'ont pas le civil ; la preuve que celui-ci n'est pas nécessaire pour se taper dessus.

Autre chose ?

Umwelt | 04 novembre 2010 à 21h17
 
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Assez avec les peurs millénaristes :

Il y a moins d’un siècle, on professait que l’atome était indivisible (ce qui correspond du reste à son nom Grec). Aujourd’hui on prétend que certains déchets radioactifs sont contaminés pour des siècles. On n’hésite pas à citer des contaminations pouvant durer plus de 100.000 ans !

Quel homme, fut-il savant, voire prix Nobel, peut affirmer ceci, alors qu’on ignore totalement quel sera l’état d’avancement de la science et des techniques de nos descendants d’alors. Personne n’avait prévu le développement fulgurant d’internet, ni celui du téléphone portable.

C’est faire peu de confiance aux compétences des générations futures que penser ainsi… Un peu de modestie, d’autant plus que beaucoup de savants se sont déjà trompés. Et, nos petits-enfants trouveront peut-être, dans ces déchets, une énergie en conserve.

D’autant plus qu’avec les nanotechnologies nous allons aborder un monde nouveau plein de promesses.

Reyne | 06 novembre 2010 à 12h37
 
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Une peur millénariste ? J'aimerais partager votre point de vue sur la capacité du progrès scientifique à résoudre les problèmes. Ce qui, au passage, dispense de s'en préoccuper au présent : c'est un comportement courant chez les autruches...
En effet, on ignore ce que seront les technologies du futur. Mais il vaut mieux placer son espoir dans la découverte d'une filière énergétique moins totalitaire que le nucléaire. Pour mémoire, le solaire et la sobriété énergétique constituent à eux seuls des gisements quasi inexploités : ne vaudrait-il pas mieux orienter les recherches et les financements dans ce sens ? Certes, l'industrie lourde et centralisée ne trouverait pas son compte de profit dans ces sources diffuses à échelle humaine. Qui s'en plaindrait ?

Les scientifiques se trompent ? Bien sûr, et qui plus est, ils le revendiquent ! Car, contrairement aux obscurantistes, ils remettent sans cesse leur savoir en cause. Vous, visiblement, ne laissez pas de place au doute...

Nos petits-enfants trouveraient dans les déchets nucléaire une réserve d'énergie en conserve ? Et si c'était plutôt d'un "cadavre dans le placard" dont ils allaient hériter ? En maudissant leurs ancêtres irresponsables...

Je propose que l'on bâtisse un centre de congrès pour les pro-nucléaires du côté de Tchernobyl, ils y réfléchiront à l'aise, sans être dérangés...

Okapi | 13 janvier 2011 à 19h54
 
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Il ne faut pas se leurrer, le climat et les énergies, constituent de grosses affaires d’argent, des milliards sont en jeu, et à ce stade les bons sentiments ne comptent plus.
Les pays Arabes plaident pour le pétrole, la Russie pour son gaz, l’Afrique du Sud, la Chine et l’Inde pour leur charbon, l’Allemagne pour les équipements qu’elle fabrique en éolien ou solaire… et la France, qui maîtrise totalement la filière du nucléaire, reste muette, voire complexée.
Naturellement les « couleurs de béton » et les gros chaudronniers appuient l’implantation d’éoliennes et les fabricants de verres plats militent pour le solaire. C’est la logique de leur profession. Et, bien sûr, les installateurs de lignes (pylônes et câbles) sont à l’affût pour multiplier celles-ci.
Les grandes organisations du type « Grenelle-environnement » constituent des repaires de chasseurs de primes, tous prêts à manifester bruyamment si on leur réduit celles-ci, en pesant de tout leur « poids » électoral. La devise restant : « Toujours plus »… qu’adorent les hommes d’affaires..
Pourtant, tous les contribuables que nous sommes devraient s’intéresser à ces problèmes, ce sont nos futurs impôts qui se décident… et la nouvelle « bulle » financière est déjà en préparation en ce domaine.
Des fortunes se sont faites… d’autres vont se défaire… C’est un milieu où les affairistes pullulent.
Un exemple type : M. Paris Mouratoglou, homme habile, a créé la Compagnie du Vent, PMI pionnière de l’éolien français. Il a su se crée

Reyne | 17 janvier 2011 à 13h12
 
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