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Le réchauffement climatique pèse sur l'oxygénation des lacs

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

Une réduction des niveaux d'oxygène de 5,5 % dans les eaux de surface et de 18,6 % dans les eaux profondes des lacs depuis 1980 : c'est l'une des conséquences de l'augmentation des températures, liée au réchauffement climatique. Celle-ci diminue en effet la solubilité de l'oxygène dans l'eau. Ce résultat découle d'une étude internationale pilotée par le Rensselaer Polytechnic Institute (États-Unis), publiée dans Nature le 2 juin. Pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont analysé 45 000 échantillons d'eau de 400 lacs des zones tempérées du globe (principalement en Amérique du Nord et en Europe). Parmi ceux-ci, les plus anciens relevés datent de 1941 et les plus récents de 2019.

Un mélange des différentes strates plus difficile

« Avec l'augmentation des températures de l'atmosphère, la température globale des eaux de surface des lacs a augmenté de 0,38 °C par décennie et la concentration en oxygène a diminué de 0,11 mg/l par décennie, explique l'Inrae, dont l'un des chercheurs a participé à l'étude. Pour les eaux profondes, la température est restée relativement stable mais l'augmentation de la température des eaux de surface a augmenté la différence de densité avec les eaux profondes, rendant plus difficile le mélange des eaux des différentes strates des lacs et donc le renouvellement de l'oxygène des eaux profondes ».

Un déclin d'espèces

Les conséquences de cet appauvrissement en oxygène ? Un risque de déclin de certaines espèces notamment de poissons et dans le même temps le développement d'autres types de microorganismes plus adaptés à des milieux limités en oxygène. La pollution présente dans les sédiments pourrait également être remobilisée. « Avec la baisse de la concentration en oxygène, ces sédiments réémettent de la pollution métallique et des nutriments, comme le phosphore, qui font baisser la qualité chimique des eaux et favorisent les phénomènes d'eutrophisation », note l'Inrae. Et les scientifiques se penchent désormais sur les liens éventuels entre l'appauvrissement lié à un apport excessif en nutriment et celui dû au réchauffement climatique. « La question est désormais de savoir (…) si les concentrations résiduelles de phosphore (éléments nutritifs des microorganismes) dans les lacs héritées des années 1950 en Europe peuvent amplifier les impacts du changement climatique, interroge l'Inrae. Ces questions sont actuellement adressées en modélisation en utilisant les données des archives sédimentaires (échelle de temps long) et suivis limnologiques (données récentes et suivis saisonniers des eaux des lacs) ».

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