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Actu-Environnement

L'épuration naturelle des pesticides, sujet de recherche prometteur au Cemagref

Outre la réduction de l'usage de ces produits en amont, les recherches sur les pesticides portent également sur le traitement des effluents agricoles en aval. Le Cemagref cherche notamment à concevoir des dispositifs épuratoires naturels.

Eau  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Utilisés pour lutter contre les organismes nuisibles notamment en agriculture, les pesticides sont susceptibles de se retrouver dans les différents compartiments de l'environnement que ce soit l'air, le sol ou encore l'eau par ruissellement des parcelles agricoles. En plus de leurs effets intentionnels sur les parasites visés, ces produits chimiques peuvent présenter des dangers pour l'homme et les écosystèmes à plus ou moins long terme.
Afin de limiter ces risques, les instituts de recherche français comme l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) travaillent à la mise en place de nouvelles pratiques agricoles limitant l'usage des pesticides en amont. À l'issue du Grenelle de l'environnement un objectif de réduction de 50% s'est d'ailleurs dégagé des débats même si aucune échéance n'a été fixée.
En parallèle de cette réduction en amont, d'autres recherches portent sur le traitement en aval des pollutions conséquentes à l'épandage de pesticides. Le Cemagref par exemple, axe ses recherches sur l'épuration naturelle des eaux de ruissellement et de drainage issues des parcelles cultivées. L'équipe PHYLEAU se penche depuis plusieurs années sur cette problématique et cherche à diminuer les transferts de polluants agricoles vers les cours d'eau en aménageant des zones tampons naturelles épuratives ne consommant aucune énergie et nécessitant peu d'entretien. Les premières études ont été menées sur les bandes enherbées et boisées qui ont, depuis, prouvé leur efficacité et sont désormais fortement encouragées dans les exploitations agricoles. Elles sont désormais obligatoires dans le cadre du versement de certaines aides de la Politique Agricole Commune par exemple.

Aujourd'hui les recherches se tournent vers le rôle des fossés végétalisés et des zones humides artificielles. Le rôle épuratoire des fossés en bordure de parcelles a été présumé dès les années 1990. Dans le cadre d'une thèse, les chercheurs ont remarqué dans un fossé encombré de végétaux en décomposition, une réduction du transfert de certaines molécules de pesticides d'au maximum 50%. Des travaux expérimentaux plus complets ont mis en évidence qu'une fois adsorbés à la surface des sédiments ou de la matière organique contenue dans les fossés, les pesticides peuvent être dégradés par les bactéries du milieu ou par des réactions physico-chimiques. Cependant, pour être efficaces, ces processus épuratoires ont besoin de temps.
C'est pourquoi, les chercheurs ont concentré leurs travaux sur l'aménagement de zones humides artificielles en amont des rivières afin de freiner les écoulements d'eau chargée en pesticides. Ces recherches ont donné lieu au projet baptisé Artwet autrement dit « réduction de la pollution diffuse due aux produits phytosanitaires et phytoremédiation dans les zones humides artificielles ». Projet LIFE Environnement débuté en octobre 2006 pour une durée de trois ans, Artwet regroupe des partenaires français, allemands et italiens coordonnés par l'école nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg (ENGEES). Dans le cadre de ce projet, des dispositifs tels que les fossés végétalisés, les bassins d'orage à vocation hydraulique, les zones humides naturelles, aménagées, agricoles ou forestières sont mis en place en amont des rivières, testés puis optimisés en agissant sur différents paramètres comme la microflore et la végétation, le temps de séjour et les volumes d'eau traités. Les chercheurs suivent les flux à l'entrée et à la sortie des périmètres expérimentaux. L'objectif est de caractériser les transferts en tenant compte de la topographie des parcelles, des propriétés des molécules et des pratiques agricoles. L'analyse de ces transferts permettra de cibler les périodes de traitement des écoulements en fonction des pics de pollution. En parallèle, des recherches visent à améliorer la performance des processus épuratoires.

Des tests sont également en cours à l'échelle de lagunes agrémentées de roseaux. À l'image de ce qu'il a mis au point concernant les traitements d'effluents riches en matière organique, le Cemagref développe un système similaire pour le traitement des pesticides. Dans le cadre du projet TRUSTEA dédié au traitement rustique des eaux agricoles, des tests sont en cours à Lyon sur des lits plantés de roseaux à écoulement horizontal. L'étude de la capacité épuratrice de ce dispositif a pour objectif d'optimiser les zones humides artificielles et de réduire au maximum leur emprise foncière.

L'objectif souhaité par le Cemagref et ses partenaires consiste au final à mettre au point des dispositifs « rustiques » pour une meilleure intégration dans le paysage, pour assurer un faible coût de construction et de gestion et pouvoir être ainsi adopté, à terme, plus facilement sur l'ensemble du territoire européen. Les recherches n'en sont qu'à leur début mais face aux exigences de la Directive cadre européenne sur l'eau qui fixe un objectif de bon état écologique des masses d'eau d'ici à 2015, le Cemagref mise autant que possible sur ces dispositifs pour offrir de bonnes perspectives pour restaurer l'état écologique des cours d'eau dans les régions agricoles.

Réactions10 réactions à cet article

 
Attention à l'accumulation des produits

Un des paramètres à ne pas négliger et l'accumulation des substances actives et de leur produit de décomposition (qui peuvent etre nocif également) dans ces zones tampons. Il faut éviter de se retrouver avec des sédiments contaminés dont on ne saura pas quoi faire.
Cela est donc une piste intéressante à court termes mais il ne faut que cela encourage à utiliser des pesticides.

La passage à une agriculture biologique reste donc une voie plus prometeuse pour la nature (amélioration de la qualité de l'eau ...) mais aussi pour revenir à une alimentation plus saine.

Guillaume | 13 janvier 2008 à 21h18
 
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Re:Attention à l'accumulation des produits

Comme dans tous les processus de retraitement des déchets, la première mesure à prendre, est de produire moins de déchets.
Ce qui n'est pas toujours compatible avec le développement économique tel qui est souhaité.
Ensuite c'est d'éviter la concentration de ces déchets qui deviennent ingérables(voir boues d'épuration)
Le "Qui veut aller loin, ménage sa monture" ne date pourtant pas d'hier.

Pascal | 17 janvier 2008 à 10h00
 
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Le vétiver : Avenir des stations d'épuration,

la dépollution par les plantes, en l'occurrence par le Vétiver Zizainodes.
Les racines sont très Longues (1,50m à 2m) résistantes, dures et lignifiées, similaire au bambou, agissent comme une palissade en bois plantée, servent d’ossature au contrôle de l’érosion, contre les effondrements

Comme une pompe biologique, la racine a en effet la possibilité d’absorber les éléments polluants :


Près de 88 % des pesticides contenus dans les eaux d’écoulement sont retenus par les haies de vétiver.
Spore 80 faisait état d’essais, menés en Thaïlande, qui a démontré que planter des rangs de vétiver contribue à absorber les substances agrochimiques, en particulier les pesticides.
Des expériences similaires ont connu un certain succès en Chine,où il est planté sur les pentes afin de réduire l’écoulement et les flux de sédiments en amont des bassins versants, améliorant ainsi la qualité de l’eau en aval
L’intérêt pour cette technique va croissant, surtout si elle peut être reproduite ailleurs.

Abdoul | 17 janvier 2008 à 12h28
 
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Re: Le vétiver : Avenir des stations d'épuration.

Bonjour,
Très intéressant ! on parle d'expériences en Thailande et en Chine, mais où en sont des tests similaires chez nous pour le Vétiver Zizainodes?
Excellent, en plus quand trop de pousse, ou régulièrement pour limiter en taillant , tout en lui laissant jouer le rôle de ''pompe épuratrice dépolluante (88% pesticides éliminés?! génial!) '' et maintien des berges, talus ou autres,.. ce ''bambou équivalent'' peut être converti en biomasse pour faire de l'énergie, par ex.
Bon courage et Bonne continuation. Bonne Année !
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 17 janvier 2008 à 12h56
 
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Re:Re: Le vétiver : Avenir des stations d'épurat.

Abdoul, Producteur de l'Herbacée Vetiver,Cherche partenaires interessés ,dans la lutte contre l'Erosion et la Pollution des Sols et Eaux
Disponible, pour Demonstration sur Ce Bioprocedé
Abientot

Abdoul | 17 janvier 2008 à 14h24
 
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Re:Re:Re: Le vétiver : Avenir des stations d'épu.

Merci d'indiquer les coordonnées et/ou site + doc descriptive produit de votre société producteur de Vetiver afin de voir par ailleurs. Ceci pourrait intéresser plus d'une Municipalité ou Conseil Général à petits moyens d'où l'idée d'1 station d'épuration végétale au lieu d'une classique...puis transformation de la coupe périodique de ce Vétiver en biomasse pour faire de l'énergie...why not?
Merci A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 17 janvier 2008 à 14h57
 
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Re:Re:Re: Le vétiver : Avenir des stations d'épu.

Il me plaît de faire votre connaissance tout d'abord et par la même occasion vous féliciter pour tout l'intérêt que vous accordez au vétiver et a son utulisation.Je travaille dans un centre ou nous utulisons beaucoup les pesticides dans le cadre de la lutte contre le criquet pélerin.Actuellement des stations d'épuration commencent a avoir jour dans notre pays ce qui donne reflextion à une gestion et entretient de ces réalisations.Je suis à votre entière disposition pour tout ce qui est relatif à l'avenir des stations d'épuration.
Bien à vous.

Anonyme | 17 mars 2009 à 12h04
 
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Je vois et je constate que le cemagref , après m'avoir traité de farfelu s'inpire des mes idées

Un fossé végétalisé ca resensmble bigrement à un bief et un bief ca peut servir à filtrer des petites pollutions passagères

jeandb | 02 octobre 2009 à 01h23
 
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Pesticide ; où es-tu ?

Pourquoi les pesticides se retrouvent " dans les différents compartiments de l'environnement que ce soit l'air, le sol ou encore l'eau par ruissellement des parcelles agricoles " et jamais dans la nappe phréatique et encore moins dans l'eau du robinet ? Les sols sont-ils imperméables aux pesticides ?
J'attends une vraie réponse. Merci. Pierre

igepac | 06 octobre 2009 à 20h21
 
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Oui, le Vetiver a un avenir certain dans le domaine de l'épuration des eaux domestiques et industrielles. Nous appliquons ce système depuis de nombreuses années dans le monde.Et avec des résultats extraordinaires sur la qualité des eaux récupérées. Le Vetiver a des possibilités enormes sur la dégradadtion de la DCO , DBO5, N et P. posé sur lits filtrants il permet d'obtenir une eau recyclable exempte de MES. Nous sommes certains que son avenir est tracé pour venir en aide aux petites collectivités. Si on parle de coût, on se situe 2 à 3 fois moins cher qu'une sation d'épuration conventionnelle.

E.RICHARD | 25 juin 2012 à 09h51
 
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