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Les gros gestionnaires d'actifs continuent d'investir dans les énergies fossiles

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Ce 20 avril, Reclaim Finance publie un classement des politiques climatiques des trente plus grands gestionnaires d'actifs (vingt-cinq en Europe et cinq aux États-Unis). Ces derniers continuent d'« investir massivement dans l'expansion des combustibles fossiles », indique l'ONG.

Ce classement a été effectué avec le soutien de trois autres ONG : Urgewald, ReCommon et The Sunrise Project. En novembre 2021, ces trente gestionnaires d'actifs détenaient plus de 82 milliards de dollars dans des entreprises développant de nouveaux projets de charbon, estime Reclaim Finance. « Les plus gros investisseurs comprennent BlackRock et Vanguard, qui détiennent ensemble 60 milliards de dollars. » En mars 2022, ces gérants de portefeuilles détiennent aussi, ensemble, 468 milliards de dollars dans douze grandes entreprises pétrolières et gazières (dont Gazprom, Saudi Aramco, BP, Shell, TotalEnergies, Chevron et Exxon).

Pourtant, vingt-cinq gestionnaires d'actifs déclarent qu'ils engagent les entreprises à s'améliorer sur les questions liées au climat. Dix-sept d'entre eux ont désormais une politique en matière de charbon et douze de pétrole et de gaz, précise Reclaim Finance. « Parmi ceux sans politique figurent les géants Vanguard, State Street Global Advisors et Pimco, branche de gestion d'actifs d'Allianz. »

Mais « aucun n'appelle à une diminution de la production globale d'énergies fossiles des entreprises ou à l'arrêt de tous les nouveaux projets de production », observe l'ONG. Y compris en France, où Axa IM, Amundi et BNP AM financeraient toujours de nouveaux sites de production de gaz et de pétrole.

Leurs politiques d'investissement ne permettent pas aux gestionnaires d'actifs « d'aligner leurs portefeuilles » sur l'objectif zéro émission nette d'ici à 2050, pointe Reclaim Finance. « Les gestionnaires d'actifs n'engagent pas les entreprises sur les questions climatiques clés pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Il est également frappant de constater qu'ils envoient, en fait, le signal inverse, puisqu'ils continuent d'acheter de la dette aux entreprises responsables des pires projets d'énergies fossiles », déplore Lara Cuvelier, chargée de campagne chez Reclaim Finance.

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