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Laines minérales : l'Afsset émet des recommandations

Dans un rapport publié en octobre dernier, l'agence de sécurité sanitaire souligne la problématique des fibres en suspension liées à l'utilisation des laines minérales et émet des recommandations, notamment envers les professionnels. Détails.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Laines minérales : l'Afsset émet des recommandations
© Jean-François Dessup
   
Saisie le 20 juillet 2004 par ses tutelles ministérielles (la direction générale de la Santé, la direction des Etudes économiques et de l'évaluation environnementale et la direction des Relations au travail) afin d'évaluer l'exposition actuelle et passée de la population générale et professionnelle aux fibres minérales artificielles siliceuses (FMA), l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) a rendu public son avis fin octobre 2008. L'agence attire l'attention sur les expositions professionnelles aux laines minérales, supérieures de 10 % à la valeur française admise, et recommande des mesures de prévention. Le syndicat des fabricants d'isolant en laines minérales manufacturées (FILMM) approuve ces recommandations dans un communiqué de presse publié le 16 février dernier.

Une augmentation des fibres en suspension ces dernières années

La laine minérale est le matériau d'isolation le plus utilisé aujourd'hui. Elle comprend les laines de verre, les laines de roche et les laines de laitier. Près de 95 % des habitations seraient isolées avec ce produit, qui représente près de 70 % des ventes du secteur. La raison ? La laine minérale serait parmi les isolants les moins chers et les plus efficaces en matière d'isolation thermique, acoustique et de protection incendie.
Les laines minérales se composent principalement de silice (40 à 70 %), d'alumine et de divers oxydes. Afin d'accroître la solubilité des fibres dans les milieux biologiques, leur composition chimique a été modifiée au début des années 90. La tendance est depuis à une diminution continue du diamètre des fibres produites par les industriels. A l'heure actuelle, leur diamètre moyen se situerait entre 3 et 8 µm, selon l'Afsset. Le rapport de l'agence met en évidence une augmentation au cours du temps de la proportion de fibres fines en suspension dans l'air, liée probablement à cette modification des caractéristiques dimensionnelles des laines minérales dans les vingt dernières années.
Selon l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), lors du soufflage, les concentrations en fibres en suspension dans l'air seraient supérieures à 1f/cm3, contre moins de 0,5 f/cm3 lors de la pose de matériaux compactés comme les panneaux.
Une étude réalisée à la demande de l'Afsset, montre également que 8 produits courants d'isolation testés (4 neufs et 4 anciens), ont des émissions en composés organiques volatils (COV) respectant les seuils fixés par le protocole Afsset 2006, à l'exception du formaldéhyde. Les émissions de formaldéhyde, principal composé dégagé, peuvent perdurer, même plusieurs années après la pose, comme le montrent des essais réalisés sur les produits anciens, note le rapport.
Si peu de données existent quant au vieillissement des produits, une étude commandée par l'Afsset soupçonne que les matériaux anciens émettent davantage de fibres au moment de leur retrait que lors de la pose de produits neufs.

Une exposition des professionnels supérieure à la valeur moyenne d'exposition

D'après le rapport et selon les données disponibles aujourd'hui, pour les laines minérales, les niveaux d'exposition montrent que le taux de dépassement de la valeur moyenne d'exposition fixée à 1 f/ml est de l'ordre de 10 %, notamment lors d'opérations d'usinage, de soufflage… L'étude met également en évidence une augmentation au cours du temps de la proportion de fibres fines en suspension dans l'air.
Si très peu de données ont pu être collectées pour les activités associées soit à un retrait de laines minérales usagées (arrachage, grattage…), soit à une intervention dans des locaux contenant ce type de matériaux, les informations disponibles indiquent que ces activités sont plus exposantes pour le travailleur que la pose ou la production.
Selon le rapport, l'exposition vie entière aux filaments continus concerne vraisemblablement moins de 1 % des travailleurs. On peut estimer que la prévalence de l'exposition professionnelle vie entière aux laines minérales5 est de l'ordre de 10 % chez les hommes, et de 1 % chez les femmes. Une matrice emplois-expositions aux laines minérales est actuellement en cours de finalisation au Département santé travail de l'InVS et devrait fournir prochainement plus de précisions.
Quant à l'exposition de la population, les données disponibles sont limitées. Une étude portant sur deux chantiers de retrait des laines minérales a montré que les concentrations retrouvées à 30 m du chantier étaient 100 fois supérieures au fond de pollution.
Une analyse des données de plus de 200 prélèvements dans les bâtiments non résidentiels parisiens montre quant à elle, que dans la grande majorité des cas, les concentrations en fibres sont du même ordre de grandeur que le fond de pollution urbaine de l'agglomération parisienne.

Accroître la connaissance et mettre en place des mesures de prévention

Face à ces constats, l'Afsset émet dans son rapport un certain nombre de recommandations, concernant le renforcement des connaissances mais aussi les mesures de prévention à mettre en place. D'une part, l'agence préconise d'obtenir de la part des producteurs de laines minérales et de filaments de verre continus, davantage de données quant aux caractéristiques physico chimiques de leurs produits et pose la question de la gestion des déchets de laines minérales, notamment sur le volet de l'identification et du tri. D'autre part, le rapport recommande une meilleure caractérisation de l´exposition professionnelle et celle de la population générale à ces fibres.
Enfin, l'agence préconise de mettre en place des mesures de prévention visant à réduire l'émission de fibres et empêcher ainsi leur dispersion dans l'environnement en priorité pour les chantiers de retrait. Le rapport recommande également la mise en place d'un label d'émissivité prenant en compte notamment les concentrations en formaldéhyde pour les produits neufs.
Le FILMM approuve ces recommandations et précise que les fabricants de laines minérales recommandent depuis plus de 15 ans des bonnes pratiques élémentaires pour la pose et la dépose des laines minérales. Ceci notamment sous la forme de pictogrammes visibles sur les emballages des produits. Le syndicat déclare être prêt à travailler avec les pouvoirs publics pour la mise en place pratique des recommandations de l'AFSSET.

Réactions2 réactions à cet article

 
Et son impact dans les eaux?

Qui connait sa dégradation en contact de l'eau...

kikaji | 09 mars 2009 à 09h05
 
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Pourquoi ?

Le texte dit :
"Afin d’accroître la solubilité des fibres dans les milieux biologiques, leur composition chimique a été modifiée au début des années 90."

Pourquoi ?
Alors que ça augmente leur dangerosité ?
Simplification de la fabrication, baisse du coût, délire de biodégradabilité ?

boprat | 16 mars 2009 à 17h29
 
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